Perles & Co : perles, accessoires & schèmas
Envie de vous parler d'Histoire, de la Grande comme de la petite
La famille royale au Temple

 

  Le temple en 1734, détail du plan Turgot  

LE TEMPLE   

La Tour du Temple et son enclos

sont une ancienne forteresse parisienne,

 qui fut détruite en 1808.

Construite par les Templiers à partir de 1240,

 pendant le règne de saint Louis,

elle devint par la suite une prison.

Elle doit sa célébrité au fait qu'elle servit de geôle

 à la famille royale en 1792 et 1793  

L'Enclos du Temple

L'Enclos du Temple était la maison chevetaine

de l'ordre du Temple en France

 et le siège de la banque de l'ordre dans ce pays.

 De hautes murailles crénelées le ceinturaient,

 renforcées de distance en distance par des tourelles.

 Ce système défensif était complété par une tour carrée,

 dite tour de César,

et par un fort donjon appelé Grande Tour (la Tour du Temple),

 qui avait été construite au XIIIe siècle.

L'ensemble comprenait

comme toutes les commanderies templières une église,

 des bâtiments conventuels pour loger les moines-soldats,

 de vastes écuries et des annexes.

 Les Templiers possédaient les rues entières

et la totalité du quartier entourant l'enclos.

Il est à noter que le Trésor Royal français

fut conservé dès 1146 à la Tour du Temple,

 et donc gardé par les templiers.

Philippe Auguste bâtit un système comptable et fiscal,

ancêtre de la Chambre des Comptes,

où les agents royaux venaient trois fois l'an

 déposer les revenus de la Couronne.

 Cette pratique prit vraisemblablement fin

 lors du règne de Philippe IV le Bel.

Après la mort du Jacques de Molay le 18 Mars 1314,

 l'ordre des Templiers fut dissous

et ses biens passèrent aux mains des Hospitaliers.

 Ses bâtiments subirent de nombreuses modifications.

En 1667,

les murailles qui dessinent l'Enclos

dans le territoire parisien sont abattues

 au profit d'hôtels particuliers

et de maisons locatives occupées essentiellement par des artisans.

Mansart construit un palais pour le grand prieur.

L'ancien rempart avait été remplacé par une élégante muraille

 surmontée d'une galerie décorée de colonnes.     

Le Palais du grand prieur

Le Palais du grand prieur était d'assez modestes dimensions,

 il était précédé d'une cour bordée de colonnes

 et communiquait avec la rue du Temple par un vaste portail.

Le plus célèbre de ceux qui se succédèrent à la fonction de grand prieur

 fut Louis-François de Bourbon,

prince de Conti qui fit de son palais un haut lieu de la vie culturelle,

 fréquenté par le monde intellectuel international

que l'on croisait également dans les meilleurs salons de l'époque.

Wolfgang Amadeus Mozart y donna un concert,

 Jean-Jacques Rousseau venait en voisin et l'abbé Prévost,

 l'auteur de Manon Lescaut y était grand aumônier,

 lui qui ne célébrait jamais la messe.

Lors de la Révolution la charge était échue à Louis Antoine d'Artois,

 duc d'Angoulême, fils du comte d'Artois (futur Charles X)

 qui épousera la fille de Louis XVI,

Marie Thérèse de France (Madame Royale)

 qui connaîtra l'emprisonnement dans la Tour du Temple.

Sous la Révolution

Au-dessus du palais du grand prieur,

 on apercevait le puissant donjon des templiers et,

sur la gauche, la tour de César et le clocher de la collégiale

 bâtie sur le modèle de l'église du Saint-Sépulcre de Jérusalem

 La Grande Tour

Celle-ci se dressait à l'une des extrémités de l'ancien enclos

(à la hauteur de l'actuelle mairie).

 La tour était une robuste bâtisse féodale,

de quelque 50 mètres de hauteur,

 l'épaisseur des murs était en moyenne de 4 mètres,

 elle comprenait quatre étages,

 dont les voûtes en ogives retombaient sur un pilier central.

 Elle était flanquée de quatre fortes tourelles,

 dont l'une enfermait un escalier en colimaçon.

