Envie de vous parler d'Histoire, de la Grande comme de la petite
Madame de Pompadour


LA "POMPADOUR"

Née à Paris en 1721, morte à Versailles en 1764 

 

peinte par Boucher

 

Son enfance

Jeanne Antoinette d’Etiolles,

 née Poisson  

est la fille de Louise-Madeleine de La Motte

 et de François Poisson  

 Jeanne est adoptée par son probable père biologique,

 le riche financier Charles François Paul Le Normant de Tournehem,

qui devient son tuteur légal.

Elle vit alors avec sa mère, sa soeur et son frère,

 puis

épouse en 1741 Charles-Guillaume Le Normant d'Etiolles.

 Les contemporains la considèrent comme assez belle

avec sa petite bouche et une figure ovale animée par sa vivacité.

 Son jeune époux devient rapidement fou d'elle

 et elle participe aux cercles mondains de Paris.

 Le couple s'installe dans un château à  Etiolles. 

 Elle donne naissance à  un fils qui meurt en bas âge,

 puis une fille en 1744, prénommée Alexandrine.

 

La maîtresse du roi

 

 La jeune Jeanne-Antoinette, était très proche des Péris, 

qui la pensait susceptible de plaire au roi et de favoriser leur positionnement.

 Le stratagème mis en place fonctionna

et permit les résultats attendus, en février 1745, 

elle est invitée à un bal masqué royal qui célèbre le mariage du fils du roi.

 Louis XV est déguisé en « if »,

taillé comme ceux de Versailles, elle est en « bergère ».

Elle devient une visiteuse régulière et le roi l'installe au château de Versailles.

  Louis la fait marquise et la sépare légalement de son mari,

elle est officiellement présentée à la cour.  

Si elle garde Louis dans son lit seulement quelques années

 puisque ses rapports charnels avec le Roi

 cessent au cours de l'hiver 1751,

elle demeura la favorite,

 l'amie nécessaire et la confidente jusqu'à  la fin de sa vie...

En 1753,

 Louis XV acheta l'hôtel d'Evreux

 (plus connu aujourd'hui sous le nom de Palais de l' Elysée)

 pour en faire la résidence parisienne de la marquise de Pompadour.

Vous avez pu voir dans le billet "Visite de l'Elysée", le salon Pompadour.

Pour conserver son statut de maîtresse en titre,

elle favorisera le penchant du Roi pour des filles de petite vertu,

plutôt jeunes et jolies.

Pendant son règne de vingt ans,

elle maintient des relations cordiales avec la reine.

 Mme de Pompadour prépare également tous les dossiers du roi avec ses ministres,

 faisant venir ceux-ci dans ses appartements.

 

 

  

Ses passions

Arts

 

 Tous les livres de la marquise étaient reliés en cuir et dorés de son blason.

 Sa bibliothèque comportait 3.525 volumes.

La marquise  favorise la poursuite de l'encyclopédie de Diderot

 qui connait un nombre important de détracteurs.

Elle fait travailler de nombreux artisans et la manufacture de porcelaine de Sèvres.

 Elle apprend à danser, graver et à  jouer de la guitare,

 supervise la construction de monuments

comme la place de la Concorde et le Petit Trianon.

 Elle organise un véritable mécénat auprès des artistes de l'époque,

  commande des portraits aux peintres Boucher et Van Loo

car elle adore se voir représenter.

La marquise de Pompadour par Maurice Quentin de La Tour
Paris, Musée du Louvre

 

Elle protège un grand nombre d'artistes comme le peintre Nattier,

 le graveur Cochin, l'ébéniste Oeben, le sculpteur Pigalle...

 

 

Châteaux

Elle posséda les châteaux et demeures suivantes :

Château de Montretout à  Saint-Cloud 

Petit Château de La "Selle" à  La Celle Saint-Cloud

Le château de Bellevue vu depuis le sud. Par Jacques André Portail.

Château de Bellevue à Meudon

 (transformé en clinique, mon fils y est né,

il a été détruit depuis, car trop vétuste.) 

 

Le château de Bellevue au temps de Mme de Pompadour. Vue depuis la cour.

Château d'Arnac-Pompadour en Corrèze

Hôtel d'Evreux (actuel palais de l'Elysée)

  

Légende  

Le chocolat

Elle veut que la marquise ait eu une passion pour la soupe de truffes

et de céleris arrosés de tasses de chocolat ambrées

et réchauffant les esprits et les passions.

 

 Sa mort  

Madame de Pompadour à son métier à tapisserie
 par François-Hubert Drouais
Londres, National Gallery

Son portrait commémoratif, commencé de son vivant

et terminé en 1764 après sa mort.

Comme le veut le protocole mis en place par Louis XIV,

seuls les rois ou les princes meurent à Versailles.

 Si la marquise de Pompadour est décédée à Versailles

c’est en raison d’une amitié de 20 ans avec Louis XV.

 Néanmoins, juste après son décès,

 elle est transportée discrètement dans son hôtel particulier des Réservoirs.

C’est le 17 avril 1764 que les obsèques de la marquise auront lieu

 à l’église Notre-Dame dont l’intérieur a été entièrement tendu de noir.

 Le cortège funèbre se compose de cent prêtres,

de vingt-quatre enfants de choeur,

 des quarante-deux domestiques de la défunte en livrée de deuil et

 de soixante-douze pauvres de la paroisse.

A l’issue de la cérémonie, à six heures du soir,

le cercueil est placé dans un carrosse à dais ducal,

 attelé de douze chevaux caparaçonnés de moire d’argent

 et précédé par quatre gardes suisses.

Madame de Pompadour doit reposer,

 selon son souhait, au couvent des Capucins de la place Vendôme, à Paris.

La pluie et le vent n’empêchent pas Louis XV de sortir sur le balcon

 de la cour de Marbre du château pour le regarder s’éloigner

 sur l’avenue de Paris. Le roi ne bouge pas jusqu’à ce que la procession disparaisse.

 Il pleure :

 "Voilà les seuls devoirs que j’ai pu lui rendre.

 Pensez, une amie de vingt ans !"

Autre version 

A sa mort, on raconte qu'en apercevant le mauvais temps

 lorsque le cercueil de la marquise de Pompadour quittait Versailles pour Paris,

 Louis XV aurait dit la phrase suivante:

  "La marquise n'aura pas beau temps pour son voyage ". 

 

Descendance

De son mari, elle n'eut que deux enfants, morts jeunes.

 De sa liaison avec le Roi, elle n'eut que des fausses couches

 

 

  

posté par HARMONY, le 10/09/2009 à 07:44 | dans: XVIII ème siècle
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Louis XV : "le bien aimé"

Louis XV 

 Fils de France    

15 février 1710 à Versailles -  10 mai 1774 à Versailles,

 Fils de Louis, duc de Bourgogne

et de Marie-Adélaïde de Savoie, petit-fils du Grand Dauphin,

 arrière-petit-fils de Louis XIV,

 il fut titré à sa naissance duc d'Anjou.

 

Louis XV en 1712, habillé en fille,

coutume pour les très jeunes garçons de l'aristocratie.

 

Conformément à la coutume, il fut élevé jusqu'à ses 7 ans par une femme,

 la gouvernante des Enfants de France,

 la duchesse de Ventadour.

En 1711, il perd son grand-père, puis en février 1712, ses deux parents.

 En mars de la même année, les deux enfants du couple défunt

contractèrent la même maladie, une forme de rougeole.

 Les médecins s'acharnèrent sur le frère aîné, qui mourut.

 Le duc d'Anjou fut sauvé par sa gouvernante qui l'arracha aux médecins

et refusa énergiquement qu'on le saignât.

A 2 ans, le duc d'Anjou devint le nouveau dauphin.

1714, il reçut un instituteur qui lui apprit à lire et à écrire,

ainsi que des rudiments d'histoire, de géographie

 et un enseignement religieux.

  1715, le prince reçut un maître à danser, puis un maître à écrire.

 C'est Mme de Maintenon qui se trouvait derrière toutes ces nominations.

 Elle surveilla dans l'ombre l'éducation du prince

qui  participa à sa première cérémonie à l'occasion de 

 la réception d'un ambassadeur de Perse à Versailles.

 A 5 ans, on le jugeait bel enfant, doué d'une intelligence vive

et d'une bonne mémoire, gai et farceur.

Il était particulièrement attiré par l'histoire et la géographie.

 Rescapé d'une famille décimée, il trouva en Madame de Ventadour

sa seule source d'affection, l'appelant « Maman Ventadour »,

voire « maman » tout court.

Le 1er septembre 1715, Louis XIV mourut en laissant ses derniers conseils,

 principalement contre la guerre, « la ruine des peuples ».

 Le duc d'Anjou se retrouva roi à cinq ans, sous le nom de Louis XV.

 Le lendemain, le duc d'Orléans, neveu du feu roi, fut nommé régent. 

   

La Régence

Louis XV en costume de sacre 

Les 3 et 4 septembre 1715,

Louis XV accomplit ses premiers actes de roi d'abord en se rendant

 à la messe de requiem célébrée pour le feu roi,

 ensuite en recevant l'assemblée du clergé venue célébrer son avènement.

 Le 12, il enchaîna sur un lit de justice,

 l'une des cérémonies les plus solennelles de la monarchie,

  etc. Malgré son jeune âge, il dut se plier à la mécanique du gouvernement

 et de la cour et jouer son rôle de représentation.

 

Le Régent

 

Il continua d'être élevé par Madame de Ventadour,

qui lui donna comme compagnons de jeux le fils d'un savetier parisien,

 et un jeune Iroquois.

 En 1717, ayant atteint l'âge de raison, il quitta ses lisères

(sorte de laisse utilisée pour guider les enfants en bas âge)

et les mains des femmes.

 Son éducation fut désormais confiée à un gouverneur, le duc de Villeroy,

et un précepteur, André Hercule de Fleury.

 On lui apprit le latin, les mathématiques,

la cartographie, le dessin, des rudiments d'astronomie,

 mais aussi à chasser.

 L'éducation manuelle ne fut pas non plus négligée :

il apprit un peu de typographie, s'initia à tourner le bois.

 Depuis 1719, il avait des maîtres de musique.

Le jeune roi n'avait que peu d'affinités pour la musique, et chantait faux.

Dès 1721, on songea à le marier.

 Philippe V, son oncle, roi d'Espagne propose sa fille,

 l'infante Marie Anne Victoire, à peine âgée de 3 ans,

Louis XV lui-même n'en ayant que 11.

 Le Régent accepta en 1722, les deux fiancés se rencontrèrent sur la Bidassoa.

 Celle qu'on appelait désormais l'« Infante-Reine »

 s'installa au château de Versailles.

Le règne 

 

Le 25 octobre 1722, le roi entrant dans sa treizième année,

 âge de la majorité, il fut couronné et sacré à Reims.

 Cependant, le duc d'Orléans resta

le plus important personnage du royaume après le roi.

Après sa mort, c'est alors le duc de Bourbon qui le remplaça.

 Pour se distraire, Louis XV se jeta à corps perdu dans la chasse.

Le roi devenant adulte, et apte à procréer,

se posa la question de l'héritier du trône.

 L'Infante-reine n'avait alors que six ans.

 En 1725, on prit la décision de la renvoyer en Espagne,

 et de chercher une nouvelle fiancée.

 Cent noms de Princesses européennes furent présentés et l'on en retint que huit.

 Ce fut, faute de mieux, et à la grande déception de la cour, Marie Leszczyńska,

 la fille du roi détrôné de Pologne Stanislas Leszczyński qui l'emporta.

Le mariage fut célébré le 5 septembre 1725 à Fontainebleau.

 Les deux jeunes mariés paraissaient très attachés l'un à l'autre,

 et le mariage fut consommé la nuit même.  

 Premiers signes d'impopularité  

A la mort de son premier ministre, le cardinal de Fleury,

 le roi avait 33 ans.

Il avait connu des années heureuses avec sa reine polonaise,

 qui l'adulait et lui était entièrement dévouée.

 Cependant, la reine finit par se fatiguer de ces grossesses à répétition,

 autant que le roi se lassait de l'amour inconditionnel de son épouse.

 De plus, la plupart de leurs enfants étaient de sexe féminin,

 ce qui finit par indisposer le roi.

  En 1734,

pour la première fois, la reine se plaignit à son père des infidélités du roi.

Le roi tomba amoureux de Madame de Mailly Madame de Vintimille,

  Madame de Châteauroux....

Un an après la mort de Fleury se produisit un événement

 qui allait marquer la personnalité du roi

 et la suite de la vie politique française.

 Louis XV était parti diriger ses armées

 engagées dans la guerre de succession autrichienne.

  1744, à Metz, il tomba gravement malade

et ses médecins pronostiquèrent une mort imminente.

 Le peuple, qui adorait son roi, lui donna le surnom de « Bien-Aimé »,

 et les prières se multiplièrent à travers le pays pour son salut.

Sa maîtresse, Madame de Châteauroux,

qui l'avait accompagné, dut le quitter tandis que la reine arrivait en hâte.

Le premier aumônier du roi,

 refusa de lui donner l'absolution sans une confession publique de ses pêchés,

dans laquelle le roi apparaissait comme une personne immorale,

 indigne de porter le titre de Roi Très Chrétien.

Colporté dans tous le pays par le clergé,

 la confession royale ternit le prestige de la monarchie.

Le roi échappa à la mort,

 mais sa culpabilité le poussa encore davantage vers l'adultère.

   

 La marquise de Pompadour 

 

 

 

 "Fille de sangsue et sangsue elle même
Poisson d'une arrogance extrême
Etale en ce château sans crainte et sans effroi
La substance du peuple et la honte du Roi »

   

Le Roi "travaille"

 

Le bureau du roi avec le secrétaire à cylindre de (1760 - 1769)

Auteurs : Oeben Jean-François (1721-1763) mobilier à mécanisme

(dit aussi à transformation), Riesener Jean-Henri (1734-1806)

 

Toutes ces histoires amoureuses n'empêchaient pas Louis XV de travailler,

mais il lui manquait l'inépuisable énergie de son arrière grand-père.  

 Pendant les années du gouvernement de Fleury,

il avait formé son jugement mais n'avait pu forger sa volonté.

Décidé à diriger seul le royaume,

 il s'évertuait à suivre les instructions de son aïeul :

 « Écoutez, consultez votre Conseil, mais décidez ».

Cependant, il n'avait pas assez confiance en lui

 pour appliquer efficacement ce précepte.

Sa correspondance politique révèle

 sa profonde connaissance des affaires publiques

 et la justesse de son raisonnement.

 Il éprouvait des diffultés à décider, et quand il y était obligé,

 se montrait alors brutal.

Amical et compréhensif avec ses ministres,

 sa disgrâce tombait soudainement, sans prévenir,

 sur ceux qu'il estimait l'avoir desservi.

Sa direction était souple, les ministres ayant une grande indépendance,

  il était difficile de savoir si leurs actions convenaient au souverain.

 La plupart du travail gouvernemental s'effectuait

dans des comités auxquels le roi ne participait pas,

ce dernier siégeant dans le Conseil d'en haut, créé par Louis XIV,

chargé des secrets d'État concernant la religion , la diplomatie et la guerre.

 Divers partis s'affrontaient en ce qui concerne la réforme de l'impôt 

afin de combler le déficit du royaume,

 qui s'élevait à 100 millions de livres en 1745,  

 Cette brèche dans le statut privilégié de la noblesse

et du clergé, normalement dispensé d'impôt,

était une première dans l'histoire de France. 

Cette nouvelle taxe fut accueillie avec hostilité,

 Louis XV abandonna la partie et finalement,

 le « vingtième » finit par se fondre

dans une augmentation de la taille,

 qui ne touchait pas les classes privilégiées.

 Ce fut la première défaite de la « guerre de l'impôt »

engagée contre les privilégiés.

A la suite de cette tentative de réforme, le parlement de Paris,

 s'emparant du prétexte de la querelle entre le clergé et les jansénistes,

pour adresser des remontrances au roi;

 

Tentative d'assassinat 

 

A l'intérieur du royaume, le mécontentement s'amplifiait,

alimenté par le train de vie de la cour

et ce qui était perçu comme une incompétence du roi à gouverner.

  Les dépenses de la cour n'étaient pas spécialement élevées,

  pourtant, telle était la perception qu'en avait le peuple,

 également influencé par la campagne violente

 à l'encontre de la marquise de Pompadour.

Robert François Damiens

Peut-être est-ce ce contexte qui poussa Robert François Damiens

 à essayer de tuer le roi.

 Le 5 janvier 1757, il entra au palais de Versailles,

 parmi les milliers de personnes.

 Vers 18 heures, le roi revenait de visiter sa fille

 et s'apprêtait à entrer dans son carrosse,

quand Damiens franchit la haie de gardes et le frappa avec un canif.

 Louis XV portait d'épais vêtements d'hiver

et la lame ne pénétra que d'un centimètre, entre les côtes.

 Cependant, on craignait un éventuel empoisonnement.

On tortura à plusieurs reprises Damiens,

 pour savoir s'il avait des complices, mais il apparaît que cet homme,

 était un déséquilibré qui avait surtout entendu beaucoup

de discours critiques à l'encontre du roi.

Louis XV était plutôt enclin à pardonner,

 mais il s'agissait de la première tentative de meurtre

 d'un monarque français depuis l'assassinat d'Henri IV,

  et il dut accepter un procès pour régicide.

Jugé par le parlement de Paris,

   Damiens fut exécuté sur la place de Grève, dans des conditions effroyables.

La main qui avait tenu le canif fut brûlée avec du soufre,

on lui entailla ensuite les membres et la poitrine

avant d'y introduire du plomb fondu,

ses quatre membres furent arrachés par des chevaux

 et son tronc finalement jeté aux flammes.

 Une foule immense assista à ce spectacle,

les balcons des maisons de la place de Grève

 furent loués à prix d'or aux femmes de l'aristocratie.

Le roi était déjà si impopulaire que l'élan de sympathie

 provoqué par cette tentative de meurtre

 disparut rapidement avec l'exécution de Damiens.

 Louis XV lui-même n'y était pas pour grand-chose,

les détails de cette horrible mise à mort

 ayant été élaborés par le parlement de Paris.

 Mais plus que tout,

 le peuple ne pardonnait pas au roi de ne pas s'être séparé de la Pompadour.

Fin de règne

Madame du Barry

 fut  marquée par l'arrivée dans la vie du roi de Madame du Barry

Le 26 avril 1774, se déclarèrent les symptômes de la petite vérole,

 alors que Louis XV était au Petit Trianon.

Le parlement de Paris envoya le dimanche 1er mai 1774,

 le greffier au Grand Conseil, pour s'enquérir de la santé du roi

Il mourut de ces suites

(septicémie aggravée de complications pulmonaires)

 le 10 mai 1774, à 15 heures 30, à Versailles,

 dans l'indifférence du peuple et la réjouissance d'une partie de la cour.

 Il laissa le trône à son petit-fils, Louis XVI,

qui paya de sa tête,

 beaucoup d'erreurs commises par son grand-père

et par son épouse, Marie-Antoinette.

 

 

 

 

 

posté par HARMONY, le 19/06/2009 à 08:52 | dans: XVIII ème siècle
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La naissance de Guignol

 


"Petite fille, j'aimais lorsque papa nous faisait les marionnettes,

 derrière son petit castelet il était tout à la fois,

Guignol, Gnafron, le gendarme...

 Nous allions au petit théâtre de Guignol, près de chez nous.

Tout naturellement papa continua avec mes enfants

et mon fils devint un grand amateur,

 ayant lui aussi ses marionnettes et son Castelet.

 Puis ce fut terminé, télévision, personnages surnaturels, effets spéciaux,

 sa fille ne connaissait pas Guignol.

Ce fut un réel plaisir de lui faire découvrir

 et surtout de constater combien cela lui avait plu."

Le père de Guignol

son buste à Lyon

Laurent Mourguet est issu d'une famille de tisseurs pauvres. Il sera donc canut.

 Mais à la Révolution, l'avenir semble bouché.

 Du haut de ses 20 ans,

 le jeune et insouciant Laurent n'a pour seule école que les rues du Vieux Lyon.

 Il ne saura jamais écrire (il ne signera même pas lui-même son acte de mariage).

 Peu éduqué, mais malin et vif.

 Il fait feu de tout bois, et de petits boulots en métiers à la petite semaine,

 il gagne sa vie bon an, mal an en suivant les foires et les fêtes de sa région.

Ainsi le retrouve-t-on "maître gazier" puis "ouvrier en soye",

forain ou marchand de chaussons.

Quand il ne travaille pas, il fait des enfants à sa femme.

Dix en dix ans!

 Deux d'entre eux prendront d'ailleurs a relève en tant que marionnettistes.

Est-ce pour s'élever socialement

ou pour se stabiliser qu'il devient arracheur de dents?

 Le métier de "dentiste" n'existe pas encore à l'époque

et relève plus du numéro de cirque que de la faculté...

  1797

Laurent arrache donc les dents, en place publique...

 gratuitement, pour pouvoir vendre ses anti-douleurs après l'opération.

Pour mieux attirer le chaland, il crée un petit théâtre de marionnettes,

 type de spectacle déjà très en vogue à Lyon.

 C'est avec Polichinelle, et non Guignol, qu'il fera ses débuts.

 1804

 il abandonne définitivement la tenaille

et devient marionnettiste professionnel,

 assisté du père Thomas, un comédien-amuseur fameux,

 avec lequel il fera un bout de chemin.

 Mais Thomas taquine décidément trop la bouteille

 et les deux compères se séparent. Gnafron

 Guignol Le premier personnage du théâtre de Mourguet

sera Gnafron,

 sous les traits... du père Thomas!

 La toute première marionnette lyonnaise est née.

Puis suivra 1808,

le héros, le canut, naïf et roublard à la fois, proche des préoccupations populaires.

 

 Madelon, sa compagne, fait rapidement partie du trio.

 Les personnages s'affirment, tant physiquement que moralement.

Le langage de Guignol est unique: il parle bien mais invente des mots nouveaux,

jongle avec le parler local et l'argot, tord le coup au subjonctif et zézaye un brin.

Guignol n'a pas payé son loyer il doit déménager

 Hiver comme été, il porte une redingote marron à boutons dorés,

 un tricorne et un noeud papillon aux ailes froissées.

Les cheveux noirs sont rassemblés en une natte

qui se balade de droite et de gauche suivant les mouvements.

La maréchaussée est toujours mise à mal,

et ouvriers et petits employés se régalent à ce spectacle.

 Le pouvoir est moqué, le nanti ridiculisé.

Mourguet a l'intelligence de mêler à ses scénarios des éléments de l'actualité

pour les présenter sous un jour cocasse.

 Et on rit de bon coeur; petit à petit,

même le bourgeois goûtera l'humour de Guignol.