La Grande Tour était inutilisée depuis des siècles

lorsque l'entrepreneur fut chargé de son réaménagement.

Il avait divisé chaque étage en plusieurs pièces

avec des cloisons et des faux plafonds dissimulant la voûte très élevée.

 Ces cloisons étaient recouvertes de papiers peints.

Sur la façade de la Grande Tour on avait accolé,

à une date postérieure, la Petite Tour.

La Petite Tour

Accolée à la façade de la Grande Tour,

 la Petite Tour dont la construction étroite était flanquée de deux tourelles

ne communiquait pas avec la Grande Tour :

 ce détail a son importance

. Elle comportait un rez-de-chaussée et quatre étages.

   

Premier repas de la famille royale au Temple   

C'est dans cette petite tour

que fut emprisonnée la famille royale du 13 août 1792

, jusqu'au 26 septembre 1792 pour Louis XVI,

 et jusqu'au 26 octobre 1792 pour sa famille.

 Il convenait de rendre la Grande Tour habitable pour la famille royale.

Attributions des étages de la Petite Tour

Le 13 août 1792, les étages de la Petite Tour furent attribués comme suit :

Le premier étage fut attribué aux trois femmes de chambre.
 
Le second étage fut attribué à la reine et à
 
 
 
sa fille Marie-Thérèse de France.
 
 
 
 
et le jeune Louis XVII, jusqu'au 3 juillet 1793. 
 
 Après cette date,
 il est sous la garde du cordonnier Simon et de sa femme,
 qui résident au Temple.
L'intention des Jacobins est alors d'en faire un petit citoyen ordinaire
 et de lui faire oublier sa condition royale.
 
 Elles couchaient dans l'ancienne chambre de Barthélémy
 qui avait été expulsé de son domicile par les agents de la Commune.
 Au même étage la princesse de Lamballe
dormait dans l'antichambre sur un lit de sangle,
 Louise-Elisabeth de Croÿ d'Havré,
duchesse de Tourzel et le dauphin
partageaient la même chambre.
 Il y avait un cabinet de toilette et une garde-robe.
 
Le troisième étage fut attribué au roi.
 
Le roi couchait seul dans un lit à baldaquin.
 Madame Élisabeth partageait sa chambre
avec la jeune Pauline de Croy d'Havré,
 fille de la duchesse de Tourzel.
 Les valets couchaient dans un cabinet assez étroit,
 ouvrant sur l'antichambre.
Cet étage était également doté d'un cabinet de toilette
 et d'une garde-robe.
 En outre, le roi disposait d'un cabinet de lecture
 aménagé dans l'une des tourelles.
 
 
 Jean-François Garneray "Louis XVI au Temple"
Huile sur toile - 32 x 23 cm - Musée Carnavalet
  

Attribution des étages de la Grande Tour

La Commune de Paris en fait la prison

de la famille royale dont elle s'était assuré la garde,

 après la journée insurrectionnelle du 10 août 1792.

Le 26 septembre 1792,

Louis XVI est transféré dans la Grande Tour du Temple,

suivi le 26 octobre de la même année

par Marie-Antoinette d'Autriche et ses enfants.

Le rez-de-chaussée

n'avait pas été transformé.

 Le conseil de surveillance du Temple s'y installa le 8 décembre 1792.

Cette vaste pièce d'environ 60 mètres

était meublée de quatre lits destinés aux commissaires,

d'un bureau, d'armoires, dont l'une renfermait les registres.

C'est dans cette salle que les municipaux prenaient leurs repas

en compagnie des officiers de la Garde Nationale en service au Temple.

Premier étage : il abritait le corps de garde 

 soit une quarantaine d'hommes qui couchaient sur des lits de camps.

 Comme le rez-de-chaussée, cette salle était restée en l'état.

Des sonnettes reliaient le corps de gardes à la salle du conseil

 et aux appartements de la famille royale.

Le même escalier en colimaçon déservait tous les étages.

Deuxième étage : affecté au roi.