Les compagnons de Guignol

Gnafron :

 Guignol serait-il encore parmi nous si Gnafron n'avait pas existé ?

Ce philosophe assoiffé est essentiel dans le théâtre de marionnettes.

 Il donne du relief,

de l'épaisseur aux dialogues et le spectateur ne craint point de s'identifier à lui.

 Justin Godart évoque sa personnalité :

 « ...Gnafron, l'intrépide consommateur, qui,

 grâce au Beaujolais, maintient sa verve en éveil,

 méprise les embiernes de l'existence, garde l'âme sensible, l'esprit fraternel,

 et arbore fièrement sur son nez les couleurs de sa belle : la vigne. »

Profession : « gnafre », c'est-à-dire « regrolleur »...

 savetier... bref... cordonnier.

 Un haut chapeau, le « bugne », un vieux tablier de cuir gras. 

Sa voix est ce qui donne du caractère à la marionnette.

En 1908 Etienne Charles l'explique en ces termes :

 « Cette laryngite chronique due au brouillard aggravée par un éraillement terrible,

résultat d'un abus excessif de vin. »

Il a les dents

 « laquées par le jus de tabac »

et sa trogne est rouge, colorée par le Beaujolais.

Gnafron et Guignol

 

Madelon :

Camisole blanche, bonnet aux larges canons, voici Madelon,

 épouse de canut, épouse de Guignol.

 Son caractère est aigri, elle ne cesse d'houspiller Guignol

qui a tendance à délaisser son métier à tisser.

 Mais si Madelon est le type de la mégère acariâtre,

elle reste, malgré les coups de tavelle de son époux, fidèle à Guignol.

Elle veille sur les finances du ménage.

 Peu importe les fins de mois difficiles,

Madelon sera toujours proprette avec son tablier bleu et blanc.

Monsieur le Bailli : Maire, juge, notable,

 c'est en quelque sorte le symbole du pouvoir judiciaire et politique.

Grosses lunettes et favoris blonds.

Canezou :

C'est le propriétaire, vêtu de son bonnet grec et de sa robe de chambre.

 Très présent dans le répertoire de Guignol  :

 Si le canut du XIXème siècle

 est souvent propriétaire du métier à tisser, c'est un chef d'atelier,

 il est locataire de son atelier logement.

S'il ne peut payer son loyer il risque de se retrouver à la rue.

Le gendarme :

C'est bien entendu un des personnages clés du théâtre même si à Lyon,

 il est moins rossé qu'à Paris.

Dondon :

La jeune fille, « apprentisse » et bien entendu canuse.

 Sa présence permet à Guignol de décliner

 le vocabulaire amoureux du parler lyonnais.

 Le tisseur sur soie, pour des raisons économiques, n'épousait qu'une canuse...

enseigne d'un théâtre de Guignol dans le vieux Lyon

 

Guignol a toujours sa place dans la vie lyonnaise

 

D'après un texte paru dans Pays de Rhône Alpes  de septembre 2005

 

 

posté par HARMONY, le 30/05/2009 à 11:18 | dans: XVIII ème siècle
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Jean-Baptiste Poquelin dit MOLIERE

Jean-Baptiste Poquelin

 dit Molière

 

par Nicolas Mignard 

Auteur et un acteur français de théâtre du XVIIe siècle,

 baptisé le 15 janvier 1622 (date de naissance indéterminée)

 mort le 17 février 1673.

Considéré comme le « patron » de la Comédie-Française.

 

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 Il en est toujours l'auteur le plus joué.

 Impitoyable pour le pédantisme des faux savants, 

le mensonge des médecins ignorants,

 la prétention des bourgeois enrichis,

 Molière aime la jeunesse qu'il veut libérer

des contraintes absurdes.

 Très loin des rigueurs de la dévotion ou de l'ascétisme,

 son rôle de moraliste s'arrête là où il l'a défini :

« Je ne sais s'il n'est pas mieux de travailler à rectifier

et à adoucir les passions des hommes

 que de vouloir les retrancher entièrement »,

et son but a d'abord été de

« faire rire les honnêtes gens ».

 Il fait donc sienne cette devise qui apparaît sur les tréteaux italiens

dès les années 1620 en France,

au sujet de la comédie :

Castigat ridendo mores =

 Elle corrige les mœurs par le rire.

 

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La jeunesse de Molière

 

 

Fils d'un tapissier établi sur Saint-Honoré, à Paris,

 Jean-Baptiste Poquelin est baptisé

vraisemblablement le même jour

ou la veille de sa naissance.

Son grand-père l'emmène souvent voir

 des représentations théâtrales,

éveillant en lui le goût pour la comédie.

 Sa mère meurt en 1632,

alors qu'il n'a que dix ans.

   L'année suivante,

il entre au collège de Clermont.

 Selon certaines sources,

 il aurait eu pour condisciple le prince de Conti,

 qui deviendra l'un de ses protecteur.

Il étudie probablement le droit. 

 

  

En 1637, il prête serment de tapissier royal,

reprenant la charge de son père.

On ne sait pas si il l'exerca ou non,

car à cette époque il fait la connaissance

d'une famille de comédiens,

 les Béjart.  Il fonde avec eux,

en 1643

l'Illustre Théâtre

 qui ouvrira au jeu de Paume des Métiers,

 en 1644. 

Des débuts difficiles 

   

Peint en Horace par Nicolas Mignard   

L'Illustre Théâtre a pour directrice Madeleine Béjart,

dont Molière s’éprend.

En 1644, Jean-Baptiste lui succède

sous le pseudonyme de

« Molière ».

 Sur le choix de ce nom de scène, Grimarest,

son premier biographe, écrit :

 « jamais il n'en a voulu dire la raison,

 même à ses meilleurs amis ».

 

  Sgnanarelle 

 

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Les débuts de l'Illustre Théâtre sont désastreux. 

Après plusieurs échecs,

les dettes s’accumulent et au printemps 1645

la troupe l’Illustre-Théâtre fait faillite.

 Molière est emprisonné au Châtelet

 pour dettes pendant quelques jours.

 Il quitte Paris et devient comédien de province

 avec Madeleine Béjart pendant onze ans.

 Entre janvier 1646 et mars 1657,

 il joue à Nantes, Albi, Toulouse,

 Carcassonne, Poitiers, Vienne,

Narbonne, Agen, Pézenas...

 Lorsque le Prince de Conti cesse de la soutenir

et lui devient même hostile,

 la troupe va à Rouen puis à Paris en 1658.

 

 

De 1645 à 1659,

Molière se forme au métier d’acteur et de dramaturge:

il écrit des canevas de farces ainsi que deux premières comédies :

 L’Étourdi (1655) et Le Dépit amoureux (1656)

mettant en scène le personnage de Mascarille.

 Ces deux œuvres montrent une forte influence de la

 commedia dell'arte italienne. 

 

Le début de la gloire

 

 

Molière retourne à Paris,

où il loue le jeu de paume du Marais.

 Protégé par Monsieur, frère du roi, 

il joue alors devant Louis XIV une tragédie,

qui ennuie, et une farce, qui amuse.

 Molière dispose d'un grand talent comique :

sa voix et ses mimiques déclenchent l’hilarité.

 La troupe de Molière jouit bientôt

 d'une réputation inégalée dans le comique,

et le roi l’installe au Petit-Bourbon,

où elle joue en alternance avec la troupe italienne de Scaramouche.

 

Les précieuses ridicules 

Première des grandes comédies de Molière,

 Les Précieuses ridicules (1659)

 remportent un succès éclatant et confirment la faveur du roi.

 Mais les vieilles précieuses raillées par Molière,

outrées, font détruire le théâtre.

 Le roi installe alors Molière dans un théâtre désaffecté, 

celui du Palais-Royal.

 

En 1662,

 Molière épouse Armande Béjart (fille ou sœur de Madeleine),

 de vingt ans sa cadette, avec qui il aura un fils Louis,

 mort à huit mois et demi,

 une fille Esprit-Madeleine,

 et un autre fils Pierre à un mois.

 L'année de son mariage,

il s’attaque à un sujet peu courant à l’époque :

la condition féminine,

 L'École des femmes est un triomphe.

 Mais les dévots, considérant Molière comme un libertin

et craignant son influence sur le roi,

 condamnent L'École des femmes comme une pièce obscène

 et irréligieuse.

 

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Par ailleurs,

 la protection du roi suscite des jalousies de la part de troupes de comédiens.

Molière réplique en ridiculisant ses adversaires dans

 La Critique de l'école des femmes

 et

 L’Impromptu de Versailles.

En 1664,

Molière est nommé responsable des divertissements de la cour

et anime les

 Plaisirs de l’ïle enchantée :

 il y donne

 La Princesse d'Élide

 qui mêle texte, musique et danse,

et recourt à des machines sophistiquées.

 

 Tartuffe,   

Cette même année, Molière crée le Tartuffe,

qui dénonce l’hypocrisie religieuse.

 Le scandale soulevé parmi les dévots est tel

que le roi se voit contraint de l'interdire pendant cinq ans.

 Molière en donnera toutefois quelques représentations privées.

 Cet épisode est demeuré célèbre sous le nom de

« cabale des dévots ». 

 

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En 1665, on joue seulement quinze représentations du désormais célèbre

 Dom Juan.

 La troupe, soutenue par le roi devient la Troupe du Roi

 

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Les dernières œuvres

 

 

Pendant les deux années qui suivent,

Molière est malade.

 Il joue irrégulièrement mais continue à écrire,

 notamment Le Misanthrope,

où il y exprime son amertume après sa séparation d'avec Armande,

 et Le Médecin malgré lui.

 Il tente alors de jouer à nouveau Tartuffe sous un titre différent,

 mais la pièce est interdite le lendemain.

 Molière collabora aussi avec Lully

dans la production d’une nouvelle comédie-ballet,

 Monsieur de Pourceaugnac

 En 1668, il crée deux pièces à machines :

 Amphitryon et George Dandin,

 ainsi que L’Avare dans un autre style.

 L’interdiction de représenter le Tartuffe est levée en 1669.

 La pièce remporte alors un succès considérable.

 Il écrit aussi Les Fourberies de Scapin en 1671.

Sa dernière pièce est Le Malade imaginaire.

 

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La mort de Molière

 

Pris de convulsions au cours

de la quatrième représentation du Malade imaginaire,

 Molière expire quelques heures plus tard d'une congestion pulmonaire,

le 17 février 1673,

 chez lui et non pas en jouant cette pièce,

 comme le veut la tradition,

 sans avoir abjuré la profession de comédien,

considérée comme immorale par l’Église.

Dans le registre qu'il tient scrupuleusement,

 La Grange écrit ce jour :

« Ce mesme jour après la Comédie sur les 10 heures du soir
 Monsieur de Molière mourust dans sa maison Rue de Richelieu, 
ayant joué le rosle dudit malade imaginaire fort incommodé
d'un rhume de fluction sur la poitrine qui luy causoit une grande toux de sorte que
dans les grans efforts qu'il fist pour cracher il se rompit une veyne dans le corps et ne vescut pas demye heure ou trois quarts d'heure depuis ladite veyne rompue.
Son corps est enterré à Saint Joseph, ayde de la paroisse Saint Eustache
 Il y a une tombe eslevée d'un pied hors de terre ».
 

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Trente-deux ans plus tard, Grimarest,

le premier biographe de Molière,

détaille les circonstances de sa mort, sans y avoir toutefois assisté

 (il avait 15 ans lors du décès de Molière) :

 

« Les Comédiens tinrent les lustres allumez,
et la toile levée, précisément à quatre heures.
Molière représenta avec beaucoup de difficulté ;
 et la moitié des spectateurs s'aperçurent qu'en prononçant Juro,
 dans la cérémonie du Malade Imaginaire, il lui prit une convulsion.
 Aïant remarqué lui-même que l'on s'en étoit aperçu, il se fit un effort,
 et cacha par un ris forcé ce qui venoit de lui arriver.
 Quand la pièce fut finie il prit sa robe de chambre,
 et fut dans la loge de Baron,
 et lui demanda ce que l'on disoit de sa pièce.
Mr Baron lui répondit que ses ouvrages avoient toujours une heureuse réussite à les examiner de près, et que plus on les représentoit,  plus on les goûtoit. Mais, ajouta-t-il,
 
“vous me paroissez plus mal que tantôt”.
 
 “Cela est vrai”, lui répondit Molière, “j'ai un froid qui me tue”.
 
 Baron après lui avoir touché les mains,
qu'il trouva glacées, les lui mit dans son manchon,
 pour les réchauffer ;
 il envoya chercher ses porteurs pour le porter promptement chez lui; 
 et il ne quitta point sa chaise, de peur qu'il ne lui arrivât quelque accident
du Palais Royal dans la rue de Richelieu,
où il logeoit. Un instant après il lui prit une toux extrémement forte, 
et après avoir craché il demanda de la lumière.
Baron aïant vu le sang qu'il venoit de rendre,
 s'écria avec frayeur.
 
 “Ne vous épouvantez point”,
 
lui dit Molière,
 
 “vous m'en avez vu rendre bien davantage. Cependant”,
 
 ajouta-t-il,
 
“allez dire à ma femme qu'elle monte”.
 
Il resta assisté de deux sœurs religieuses,
 de celles qui viennent ordinairement à Paris
 quêter pendant le Carême, et auxquelles il donnoit l'hospitalité.
 Elles lui donnèrent à ce dernier moment de sa vie tout le secours édifiant
que l'on pouvoit attendre de leur charité,
 et il fit paroître tous les sentimens d'un bon Chrétien,
et toute la résignation qu'il devoit à la volonté du Seigneur.
 Enfin il rendit l'esprit entre les bras de ces deux bonnes sœurs ;
le sang qui sortoit par sa bouche en abondance l'étouffa.
 Ainsi quand sa femme et Baron remontèrent, ils le trouvèrent mort.
 J'ai cru que je devois entrer dans le détail de la mort de Molière,
pour désabuser le public de plusieurs histoires que l'on a faites à cette occasion ».
 

 

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« Aussi-tôt que Molière fut mort,
Baron fut à Saint Germain en informer le Roi ;
 Sa Majesté en fut touchée, et daigna le témoigner.
 Tout le monde sait les difficultez que l'on eut à faire enterrer Molière,
comme un Chrétien Catholique; 
et comment on obtint en considération de son mérite
et de la droiture de ses sentimens, dont on fit des informations, 
qu'il fût inhumé à Saint Joseph.
 Le jour qu'on le porta en terre il s'amassa une foule incroyable de peuple
 devant sa porte. Le convoi se fit tranquillement à la clarté de près de cent flambeaux,
le mardi vingt un de février ».

 

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Le lendemain du décès de Molière,

 sa femme supplie Louis XIV

et l'archevêque de Paris

 d'autoriser un enterrement en terre sacrée.

 Molière sera enterré la nuit,

 quatre jours plus tard,

au cimetière Saint-Joseph de la paroisse Saint-Eustache,

sans cérémonie mais en présence de huit prêtres

et huit cents personnes venues y assister.

 

 

En 1817,

 sa dépouille a été transférée au cimetière du Père Lachaise,

 en même temps que celle de La Fontaine.

 

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Citations

 

 

 "Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger »

L'Avare

 

 

 

 

 

posté par HARMONY, le 14/09/2008 à 10:25 | dans: XVIII ème siècle
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La Reine Marie Leckzinska : le vrai du faux

 

 

 

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sur

Historica

Marie Leczinska

 Breslau, 3 juin 1703- Versailles 1768  


Reine de France et de Navarre  

FAUX

Bigode, frigide, laide, sans esprit....

ainsi nous la décrivent les manuels d'histoire,

 ajoutant que son manque de séduction jeta Louis XV,

 dans les bras de nombreuses maîtresses.

VRAI

La vérité est tout autre,

et l'on reste stupéfait lorsqu'on découvre

qui fut réellement cette princesse polonaise, fille d'un roi en exil,

 réfugiée dans un petit village d'Alsace où elle apprend,

 un matin, qu'elle va épouser le roi le plus puissant d'Europe.

Marie-Catherine -Sophie-Félicité LECZINSKA

 était la fille de Stanislas LECZINSKI,

issu d'une très grande famille noble polonaise,

 Comte du Saint-Empire et de Lesno,

 palatin de Buelna et de Lenezin, staroste d'aldenaw,

Wawode et Posnanie, élu roi de Pologne

et Grand-Duc de Lithuanie sous le nom de Stanislas 1er en 1704,

et de la comtesse Catherine BRIN-OPOLINSKA,

 fille du Palatin de Posnanie.

 

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 ENFANCE et JEUNESSE 

 

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Collection du Musée de Sceaux 

Sa petite enfance,

 étrangement troublée durant le règne très mouvementé de son père

 par des départs précipités du palais royal,

les longues étapes en voitures et les installations de fortune,

 fit de Marie une princesse fugitive.

Les avatars de l'Histoire écartent son père du trône :

elle se réfugie tout enfant à Stockholm,

 puis débuta en 1716 un exil précipité,

dans le plus grand dénuement matériel.

Toutes ces épreuves et la bonne éducation pédagogue

 pleine d'intuition et de justesse que lui offrit son père,

lui donnèrent très tôt un grand courage,

un caractère aimant, une douceur raisonnable,

une excellente réflexion mêlée de principes religieux

 qui remplira son âme d'une sérénité réfléchie.

 En 1717, Marie perdit sa soeur aînée,

Anne LECZINSKA, âgée de 18 ans.

Ses parents reportèrent alors leur tendresse sur Marie,

 qui entrait dans sa quinzième année 

et poursuivait son éducation accomplie :

 elle parlait six langues, possédait

"des clartés sur tout",

sachant danser avec grâce et se tenir à merveille.

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LES PRETENDANTS

 Plusieurs propositions de mariage

seront imaginées par son père dès cette époque,

 malgré son souhait profond de partager l'infortune de ses parents.

 On parla de plusieurs princes allemands,

 et même de princes du sang de la famille de France,

 dont le Duc de Bourbon,

 Stanislas essuya un refus de Mme le Duchesse,

qui voyait là une mésalliance,

voire même avec un Marquis de Courtanvaux,

 commandant du régiment de cavalerie

mis à la disposition du roi Stanislas par le Régent,

tombé follement amoureux d'elle

et qui osa demander sa main au roi Stanislas.

Le décès de leur second protecteur

et l'entrée du Duc de Bourbon au Ministère

 allait bouleverser sa vie tranquille et retirée.

 Telle Cendrillon, une intrigue de cour fit de Marie,

 jeune fille sans fortune,

la reine du plus prestigieux royaume de l'époque.

 En effet, Mme de Prie,

maîtresse influente et décidée du Duc de Bourbon,

 jeta son dévolu sur notre princesse

comme Duchesse de Bourbon.

 Mais M le Duc était beaucoup plus préoccupé

 du mariage du jeune roi que du sien.

 Une série d'incidents mettait en péril

le projet matrimonial du régent,

 avec la toute jeune infante espagnole,

fiancée du jeune roi, qui allait avoir sept ans.

 Il désirait depuis longtemps rompre ces fiançailles

qu'une grave maladie de Louis XV anticipa.

En vue du mariage royal,

une liste complète des princesses à marier sera dressée.

 Une première liste de 100 noms fut d'abord proposée, 

de laquelle on en retrancha 83. Marie en faisait partie,

 mais fut primitivement écartée

du fait de sa basse naissance et du titre électif de son père.

 D'un trait de génie,

c'est finalement Mme de Prie qui prit la grave décision

de la

 "mésalliance" ,

car ce mariage pouvait être considéré comme tel,

 en espérant tout d'une princesse effacée,

manipulable et infériorisée, qui lui devait tout :

 en quoi elle se trompa, car elle finira exilée dans ses terres

et s'y suicidera d'ennui, après la disgrâce de M le Duc.

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LE MARIAGE

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Administration des Monnaies et Médailles.

 Médailles françaises dont les coins sont conservés

au Musée monétaire.- Paris : Imprimerie nationale  

Célébration du mariage de Louis XV

à Fontainebleau 1725

Le mariage fut déclaré à Versailles le 27 mai 1725.

Marie fut mariée par procuration

dans la cathédrale de Strasbourg le 14 août,

fit le "voyage" comme toutes les princesses étrangères

venant épouser un roi de France jusqu'à Moret,

 où elle rencontra, pour la première fois Louis XV.

 

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Le jeune adolescent royal eut un véritable coup de foudre,

 subjugué par la grâce, l'intelligence et la douceur de sa promise.

 Marie l'aimera aussitôt à la folie.

 Son mariage a lieu le 5 septembre,

le lendemain de leur rencontre,

 dans la chapelle du château de Fontainebleau.

Louis XV décida alors d'établir ses beaux-parents

à Saint-Germain-en-Laye,

puis leur octroya l'immense domaine royal de Chambord.

 

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Pour la première fois,

la Cour de France assista au spectacle idyllique

d’un jeune couple épris l’un de l’autre,

car le début de mariage fut très heureux

et suivi de dix ans de bonheur et de fidélité.

 « Je trouve la reine la plus belle »,

 disait Louis XV en amoureux enthousiaste.

La reine découvrit Versailles le 1er décembre,  à la fin du

« voyage de Fontainebleau »,

 ainsi que la vie de cour éclatante, les intrigues et la stricte étiquette.

 Notons que ce sera la reine de France

qui y résidera le plus longtemps, puisqu’elle y habita sa vie durant,

au contraire de l’épouse de Louis XIV, et de celle de Louis XVI,

 au destin tragique que l’on connaît.

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L'inaltérable amour de Marie Leczinska,

 reine de France,

 pour l'inconstant, et cependant fidèle,

Louis XV, le Bien-Aimé.

 

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Rigaud 

Malgré les premières adulations et flatteries,

 et un regrettable faux pas politique,

 Marie fit preuve d’une grande capacité d’adaptation :

 de la vie simple et un peu bohème qu’elle avait menée,

elle s’adapta très vite à l’existence organisée,

 méthodique et emprisonnante d’une reine de France.

Elle se résigna à vivre en souveraine et à l’écart de ses enfants,

comme toutes les reines l’avait fait avant elle.

Sa docilité entre les mains du premier ministre

 et de Mme de Prie va lui faire encourir

 la colère du roi et du cardinal Fleury, qui remplacera, en 1726,

 le duc de Bourbon définitivement disgracié.

 Elle se retrouva isolée, sans appui ni expérience..

 Son seul réconfort restera son abondante correspondance

qu’elle échangera avec son père. Très attachée à son mari,

la reine ne manquera pas de suivre les conseils

de soumission inconditionnelle

que lui prodigue son père dans ses lettres.