 Un couloir coudé, barré de deux portes, l'une en fer,

 la seconde en chêne, donnait accès à l'escalier.

Il comprenait quatre pièces.

 Chacune était éclairée par une fenêtre grillagée

 et en partie obstruée par un abat-jour en forme de hotte.

Dans l'antichambre on avait affiché la Déclaration des droits de l'homme

encadrée de tricolore.

Cette pièce est en pierre de tailles et était meublée de quatre chaises,

d'une table à écrire et d'une table à trictrac.

Une cloison vitrée la séparait de la salle à manger.

La chambre du roi était tapissée de jaune vif

et communiquait avec l'antichambre avec une double porte à vantaux.

 On la laissait ouverte toute la journée pour faciliter la surveillance.

 Cette pièce était dotée d'une cheminée qui faisait face à la porte,

 surmontée d'une glace.

Le lit du roi était placé contre la cloison.

 En prolongement du lit royal,

le lit de sangle destiné au dauphin.

 La tourelle servait d'oratoire.

 L'autre tourelle servait de garde-robe, la troisième tourelle de bûcher.

Troisième étage réservée à la reine,

sa fille et Mme Elisabeth

L'appartement avait la même superficie que celui du roi.

Il n'en était pas l'exacte réplique.

L'antichambre identique précédait la chambre de la reine,

 située au-dessus de celle du roi.

Elle était tapissée de papier-peint à fleur de couleur verte sur fond bleu,

 elle avait également une double porte.

Elle était meublée d'une table, d'un lit de repos et de chaises.

La chambre de la reine avait une porte à deux vantaux

et possédait une cheminée.

 On avait placé le lit de Marie-Thérèse de France dans une encoignure ;

ce n'était qu'une couchette.

Il y avait aussi un canapé, une commode,

 un paravent et deux tables de nuit.

 Une tourelle servait de cabinet.

 La chambre obscure de Madame Élisabeth

était située sous la chambre de Cléry,

elle était pourvue d'une cheminée, d'un lit de fer,

 une commode, une table, deux fauteuils et deux chaises.

A ce même étage les Tison couchaient

au-dessus de la salle à manger du roi.

Quatrième étage Il était inoccupé, il servait de grenier.

 Entre les créneaux et les pans de la haute toiture d'ardoise

courait une galerie ou plutôt un chemin de ronde.

 Au début de son emprisonnement,

la famille royale pouvait s'y promener ;

 pour cela, le conseil du Temple fit garnir les espaces

 entre les créneaux par des planches

qui empêchaient les promeneurs d'être vus.

Ces précisions résultent des inventaires qui furent dressés

 le 25 octobre 1792 et le 19 janvier 1793.

Les commissaires, désignés chaque soir par l'Hôtel de ville,

disposaient d'une chambre chacun et d'une salle de réunion.

Dans le bâtiment où s'ouvrait la grande porte de l'enclos

et qui bordait la rue du Temple,

se trouvaient les loges des concierges, l'économat et les cuisines.

La troupe avait établi ses quartiers dans le palais du grand prieur.

 Elle comprenait un commandant général, un chef de légion,

un sous-adjudant général, un adjudant-major,

un porte-drapeau, vingt artilleurs servant deux canons, soit 287 hommes,

 en comptant les officiers subalternes,

les sous-officiers et les simples soldats.

Cette garde était désignée à tour de rôle par

les 8 divisions composant la Garde Nationale de Paris.

Description de la Tour du Temple vue de l'extérieur

Il fallait passer par le palais du grand prieur

 pour arriver au mur d'enceinte de la Tour du Temple.

 Ce mur était percé d'une porte charretière,

 renforcée de barres en fer,

 munie de gros verrous et gardée par deux guichetiers

et d'une porte piétonne.

 Ces deux portes étaient surveillées par les guichetiers.

 On pénétrait ensuite dans le jardin.

Alors, apparaissait, entre les hautes frondaisons,

 la haute et sombre masse de la Tour du Temple,

 flanquée de ses quatre tourelles aux toits pointus,

percées de meurtrières et d'étroites fenêtres.

 Les hottes obstruaient les ouvertures sur deux étages.