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LES ENFANTS ROYAUX

L’heureuse union fut couronnée par dix grossesses si régulières,

 que l’on prête à la reine ce soupir de lassitude :

« Toujours coucher, toujours grosse, toujours accoucher ! »

et il y a de quoi, quand on juge l’état de sa progéniture

et la fréquence quasi régulière de ses heureux événements :

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dans la « chambre de la reine » de Versailles,

Marie mettra au monde publiquement,

selon l’usage établi, en douze ans, ses dix enfants,

dont de nombreuses filles, appelées Mesdames de France :


1. Marie-Louise-Elisabeth de France - 1727-1759

 appelée à sa naissance Mme Première

 puis Mme Infante après son mariage.


2. Anne-Henriette de France -1727-1752, 

 sa sœur jumelle appelée Mme Seconde à sa naissance

puis Mme Henriette en 1739 après le mariage de sa sœur, célibataire.


3. Marie-Louise de France -1728-1733

appelée Mme Troisième

morte en bas âge.

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Marie  Leczinska, Reine de  France, et le Dauphin,

par Alexis Simon Belle 


4. Louis-Ferdinand de France, Dauphin de France - 1729-1765


5. Philippe de France, Duc d’Anjou - 1730-1733

mort en bas âge.


6. Marie-Adélaïde de France - 1732-1800

 appelée successivement Mme Quatrième à sa naissance,

 Mme Troisième en 1733 après la mort de la précédente,

 Mme Adélaïde, célibataire.


7. Victoire-Louise-Marie-Thérèse de France - 1733-1799

appelée Mme Quatrième à sa naissance

 puis Mme Victoire en 1745, célibataire.


8. Sophie-Philippine-Elisabeth de France-  1734-1782

appelée Mme Cinquième à sa naissance

puis Mme Sophie en 1745, célibataire.


9. Thérèse-Félicité de France -1736-1744

appelée Mme Sixième,

 morte en bas âge à l’abbaye de Fontevrault.


10. Louise-Marie de France -1737-1787

 appelée Mme Septième ou Mme Dernière,

 puis Mme Louise en 1747,

religieuse au Carmel de Saint-Denis

 sous le nom de Sœur Thérèse de Saint-Augustin en 1770,

prieure du Carmel en 1773.

Un billet spécial sera consacré aux enfants du couple royal.

  

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Henri-Nicolas Cousinet


Nécessaire offert par Louis XV
à la reine Marie Leczinska

à l'occasion de la naissance du Dauphin  en 1729-1730

Seize pièces en vermeil, quatre pièces en porcelaine de Chine,

deux pièces en porcelaine du Japon

et quatre pièces en porcelaine de Saxe,

 ébène, bois noirci, palissandre.

Contenu dans un coffre en palissandre,

 le nécessaire comprend une chocolatière

 et son support, un réchaud, un moulin,

un pot à crème, trois boîtes de différentes formes,

une passoire, un entonnoir, une pince à sucre,

 un bougeoir, une sonnette, une petite pince, 

une grande cuiller à chocolat et deux cuillers à café,

le tout en vermeil, un sucrier, une théière

et une paire de gobelets et soucoupes en porcelaine de Chine

 et du Japon, montés en vermeil, une paire de tasses

 et soucoupes en porcelaine de Saxe , un moussoir en ébène.

Presque tous les objets de vermeil portent

 le poinçon de Cousinet, les cuillers à café portent celui de Blain.

Le décor comporte fleurs, roseaux, palmes, feuillage,

 coquillages, motifs rocaille et dauphins.

Sur les pièces les plus grandes se voient

 les traces des armoiries de la reine.

 Le motif des dauphins, en accord avec la date,

 indique que le nécessaire a vraisemblablement

été offert à la reine lors de la naissance

de l'héritier du trône, en 1729.

 A la mort de Marie Leczinska, en 1768,

 le nécessaire échappera au pillage de la Révolution.

 

 

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La Reine délaissée et le temps des épreuves

Les premières maîtresses

 

Ses maternités fatiguèrent la Reine et la feront vieillir précocement.

Elle devint frileuse,

abandonnant peu à peu toute espèce de coquetterie vestimentaire

et se couvrant de fichus, châles, mantelets et camisole douillettes,

 qui lui donnèrent cet air un peu suranné

qu’on lui connaît dans ses portraits.

 Louis XV qui l’avait sincèrement aimée,

 lui restera longtemps fidèle puis la délaissa.

Son manque de séduction et sa santé délicate

jetèrent Louis XV dans les bras de favorites.

Le temps des épreuves commença vers 1739,

 ponctué par les intrigues de l'entourage la politique,

les guerres et surtout, les rivalités odieuses

 des premières maîtresses déclarées...

Elle se résigna, tout au long de son règne,

à supporter ces femmes qui la privèrent de l'affection

de son royal époux.


Son destin de femme bifurqua,

dominé par l'incertitude, la mélancolie,

 les déceptions de la vie et les situations difficiles

(ses jalousies fondées, la turbulence de son fils,

 le départ de ses filles au couvent lointain de Fontevrault,

 l'expédition manquée de son père

 pour retrouver le trône de Pologne, etc...

 Elle ne perdra pas courage et gardera sa dignité,

sans jamais faillir à ses devoirs et obligations de souveraine,

 sans jamais juger celui qui la délaissa

et qu'elle aimera en silence comme au premier jour.

 

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Madame de Pompadour par François Boucher,

1758 - Fogg Art Museum, Harvard University, U.S A


Puis vint la liaison avec Mme de Pompadour,

 intelligente grisette à l'ascension célèbre,

qui fut pour la Reine une période moins pénible.

 Grâce aux adroites suggestions de la favorite,

Louis XV retrouva quelques attentions

pour la pauvre Marie délaissée.

 

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Désormais,

et pour presque une vingtaine d'années,

 sa vie s'équilibra dans un curieux contraste

que les années accentuèrent en l'assombrissant

La "bonne Reine" et La fin des épreuves

La fin de sa vie fut assombrie par le temps des deuils :

 elle perdit d'abord ses deux filles aînées,

 Mme Henriette, sa préférée, en 1752,

puis Mme Infante en 1759,

 son petit-fils, le Duc de Bourgogne,

enlevé tout jeune par une cruelle maladie...

 Elle vit disparaître son ancienne rivale,

devenue Duchesse en 1764,

qui ne lui fit éprouver nulle joie vengeresse

 mais que des mélancoliques réflexions sur la vanitédu monde...

Le destin redoubla encore, avec un deuil qui détermina sa fin :

le plus cruel à son pauvre cœur fut le décès de son fils,

 le Dauphin Louis-Ferdinand.

 Elle avait mis en lui tous ses espoirs,

partageant ses idées, faisant cas d'une haute élévation morale.

 Marie fut au désespoir et atteignit les sources mêmes de sa vie,

d'autant plus qu'elle était seule,

 ayant perdu également sa confidente et amie la plus chère,

Mme de Luynes.

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La disparition tragique de son père en 1766, brûlé vif par accident,

acheva de la meurtrir.

Durant l'automne 1767,

un rhume négligé lui donna de fréquents accès de fièvre

 qui l'affaibliront rapidement.Son état devint préoccupant.

 Le Roi revint à son chevet,

suivant les progrès des langueurs et de la tuberculose.

 Sa pauvre tête elle-même se perdait par instants.

 Louis XV, que la mélancolie accablait,

 fut pour elle plein de sollicitudes :

les deuils récents les unissaient à nouveau.

 Son agonie fut longue,

avec des rémissions spectaculaires.


Terriblement affaiblie, fiévreuse, à demi inconsciente,

Marie Leczinska s'éteignit le 24 juin 1768

 dans la chambre de son appartement de Versailles,

au milieu des siens,

au terme d'une vie émouvante et mouvementée.

 Louis XV était revenu, elle avait été exaucée...


L'émotion fut immense, quand arriva sa dernière heure.

Le peuple pour qui elle s'était tant dévouée la pleura.

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posté par HARMONY, le 4/10/2007 à 17:33 | dans: XVIII ème siècle
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La vraie vie de Casanova

  

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Giacomo Girolamo

 Casanova

  2 avril 1725 à Venisemort -  4 juin 1798 à Dux en Bohême

 Fut un ecclésiastique, intrigant, écrivain, espion

et diplomate vénitien du XVIIIesiècle.

Il usa de pseudonymes et se créa un titre de toute pièce 

: Chevalier de Seingalt.

De lui subsiste une œuvre littéraire versatile,

 mais Casanova est célèbre aujourd'hui comme aventurier et

Surtout comme l'homme qui fit de son nom

 le symbole de la séduction.

 Il savait user aussi bien de charme

que de perfidie pour conquérir ses femmes.

Sa réputation en cela dérive d'une œuvre autobiographique

Histoire de ma vie,

rédigée en français,

 Et considérée comme l'une des plus authentiques sources

à propos des coutumes et de l'étiquette

De la vie sociale de l'Europe du XVIIIe siècle.

Il y mentionne 122 femmes,

Avec lesquelles il aurait eu des relations sexuelles.

 

 

Bien qu'il soit souvent associé à Don Juan comme séducteur,

 il n'en a pas le caractère désintéressé.

 Ce n'est pas un collectionneur qui se détourne de sa conquête

 dès lors qu'elle s'est abandonnée à lui.

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Casanova est un véritable personnage historique,

 et non une légende,

jouisseur et exhubérant,

 Des réussites de sa jeunesse à sa longue déchéance.

Le peintre Francesco Casanova était son frère.

Né de parents comédiens,

 environné de femmes durant l'enfance

(qui jouèrent un rôle premier pour lui

 comme l'évoque cette citation de ses mémoires :

"Rien de tout ce qui existe n'a jamais exercé sur moi

un si fort pouvoir qu'une belle figure de femme,"

Il commence une carrière ecclésiastique

puis entame sa vie d'aventures, exerçant de nombreuses activités

Joueur de violon, joueur professionnel, escroc,

financier, bibliothécaire, etc.

 

 

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  Sillonnant l'Europe du XVIIIe siècle en passant des prisons

aux cours de souverains ;

Cela lui permit lors de la rédaction de ses mémoires

de brosser un portrait de la société pré-révolutionnaire

 En dépeignant tout aussi bien les femmes de chambre

que les ministres les plus en vue,

Offrant ainsi un témoignage de premier plan

 au sujet d'une époque charnière au cours de laquelle

 Il rencontra, entre autres, Voltaire,

Jean-Jacques Rousseau et le pape Clément XIII.

Casanova vivait d'expédients,

 la recherche du plaisir mena son être et pour l'atteindre,

Il ne dédaignait pas de flouer des dupes

 et de se moquer des lois.

 Ses souvenirs étudiés et confrontés aux faits historiques

 par les casanovistes,

passionnés de la matière

 Bien que présentant des inexactitudes quant aux dates,

semblent néanmoins avoir été rédigés

Sous la conduite de la bonne foi.

Cependant, l'auteur a probablement embelli

son personnage et dissimulé,

à l'évidence, d'ombrageuses facettes de son périple,

comme son rôle d'informateur

 pour la République de Venise.

Casanova devint celèbre de son vivant

en s'échappant des Plombs

 surnom donné aux prisons de Venise

 à cause des tuiles de plomb sur les toits

qui laissaient passer le froid en hiver

 et agissaient comme catalyseur des chaleurs de l'été.

Mais l'est resté au titre de ses aventures galantes

 qui occupent une place de choix dans ses mémoires :

 Plus d'une centaine de femmes

 y sont évoquées en tant que « conquêtes » ;

 Selon ce riche Don Juan

 l'homme est fait pour donner, la femme pour recevoir.

 

 

 Ces amours furent à l'origine de bonheurs

 et de malheurs infinis pour l'aventurier qui jugeait que

"Si les plaisirs sont passagers, les peines le sont aussi :"

Ces amours lui permirent de rencontrer l'abbé Bernis,

 futur académicien,

 Ambassadeur de Louis XV à Venise,

 avec qui il partagea durant plusieurs mois les faveurs

 D'une religieuse (désignée par les initiales M.M)

 qu'ils retrouvaient alternativement dans un casin

Sorte de garçonnière cossue 

où lorsque l'un des deux faisait l'amour avec leur maîtresse,

L'autre observait la scène à travers une tapisserie percée

d'une multitude de trous minuscules

 Depuis une pièce cachée dans l'obscurité.

L'abbé de Bernis,

dont le surnom pour les intimes était "Babet",

 rejoignit la France,

 Maria sa nièce avec le fils du Baron Pelet de Salgas,

 envoyé au galère pour sa participation

à La guerre des camisards,

 ce qui lui permit de se faire construire

un joli chateau enchanté

Au bord de la rivière Vèbre,

avec une route pour y parvenir,

qui est le berceau des ancêtres

 De Werner von Braun,

père des voyages intersidéraux.

Suite à ses frasques amoureuses,

 financières et d'opinions,

Casanova aurait dû fuir Venise

comme Monsieur de Bragadin le lui avait proposé.

 

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Casanova inspira de nombreux metteurs en scène 

 

 Mais il refusa et fut incarcéré à la prison des Plombs

 où il resta deux ans . Ni ses puissants soutiens,

Ni son insistance à clamer son innocence,

ne pourront obtenir sa libération.

Mais à force de travail,

De courage, d'ardeur,

avec pour seule pensée

 l'espoir de partir à l'aventure pour toujours,

 Par la grâce et la créativité il parvient

 à s'échapper avec un autre prisonnier ;

C'est l'unique évasion

que l'imperturbable prison des Plombs ait connue.

Le récit en sera rédigé par Casanova lui même

dans ses Mémoires en 1791 avec une précision

Et une connaissance des lieux parfaite.

 Il gagne Paris où Bernis

 Alors devenu un ministre de premier plan du royaume l'appuya ;

l'aventurier y construisit alors une belle fortune

 en lançant une loterie dont le but était de financer

 l'École militaire sans imposer davantage

 les contribuables  le peuple —,

 loterie dont il sut, par d'habiles manœuvres et de l'audace,

s'approprier la paternité et une grande part des bénéfices.

Agent secret,

 une mission d'enquête pour laquelle il fut récompensé

avec générosité lui fut confiée

par la France afin de jauger l'état de ses navires de guerre.

 Imposteur, escroc et manipulateur

(bien qu'il s'en défendît dans ses écrits il interroge :

"quel est l'homme auquel le besoin ne fasse faire des bassesses ?"

il abusa de la crédulité de la riche Madame d'Urfè en lui faisant croire

 qu'il était parfaitement initié aux mystères de la Cabale.

 

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Se présentant comme trop bon cœur pour briser

 la destinée de jeunes femmes méritant beaucoup,

 trop honnête pour se plier à des mascarades amoureuses

pour des raisons financières

 et surtout ne pouvant supporter l'idée de

 se voir enchaîné par de si puissants liens que ceux du mariage

"se marier est une sottise,

 mais lorsqu'un homme le fait à l'époque

où ses forces physiques diminuent, elle devient mortelle."

  Il préféra négliger plusieurs propositions importantes

de convoler en justes noces.

Persuadé que

"pour que le plus délicieux endroit du monde déplaise,

 il suffit qu'on soit condamné à y habiter,"

Casanova parcourut l'Europe tout au long de sa vie,

 de Venise à Paris, Madrid ou Vienne,

 terminant sa vie au château de Dux en Bohême,

 en tant que bibliothécaire écrivain,

 voyant la mort comme

 "un monstre qui chasse du grand théâtre un spectateur attentif,

avant qu'une pièce qui l'intéresse infiniment finisse."

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Les 73 années de son existence contées

 par ce grand libertin regorgent d'aventures,

 d'anecdotes et de détails sur la société d'alors,

cette époque d'éclosion d'idées nouvelles,

ce dans un style littéraire aux tournures

 parfois alambiquées ou sophistiquées d'un précieux

d'un fat même peut-être mais intelligibles,

parfois admirables,

souvent savoureuses comme lorsqu'il écrivit avec simplicité :

"je n'ai jamais dans ma vie fait autre chose

que travailler pour me rendre malade

quand je jouissais de ma santé,

et travailler pour regagner ma santé quand je l'avais perdue."

 

 

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Œuvres

Il a laissé, entre autres ouvrages,

une Histoire de sa captivité,

 Prague, 1788,

 et des Mémoires fort licencieux, rédigés en français

et publiés à Leipzig, 1826-1832, 10 vol.

Ces Mémoires ont été mis à l'Index à Rome.

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  Quelques citations de Giovanni Casanova dans

Histoire de ma vie et de ses mémoires

«L'homme est fait pour donner, la femme pour recevoir.»

«Rien de tout ce qui existe n'a jamais exercé sur moi

un si fort pouvoir qu'une belle figure de femme.»

«Pour que le plus délicieux endroit du monde déplaise,

il suffit qu'on soit condamné à y habiter.»

«Pour juger un homme,

 il faut examiner sa conduite quand il est sain et libre :

 malade ou en prison, il n'est plus le même.»

«Quel est l'homme auquel le besoin ne fasse faire des bassesses

«J'écris pour ne pas m'ennuyer.»

«Qui est celui qui est libre dans cet enfer

qu'on appelle monde ? Personne.»

«Il n'y a point d'endroit sur la terre

où l'observateur ne trouve des extravagances, s'il est étranger.»

«On ne désire pas ce qu'on possède.»

«Si les plaisirs sont passagers,

 les peines le sont aussi.» 

«Les remèdes aux plus grandes maladies

 ne se trouvent pas toujours dans la pharmacie.» 

«Le désespoir tue"

«La modestie n'est une vertu que quand elle est naturelle.»

«Une fille qui, par le peu qu'elle laisse voir à un homme,

 le fait devenir curieux de voir le reste,

 a déjà fait trois quarts du chemin

 qu'il lui faut faire pour le rendre amoureux

«Il n'y a pas de femme au monde

qui puisse résister aux soins assidus

et à toutes les attentions d'un homme

qui veut la rendre amoureuse"

«Ce sont les petits désirs qui rendent un jeune homme hardi.»

«Les Français sont jaloux de leurs maîtresses,

 et jamais de leurs femmes."

«Qu'est-ce donc que l'amour ?

 Une maladie à laquelle l'homme est sujet à tout âge."

«L'homme qui se défend de penser n'apprends jamais rien.»

«Ce qui plaît à l'homme est partout ce qui est défendu.»

«Si le plaisir existe, et si on peut en jouir qu'en vie,

la vie est donc un bonheur.»

«Les femmes n'ont d'autre âge que celui qu'elles montrent.»

«Dans l'examen de la beauté d'une femme,

 la première chose que j'écarte sont les jambes."

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  Mon cher Casanova   lettre d'amour  

de Manon Balletti  

"Ah ! que M. mon frère m'ennuie !

 Il est excédant et l'on ne peut pas être

plus gauche qu'il ne l'est,

 à sa garde ; mais ne parlons pas de lui,

car il m'a cosi mis de mauvaise humeur,

que je ne veux point du tout l'être avec vous.

Je vais répondre exactement à votre dernière lettre.

Vous commencez par m'exagérer beaucoup votre amour,

 je le crois sincère, il me flatte,

 et je ne désire autre chose que de le voir durer toujours.

Durera-t-il ?

Je sais bien que vous allez vous révolter contre mon doute ;

 mais enfin, mon cher ami,

 dépend-il de vous de cesser de m'aimer ?

 ou de m'aimer toujours ?

Mais, passons,

car je crois que ces craintes ne vous plaisent pas beaucoup.

La crainte que vous me marquez sur l'incertitude

 et la réussite de vos projets me flatte,

parce qu'elle me prouve votre amour,

et l'envie que vous auriez de me rendre heureuse en tout point.

Je vous assure que je me le trouverai si

 je puis être à vous

et si vous me conservez toujours cette tendresse

 que vous me devez pour accompagner la mienne.

Mais je ne veux point que vos craintes

 vous fassent me dire de tâcher de vous oublier.

Moi, vous oublier ! moi, cesser de vous aimer,

 quand j'ai osé vous le dire !

 Ah ! vous ne me connaissez pas !

 Si vous saviez les efforts que j'ai faits

pour vaincre le penchant que je me sentais pour vous

quand j'ai commencé à l'apercevoir !

 A présent je puis vous le dire,

puisque heureusement

ou malheureusement  je n'y ai pas réussi.

Mais cela m'a donné bien de la peine inutile.

J'ai commencé par croire que la complaisance

que je m'apercevais avoir pour vous,

n'était qu'une simple amitié, mais des plus simples ;

 je m'amusais avec vous plus qu'avec qui que ce soit,

 mais je me disais :

 «Il est gai, il a de l'esprit, cela n'est pas étonnant» ;

 mais enfin je me trouvais inquiète ;

 quand vous passiez un jour sans venir au logis,

 j'étais triste, sérieuse, et je trouvais qu'en rêvant,

je ne pensais qu'à vous.

 Ah ! j'ai frémi, je me suis aperçue du penchant

 que je prenais pour vous,

 et l'épouvante s'est emparée de moi.

 «Que fais-je ? me disais-je ;

 sur le point d'épouser un homme

 à qui l'on m'a promise,

auquel je me suis aussi promise moi-même,

je vais prendre de l'inclination pour un homme

 que je ne verrai peut-être bientôt plus,

qui ne m'aime pas» ;

 car alors je croyais de bonne foi que vous ne m'aimiez pas ;

 «que deviendrais-je ?

 Que je suis imprudente, ridicule !

 aimer quelqu'un qui n'a que de l'indifférence,

c'est se rendre malheureuse».

 Mais quelquefois je me figurais que vous pourriez

peut-être m'aimer aussi,

 que vous n'osiez me donner des marques de votre amour

 à cause des circonstances

 qui ne vous le permettaient pas.

Les choses sont changées ;

il y a eu un disgracié qui vous a fait tout à fait connaître ;

 je vous ai démasqué

et cela ne vous a pas fait du tort dans mon coeur !

 Puisse cette tendre amitié que nous avons

l'un pour l'autre être heureuse !

Elle peut faire notre bonheur ou notre malheur ;

 quelle dure alternative !

 Il est cosi fâcheux d'aimer !

Mais bonsoir, mon cher ami,

je me meurs de sommeil ; 

ma plume tombe de mes mains,

mes yeux se ferment ;

 mais comme ce n'est point tout cela qui vous écrit,

,je vais toujours ;

 mais il n'y a pas moyen, je dors tout de bon.

Bonsoir, bonsoir, mon bon ami,

 aimez-moi toujours bien.

 Si vous vouliez me rendre bien contente,

 vous brûleriez mes lettres !

 Je rêve que je vous dis que je vous aime !"

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posté par HARMONY, le 5/09/2007 à 08:39 | dans: XVIII ème siècle
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Le chevalier d'Eon

Charles-Geneviève-Louis-Auguste-André-

Thimothée d'Éon de Beaumont

 dit le Chevalier d'Éon

5 octobre 1728 Tonnerre, France, 21 mai 1810, Londres

 

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Il est le fils de Louis d'Éon de Beaumont,

 directeur des domaines du roi,

 et de Françoise de Charanton.  