 Les tuyaux de poêle couraient sur la muraille,

 augmentant son aspect rébarbatif.

 Des girouettes surmontaient le faîte de la Tour du Temple

et des quatre tourelles.

Départ des membres de la famille royale de la Tour du Temple

Le 21 janvier 1793,

 Louis XVI quitte la Tour du Temple pour l'échafaud

installé place de la Révolution, actuelle Place de la Concorde 

 

    

 Peinture à l'huile sur toile, 1793, d'un anonyme, Musée Carnavalet,

 don de Monsieur Dollfus en 1912 Ce tableau et son pendant,  

 

 l'exécution de Marie-Antoinette, seront peints d'après des estampes danoises.  



Le 1er août 1793, Marie-Antoinette est transférée à la Conciergerie

Le 10 mai 1794,

 après 21 mois de séjour à la Tour du Temple,

Madame Élisabeth monte à son tour à l'échafaud.

Le 8 juin 1795, le petit Louis XVII meurt à la Tour du Temple.

Le 17 décembre 1795, Marie-Thérèse de France

(après trois ans et quatre mois de séjour à la Tour du Temple)

fut échangée contre quatre commissaires livrés à l'ennemi

 par Charles François Dumouriez.

Destruction de la Tour du Temple

Le Temple incarnait aux yeux des monarchistes

le lieu du supplice de la monarchie, et était devenu un but de pèlerinage.

 C'est pour en freiner l'essor que Napoléon Bonaparte

de livrer la Tour du Temple aux démolisseurs en 1808.

La démolition dura deux ans.

 

posté par HARMONY, le 19/02/2008 à 12:47 | dans: XVIII ème siècle
Lien de l'article | Commentaires (0) | Laisser un commentaire | Envoyer cet article
La Reine Marie Leckzinska : le vrai du faux

 

 

 

TinyPic image

sur

Historica

Marie Leczinska

 Breslau, 3 juin 1703- Versailles 1768  


Reine de France et de Navarre  

FAUX

Bigode, frigide, laide, sans esprit....

ainsi nous la décrivent les manuels d'histoire,

 ajoutant que son manque de séduction jeta Louis XV,

 dans les bras de nombreuses maîtresses.

VRAI

La vérité est tout autre,

et l'on reste stupéfait lorsqu'on découvre

qui fut réellement cette princesse polonaise, fille d'un roi en exil,

 réfugiée dans un petit village d'Alsace où elle apprend,

 un matin, qu'elle va épouser le roi le plus puissant d'Europe.

Marie-Catherine -Sophie-Félicité LECZINSKA

 était la fille de Stanislas LECZINSKI,

issu d'une très grande famille noble polonaise,

 Comte du Saint-Empire et de Lesno,

 palatin de Buelna et de Lenezin, staroste d'aldenaw,

Wawode et Posnanie, élu roi de Pologne

et Grand-Duc de Lithuanie sous le nom de Stanislas 1er en 1704,

et de la comtesse Catherine BRIN-OPOLINSKA,

 fille du Palatin de Posnanie.

 

TinyPic image

 

 ENFANCE et JEUNESSE 

 

TinyPic image

Collection du Musée de Sceaux 

Sa petite enfance,

 étrangement troublée durant le règne très mouvementé de son père

 par des départs précipités du palais royal,

les longues étapes en voitures et les installations de fortune,

 fit de Marie une princesse fugitive.

Les avatars de l'Histoire écartent son père du trône :

elle se réfugie tout enfant à Stockholm,

 puis débuta en 1716 un exil précipité,

dans le plus grand dénuement matériel.

Toutes ces épreuves et la bonne éducation pédagogue

 pleine d'intuition et de justesse que lui offrit son père,

lui donnèrent très tôt un grand courage,

un caractère aimant, une douceur raisonnable,

une excellente réflexion mêlée de principes religieux

 qui remplira son âme d'une sérénité réfléchie.

 En 1717, Marie perdit sa soeur aînée,

Anne LECZINSKA, âgée de 18 ans.