Il commence ses études à Tonnerre, puis en 1743,

il les poursuit à Paris et obtient un diplôme

en droit civil et en droit canon.  

Il s'inscrit comme avocat au Parlement de Paris.

 Il a 21 ans et publie plusieurs 

 Considérations Historiques et Politiques.

Remarqué par le roi Louis XV,

 il est nommé ceuseur royal pour

l'Histoire et les Belles-Lettres.

 Sollicité, il s'affilie au "Secret du Roi",

 un service de renseignements que dirige le prince de Conti. 

 Il est aussitôt dépêché à la Cour de Russie,

 pour obtenir de la tsarine Élisabeth

une alliance avec la France.

 Il y est dépêché comme secrétaire d'ambassade.

 

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Il racontera plus tard y avoir été « lectrice » de la tsarine

sous le nom de Lya de Beaumont.

Celle-ci perça à jour le déguisement et tenta de consommer,

mais il resta mou et fut traité de fou.

 En fait, le poste n'existe pas à la cour de Russie, 

et l'histoire n'apparait qu'à l'époque où il est en Angleterre.

Il est de nouveau à Saint-Pétersbourg

 comme secrétaire d'ambassade de 1758 à 1760.

 

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 Capitaine des dragons en 1760,

 il quitte l'armée en 1762 pour redevenir agent secret.

 Il est envoyé à Londres en 1762, 10 février 1763.

 Sa grande habileté diplomatique lui vaut de recevoir

une des plus rares distinctions du temps :

l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis.

Parallèlement,

 il est chargé par le Secret du Roi de la composition

d’un plan d’invasion sur la Grande-Bretagne,

plus précisément d'un projet de descente sur l'Angleterre

et le Pays de Galles dont il a reconnu les côtes

 avec le marquis Carlet de la Rozière.

  Il est nommé par la suite ministre plénipotentiaire

de l’ambassade du duc de Nivernois.

 A l’arrivée du nouvel ambassadeur il en devient le secrétaire.

Les deux hommes n’arrivent pas à s’entendre,

le chevalier,  imbu de l’estime du roi,

 accepte difficilement les remarques de son supérieur.

 Lors d’un repas, l’ambassadeur,

 selon le témoignage de la « victime »,

 tente d’empoisonner son secrétaire.

Une guerre ouverte s’installe alors à l’ambassade de France,

 deux camps se forment et une guerre de libelle voit le jour.

 Le conflit est marqué par deux procès

 devant la Cour de sa Majesté Britannique,

 dont le dernier en septembre 1767,

donne raison au chevalier d’Éon.

Sa prétendue folie devait alimenter les arguments

de deux hommes de plume aux ordres de l’ambassadeur.

La rumeur se fit persistante,

 alimentée par l’attitude équivoque,

 non-conformiste du chevalier.

Son changement de sexe n’y est pas non plus étranger.

 De fou, on le prétend hermaphrodite, puis femme.

 Les Britanniques réalisent de nombreuses caricatures

 du chevalier qu'ils baptisent

 

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Épicène d'Éon

 (noms qui sont communs aux deux sexes).

 Ils vont même jusqu'à ouvir des paris sur son sexe .

Ce changement de sexe et ce travestissement

supportent plusieurs interprétations,

 interprétations freudiennes

comme des lectures purement politiques ou stratégiques.

 

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 En 1774,

 Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais est envoyé

 à Londres par le roi de France Louis XVI

pour récupérer auprès du Chevalier d'Éon

la correspondance échangée avec le feu roi Louis XV.

Après maintes péripéties, 

 une transaction de plus de vingt pages

est conclue entre eux deux

 qui stipule notamment la remise intégrale des documents 

 et que la chevalière

ne quittera plus jamais ses vêtements féminins.

 En échange de quoi la rente viagère lui était accordée.

 Les négociations ont duré quatorze mois.  

D'Éon quitta Londres le 13 août 1777

et se présenta à la cour en capitaine de dragons. 

 Une ordonnance fut prise le 27 août 1777

par le roi lui donnant ordre

« de quitter l'uniforme de dragons qu'elle continue à porter

et de reprendre les habits de son sexe

avec défense de paraître dans le royaume

sous d'autres habillements que ceux

convenables aux femmes ».

 

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 Il est exilé à Tonnerre, où il y resta six ans.

Sa brouille avec l'ambassadeur de France

et la mort de Louis XV  le mettent en difficulté. 

Afin d'éviter la bastille,

 il opte définitivement pour le sexe féminin.

 

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Rentré en France,

 il reçoit de Marie-Antoinette

 une garde-robe digne de son nouveau sexe.

 Mais il doit s'exiler à Tonnerre

où les plus grands personnages le visitent.

En novembre 1785, il regagne la Grande-Bretagne

 et perd sa rente.

 Retourné à Londres il y est surpris par la Révolution et ruiné,

 il termine misérablement sa vie en saltimbanque,

recueilli par une dame britannique de son âge, Mrs Cole.


Toujours vêtu de ses robes,

 il s'exhibe dans des duels de foire;  

il meurt en 1810 après avoir passé

49 ans habillé en homme

et 33 ans sous des vêtements féminins.

 

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En effectuant la dernière toilette de la défunte,

on découvrit avec stupéfaction que

 cette vieille dame... était un homme.

 Un chirurgien accompagné de plusieurs membres

 de la Faculté médicale de la Grande-Bretagne déclara

dans un rapport médico-légal, le 23 mai 1810 :

 « Par la présente, je certifie que j'ai examiné

et disséqué le corps du chevalier d'Éon

et que j'ai trouvé sur ce corps les organes mâles

 de la génération parfaitement formés

 sous tous les rapports ».

Le chevalier d'Éon est enterré dans le Middlesex  

Sources Wikipédia et autres

 

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Archives inédites  privées

 concernant le chevalier d’Eon

Les documents que nous avons eu a étudier se présentent

 sous la forme de 6 textes :

(1) - Lettre du 19 août 1825

- Paris -

de M. Auguste Lemaire,

 comme mandataire des héritières

du chevalier d’Eon,

mesdemoiselles Jacquillat de Vaulavré,

 adressée au ministre des affaires étrangères

pour obtenir un acte de décès de mademoiselle

 la chevalière Déon (sic).

(2) - Brouillon d’une lettre

 datée du 25 août 1825

- Paris -

 du ministre des affaires étrangères,

 le baron de Damas,

adressée au baron Ségnier,

 consul de France à Londres -

demandant aux autorités compétentes

de faire le nécessaire pour établir

un certificat de décès

du chevalier d’Eon. Ecriture difficile.

(3) - Lettre du 12 octobre 1825

 - consulat général en Angleterre -

Londres - rédigée par le Baron Ségnier

à l’attention du ministre des affaires étrangères -

évoquant les raisons de son retard

 quant à sa réponse -

et concluant par une anecdote savoureuse

concernant le chevalier d’Eon.

(4) - Lettre du 21 octobre 1825

- consulat général en Angleterre

- Londres -

rédigée par le baron Ségnier à l’attention

du ministre des affaires étrangères

- présentant les différents documents

 qu’il a fait établir

pour prouver le sexe du chevalier d’Eon.

(5) - Attestation justificative

du sexe du chevalier d’Eon

(6) - Brouillon d’une lettre datée

du 29 novembre 1825 - Paris -

du ministre des affaires étrangères ( ?)

adressée à M. Lemaire ( ?) mandataires de

 mesdemoiselles

Jaquillac de Vaulavré -

dressant le bilan des interventions.

La transcription de ces différents documents 

 permet de mieux comprendre

 les différentes phases

qui ont suivi le décès du chevalier d’Eon.

C’est tout d’abord la promulgation

de la Loi du 29 avril 1825 sur les Emigrés,

 c’est à dire 15 ans après le décès

du chevalier d’Eon

 qui est à l’origine de ces différents documents.

Cette loi va permettre aux demoiselles

 Jaquillac de Vaulavré de faire valoir leurs droits

 en tant qu’héritières du chevalier d’Eon

et ainsi enclencher un processus administratif

très riche en renseignements sur

 l’identité véritable du fameux personnage.

Ces démarches sont à mettre à l’actif

d’Auguste Lemaire, mandataire

des Demoiselles Jaquillac de Vaulavré,

demeurant à Belle-Ile en Mer.

 La procédure se passe au plus haut niveau.

Son interlocuteur sera le baron de Damas,

 ministre des affaires étrangères,

qui intervient personnellement

 moins d’une semaine

 après la lettre de M. Lemaire

auprès de son consul à Londres,

 le baron Ségnier,

afin qu’il solutionne rapidement

la demande des héritiers.

Des lettres manquent très certainement,

car les excuses du baron Ségnier

à l’égard de son ministre

 de tutelle semblent indiquer que

ce dernier a été attentif

au dossier et qu’il y a eu relance.

La lettre du 12 octobre 1825

permet au consul de temporiser en envoyant

un premier bilan de ses investigations

et en livrant une anecdote savoureuse

 au baron de Damas.

 La lettre dans son descriptif

des témoins présents

comporte des omissions.

 Le baron Ségnier avance 9 témoins

présents à l’autopsie du corps.

 Nous verrons dans la lettre qui suit,

que ce chiffre est tout à fait approximatif

puisqu’en réalité

 20 personnes vont assister à l’opération.

 On peut considérer cette lettre comme

une lettre de temporisation.

La lettre du 21 octobre

 est la pièce maîtresse de ces documents,

car elle inclut la fameuse attestation

 justificative du sexe

 du chevalier d’Eon et ses témoignages

. Cette lettre nous apprend également

que les pièces originales

touchant à l’autopsie du chevalier d’Eon

se trouvent chez

son exécuteur testamentaire M. Adair.

 C’est à partir de ces documents originaux

que le baron Ségnier emportent au consulat

qu’il fait procéder,

par son vice-consul Nettement,

à leur retranscription.

 Ses appréciations sont autant d’indications sur

 l’authenticité qu’il convient de donner

 à ces pièces :

" La pièce est originale et la déclaration entièrement

 de la main du docteur Copeland

qui a fait la dissection ".

 Et pour souligner toute l’importance

que revêt la démarche,

le consul précise qu’il a fait consigner un double

de ces copies sur les registres de la chancellerie

 afin d’en assurer la pérennité.

 

Venons-en à l’attestation

Ce document se décompose en deux parties :

La reconnaissance du sexe 

Elle est faite le 23 mai 1810,

à l’hôpital Framdling, 26 New Millman street.

La première partie du texte caractérise

 le certificat officiel constatant le sexe

du chevalier d’Eon, outre M.M. Adair,

Wilson et le père Elysée qui assistent

Th. Copeland dans sa dissection du corps,

onze témoins sont aussi dans la salle

et assistent à l’autopsie :

 Sir Sidney Smith,

 the honorable W. H. Littleton,

M. Douglas, The earl of Yarmouth,

 M. Hoskins, sollicitor, M. J. M. Richardson,

 M. King, surgeon,

 M. Burton (alias Bertin), surgeon,

 M. Joseph Berger-Patney,

 Joseph Bramble Jacob Delauney.

Ces onze témoins sont là pour affirmer

 l’authenticité du certificat.  

La reconnaissance de la personne 

Après avoir constaté le sexe,
 cinq autres témoins,
 également présents,
 vont certifier que la personne qu’ils ont devant eux
est bien le chevalier d’Eon et qu’ils l’ont connu
à un moment ou à un autre;
il s’agit de M.M. Degères, de Daustanville,
Behagne,
Bowning et la femme de ce dernier.
 On peut noter que cette reconnaissance
s’inscrit dans le temps,
 avec la déclaration du comte de Béhagne
qui affirme avoir connu Eon en 1757
et Bowning le logeur qui a connu Eon
 il y a trois ans c’est à dire en 1807.
 On peut noter que sont vingt personnes,
qui officiellement ont participé
à l’indentification du chevalier d’Eon.