Ses parents reportèrent alors leur tendresse sur Marie,

 qui entrait dans sa quinzième année 

et poursuivait son éducation accomplie :

 elle parlait six langues, possédait

"des clartés sur tout",

sachant danser avec grâce et se tenir à merveille.

  TinyPic image

 

LES PRETENDANTS

 Plusieurs propositions de mariage

seront imaginées par son père dès cette époque,

 malgré son souhait profond de partager l'infortune de ses parents.

 On parla de plusieurs princes allemands,

 et même de princes du sang de la famille de France,

 dont le Duc de Bourbon,

 Stanislas essuya un refus de Mme le Duchesse,

qui voyait là une mésalliance,

voire même avec un Marquis de Courtanvaux,

 commandant du régiment de cavalerie

mis à la disposition du roi Stanislas par le Régent,

tombé follement amoureux d'elle

et qui osa demander sa main au roi Stanislas.

Le décès de leur second protecteur

et l'entrée du Duc de Bourbon au Ministère

 allait bouleverser sa vie tranquille et retirée.

 Telle Cendrillon, une intrigue de cour fit de Marie,

 jeune fille sans fortune,

la reine du plus prestigieux royaume de l'époque.

 En effet, Mme de Prie,

maîtresse influente et décidée du Duc de Bourbon,

 jeta son dévolu sur notre princesse

comme Duchesse de Bourbon.

 Mais M le Duc était beaucoup plus préoccupé

 du mariage du jeune roi que du sien.

 Une série d'incidents mettait en péril

le projet matrimonial du régent,

 avec la toute jeune infante espagnole,

fiancée du jeune roi, qui allait avoir sept ans.

 Il désirait depuis longtemps rompre ces fiançailles

qu'une grave maladie de Louis XV anticipa.

En vue du mariage royal,

une liste complète des princesses à marier sera dressée.

 Une première liste de 100 noms fut d'abord proposée, 

de laquelle on en retrancha 83. Marie en faisait partie,

 mais fut primitivement écartée

du fait de sa basse naissance et du titre électif de son père.

 D'un trait de génie,

c'est finalement Mme de Prie qui prit la grave décision

de la

 "mésalliance" ,

car ce mariage pouvait être considéré comme tel,

 en espérant tout d'une princesse effacée,

manipulable et infériorisée, qui lui devait tout :

 en quoi elle se trompa, car elle finira exilée dans ses terres

et s'y suicidera d'ennui, après la disgrâce de M le Duc.

TinyPic image 

 

LE MARIAGE

TinyPic image

Administration des Monnaies et Médailles.

 Médailles françaises dont les coins sont conservés

au Musée monétaire.- Paris : Imprimerie nationale  

Célébration du mariage de Louis XV

à Fontainebleau 1725

Le mariage fut déclaré à Versailles le 27 mai 1725.

Marie fut mariée par procuration

dans la cathédrale de Strasbourg le 14 août,

fit le "voyage" comme toutes les princesses étrangères

venant épouser un roi de France jusqu'à Moret,

 où elle rencontra, pour la première fois Louis XV.

 

TinyPic image

Le jeune adolescent royal eut un véritable coup de foudre,

 subjugué par la grâce, l'intelligence et la douceur de sa promise.

 Marie l'aimera aussitôt à la folie.

 Son mariage a lieu le 5 septembre,

le lendemain de leur rencontre,

 dans la chapelle du château de Fontainebleau.

Louis XV décida alors d'établir ses beaux-parents

à Saint-Germain-en-Laye,

puis leur octroya l'immense domaine royal de Chambord.

 

TinyPic image

Pour la première fois,

la Cour de France assista au spectacle idyllique

d’un jeune couple épris l’un de l’autre,

car le début de mariage fut très heureux

et suivi de dix ans de bonheur et de fidélité.

 « Je trouve la reine la plus belle »,

 disait Louis XV en amoureux enthousiaste.

La reine découvrit Versailles le 1er décembre,  à la fin du

« voyage de Fontainebleau »,

 ainsi que la vie de cour éclatante, les intrigues et la stricte étiquette.

 Notons que ce sera la reine de France

qui y résidera le plus longtemps, puisqu’elle y habita sa vie durant,

au contraire de l’épouse de Louis XIV, et de celle de Louis XVI,

 au destin tragique que l’on connaît.

TinyPic image

 

L'inaltérable amour de Marie Leczinska,

 reine de France,

 pour l'inconstant, et cependant fidèle,

Louis XV, le Bien-Aimé.

 

  TinyPic image 

Rigaud 

Malgré les premières adulations et flatteries,

 et un regrettable faux pas politique,

 Marie fit preuve d’une grande capacité d’adaptation :

 de la vie simple et un peu bohème qu’elle avait menée,

elle s’adapta très vite à l’existence organisée,

 méthodique et emprisonnante d’une reine de France.

Elle se résigna à vivre en souveraine et à l’écart de ses enfants,

comme toutes les reines l’avait fait avant elle.

Sa docilité entre les mains du premier ministre

 et de Mme de Prie va lui faire encourir

 la colère du roi et du cardinal Fleury, qui remplacera, en 1726,

 le duc de Bourbon définitivement disgracié.

 Elle se retrouva isolée, sans appui ni expérience..

 Son seul réconfort restera son abondante correspondance

qu’elle échangera avec son père. Très attachée à son mari,

la reine ne manquera pas de suivre les conseils

de soumission inconditionnelle

que lui prodigue son père dans ses lettres.

 TinyPic image

 

LES ENFANTS ROYAUX

L’heureuse union fut couronnée par dix grossesses si régulières,

 que l’on prête à la reine ce soupir de lassitude :

« Toujours coucher, toujours grosse, toujours accoucher ! »

et il y a de quoi, quand on juge l’état de sa progéniture

et la fréquence quasi régulière de ses heureux événements :

TinyPic image

dans la « chambre de la reine » de Versailles,

Marie mettra au monde publiquement,

selon l’usage établi, en douze ans, ses dix enfants,

dont de nombreuses filles, appelées Mesdames de France :


1. Marie-Louise-Elisabeth de France - 1727-1759

 appelée à sa naissance Mme Première

 puis Mme Infante après son mariage.


2. Anne-Henriette de France -1727-1752, 

 sa sœur jumelle appelée Mme Seconde à sa naissance

puis Mme Henriette en 1739 après le mariage de sa sœur, célibataire.


3. Marie-Louise de France -1728-1733

appelée Mme Troisième

morte en bas âge.

TinyPic image

Marie  Leczinska, Reine de  France, et le Dauphin,

par Alexis Simon Belle 


4. Louis-Ferdinand de France, Dauphin de France - 1729-1765


5. Philippe de France, Duc d’Anjou - 1730-1733

mort en bas âge.


6. Marie-Adélaïde de France - 1732-1800

 appelée successivement Mme Quatrième à sa naissance,

 Mme Troisième en 1733 après la mort de la précédente,

 Mme Adélaïde, célibataire.


7. Victoire-Louise-Marie-Thérèse de France - 1733-1799

appelée Mme Quatrième à sa naissance

 puis Mme Victoire en 1745, célibataire.


8. Sophie-Philippine-Elisabeth de France-  1734-1782

appelée Mme Cinquième à sa naissance

puis Mme Sophie en 1745, célibataire.


9. Thérèse-Félicité de France -1736-1744

appelée Mme Sixième,

 morte en bas âge à l’abbaye de Fontevrault.


10. Louise-Marie de France -1737-1787

 appelée Mme Septième ou Mme Dernière,

 puis Mme Louise en 1747,

religieuse au Carmel de Saint-Denis

 sous le nom de Sœur Thérèse de Saint-Augustin en 1770,

prieure du Carmel en 1773.

Un billet spécial sera consacré aux enfants du couple royal.

  

TinyPic image

Henri-Nicolas Cousinet


Nécessaire offert par Louis XV
à la reine Marie Leczinska

à l'occasion de la naissance du Dauphin  en 1729-1730

Seize pièces en vermeil, quatre pièces en porcelaine de Chine,

deux pièces en porcelaine du Japon