Les trois textes en Anglais,

vont faire l’objet d’une traduction

par le vice-consul,

 afin d’éviter toute erreur d’interprétation.

Enfin, une dernière lettre adressée par le ministre,

selon toute vraisemblance à Aug. Lemaire,

mandataire des héritières du chevalier d’Eon,

 dresse le bilan des interventions.

 

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Sur le fonds,

 ces documents appellent quelques remarques :

C’est à la demande des autorités Anglaises

que l’autopsie du corps du chevalier d’Eon

a été effectuée;

 la question qui demeure est de savoir pourquoi ?

Est-ce la conséquence d’une interaction

politico-amoureuse

que l’on a bien voulu prêter au chevalier d’Eon

avec Sophie-Charlotte de Mecklembourg ?

Sont-ce les paris insensés qui étaient pris

 dans toute l’Angleterre

quant à son véritable sexe ?

Voilà encore de quoi

alimenter bien des hypothèses.

Tout juste pouvons-nous constater à travers une lettre

 que le ministre de l’intérieur faisait suivre quotidiennement

le chevalier d’Eon : 

" Le ministre Anglais curieux de reconnaître

 quel étoit réellement son sexe, 

le faisoit suivre et surveiller

dans ses moindres actions ".

Cette attention particulière montre que

 le chevalier d’Eon représentait un enjeu national,

 lequel ?

La qualité des témoins, leur nombre,

 montrent que c’est au plus haut niveau

que l’on se préoccupe du problème.

Côté Français,

c’est également au plus haut niveau

que les interventions se font,

et c’est avec diligence que le ministre intervient

auprès de son consul à Londres.

 Ce qui peut également frapper le lecteur,

c’est l’obsession constante

des autorités Françaises

 à bien affirmer le sexe du chevalier d’Eon.

A la simple demande d’un extrait mortuaire de M. Lemaire,

 le ministre ajoute à l’attention de son consul :

" il serait nécessaire (texte raturé) d’obtenir également

un papier certifié du procès-verbal

 que je vous ferais remettre avec d’autres documents

 dûment légalisés ainsi que [l’extrait] nécessaire "

Et le consul y va de son couplet en déclarant :

 " Comme cette déclaration a de l’importance

sous différents point de vue,

 je l’ai enregistrée in extensum dans les livre

s de la chancellerie,

 de manière qu’on pourra en tout temps

y venir vérifier le fait dans le cas

où l’original viendrait à se perdre ".

Force est de constater que le pouvoir politique

 est très attentif à ces démarches administratives

et qu’il semble très soucieux de faire établir des actes

qui ne souffrent aucune contestation,

c’est la lettre du ministre à Lemaire( ?) :

Comme il m’avait paru que la production de cette pièce

 ne suffirait probablement pas pour lever les difficultés

 que le mystère qui a accompagné l’existence

 du chevalier d’Eon,

 susciterait notamment aux héritiers lors de la liquidation

 de leurs réclamations,

j’ai cru devoir faire accompagner l’expédition de son acte

 de décès, d’une copie du procès-verbal dressée

posté par HARMONY, le 15/08/2007 à 10:57 | dans: XVIII ème siècle
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De Marie Jeanne Bécu à la comtesse du Barry

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   Madame du Barry par

 Elisabeth Louise Vigée-Lebrun, 1782,

William A. Clark Collection

  

Marie Jeanne Bécu

19 août 1743 - 8 décembre 1793

est une courtisane qui devint la maîtresse de

 Louis XV de France

et fut titrée

comtesse du Barry.

 

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Sa vie

Jeanne Bécu

 est née à Vaucouleurs dans la Meuse, en Lorraine.

 Elle est la fille d’Anne Bécu, couturière,

et de frère Ange

(Jean-Jacques ou Jean-Baptiste de Vaubernier),

 moine du couvent de Picpus à Paris.

Elle bénéficie d’une excellente éducation

 chez les dames de Sainte-Maure à partir de 1753

 grâce à Nicolas Rançon,

 un fournisseur aux vivres de l’armée

que sa mère a épousé en 1749.

 

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 Elle en sort en 1758 et devient élève perruquier à Paris,

puis femme de chambre

dans une famille de fermiers généraux,

ce qui lui permet d’observer

 les personnalités des hautes sphères de la société.

 Elle est ensuite vendeuse dans une boutique de mode

 alors très en vue à Paris,

La Toilette  

Jean du Barry, proxénète de haut vol,

 la remarque alors qu’elle a 19 ans.

Il en fait sa maîtresse,

 elle dirige la maison de jeu qu'il possède à Paris

 

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Maison de la Gourdan, "fréquentée" par Jeanne Bécu

 

 et devient une prostituée de luxe sous différents noms,

 notamment Mlle Langes.

 

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Lors d’un dîner,

 Jean du Barry fait l’éloge de la jeune femme

 à un valet du roi.

 Louis XV désire alors la rencontrer en 1768,

 Jean du Barry et Richelieu avaient sans doute

 le projet d’en faire la maîtresse du roi

pour qu’elle l’incite à renvoyer Choiseul, 

leur vieil ennemi.

 C’est ainsi que le roi rencontre

une ravissante jeune femme

 dont la personnalité a été affinée

par des cours de philosophie, de littérature etc.

 avec les meilleurs maîtres.

Jeanne Bécu fait son entrée à la cour parmi

une assistance exclusivement masculine.  

 En effet,

les dames de la cour ont refusé de venir saluer

cette courtisane de basse souche.

 Seule sa marraine,

 l’antique et vénale Mme de Béarn sera présente.

L’arrivée de Jeanne Bécu à Versailles

 a été orchestrée avec soin.

 

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Le vieux roi, Louis XV,

 amateur de jolies femmes est frappé par sa beauté,

 il tombe sous son charme à la première rencontre

 et avec la complicité de Le Bel,

 premier valet de chambre du roi,

 Jeanne se retrouve très vite

dans les appartements privés du monarque.

 

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Mais voila, il lui faut un nom et un titre.

 Qu’à cela ne tienne, Jean du Barry étant marié,

on procédera à un mariage blanc avec son frère

 Guillaume du Barry ( qui vit à Toulouse).

 Le 1er septembre 1768 

La comtesse du Barry est née !

elle devient officiellement Madame du Barry,

titre qu’elle utilisait déjà en toute illégalité.

Elle est présentée à la cour en avril 176

La comtesse du Barry

 est loin de faire l’unanimité à la cour.

 Les libertins mettent en doute son titre de comtesse,

les dévots curieusement la soutiennent

très certainement par esprit de contradiction.

 Le duc de Choiseul en tête,

 les bonnes âmes hypocrites

 se sont chargées de lui donner

une image outrancière.

Jusqu’à la mort de Louis XV,

elle aura la réputation de fille publique, 

vulgaire et débauchée.

 Elle supportera tout,

sans chercher à se venger,

 sans chercher la puissance.

 Elle restera avec le roi,

 l’entourant de chaleur et de gentillesse.

 

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Jeanne ne cherche pas à jouer de rôle politique ;

 elle égaie le roi

en digne remplaçante de la Pompadour.

 Elle bénéficie d’une rente mirifique

et reçoit des bijoux somptueux et des domaines de : 

 Louveciennes,

non loin de Marly-le-Roi, et Saint-Vrain.

Elle s’efforce d’être agréable à tous,

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et Voltaire

à qui elle a envoyé deux baisers par la poste,

 lui envoie ce célèbre quatrain par retour de courrier :

Quoi, deux baisers sur la fin de la vie !
Quel passeport vous daignez m’envoyer !
Deux, c’est trop d’un, adorable Égérie,
Je serai mort de plaisir au premier.

 

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Cependant Choiseul affiche franchement son hostilité

vis-à-vis de la nouvelle favorite.

 Il laisse diffuser (il tient la Surintendance des postes)

ou suscite à son sujet des chansons grivoises

et même des libelles pornographiques

L’Apprentissage d’une fille de modes,

ou L’Apothéose du roi Pétaud.

 

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 Elle se rapproche alors du parti dévot.

Mais Choiseul parait intouchable.

C’est lui qui a conclu le mariage

du nouveau dauphin Louis  et de Marie-Antoinette.

Cette dernière lui voue une haine profonde

depuis qu’elle connaît la nature

de sa relation avec le roi.

 En 1771, au sommet de sa faveur,

Jeanne obtient le renvoi de Choiseul

et le fait remplacer par le duc d’Aiguillon,

 ce qui accroît le sentiment de haine

de Marie-Antoinette à son égard.

 Elle reçoit aussi l’honneur d’organiser

le mariage du comte de Provence

avec la princesse de Savoie.

 

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Lorsque le roi comprend

qu’il est atteint de la petite vérole, 

il envoie Jeanne à l’abbaye de Pont-aux-Dames,

 où elle vit dans une grande piété.

 Elle en sort deux ans plus tard,

 en octobre 1776

et s’installe définitivement à Louveciennes.

 Elle y mène une vie paisible,

 et presque conjugale  puisqu'elle aura

 deux longues liaisons sincèrement amoureuses. 

      

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En 1789, 

elle soigne indifféremment blessés

républicains et royalistes

lors des premiers troubles de la Révolution.

 A cette occasion,

 elle recevra une lettre de sa vieille ennemie

 Marie-Antoinette,

la remerciant d'avoir soigné des partisans royalistes.

 Son passé la rend suspecte

 aux yeux des républicains

mais elle approuve publiquement

 les changements politiques

sans que l'on sache si elle est sincère

et elle n'est guère inquiétée.

 Cependant, lors de son séjour à Londres,

 apprenant la mort de Louis XVI,

elle portera le deuil, fait qui ne manque pas

 d'être relevé par les espions républicains. 


         
        

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En 1791, on lui vole des bijoux.

 Sans probablement se rendre compte du danger

que cela lui fait courir,

elle remue ciel et terre pour les retrouver,

 ordonnant l’ouverture d’une enquête,

 promettant des récompenses,

et étalant ainsi imprudemment

 son immense fortune.

 On retrouve ses bijoux à Londres

 et elle fait plusieurs voyages

dans cette ville réputée

pour héberger des expatriés de la révolution.

Sa fortune,

ses liens supposés avec les émigrés,

 son ancienne condition de maîtresse royale

en font

 une cible parfaite pour les révolutionnaires.

 Elle devient vite suspecte, 

est déclarée ennemie de la révolution

 après un long procès prédéterminé,

 et guillotinée le 8 décembre 1793

 après avoir,

dans l’espoir d’obtenir sa grâce,

révélé au bourreau où étaient cachés ses derniers bijoux.

 Ses derniers mots au bourreau furent

 « De grâce, monsieur le bourreau,

 encore un petit moment. ».

               

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Anecdotes

 

Le surnom de Mme du Barry pour son royal amant était

« La France ».

On raconte qu’un jour, le roi,

 qui ne dédaignait pas préparer à l’occasion son café lui-même,

le laissa un jour « s’envoler »,

 s’attirant cette apostrophe de Mme du Barry  :

« Hé, La France ! Ton café fout le camp ! ».

 Un autre jour,

après avoir perdu une grosse somme d'argent aux jeux,

 on lui attribuera ce juron qui lui va comme un gant :

« Je suis frite ! »,

 et à un homme de la cour de lui répondre

« Vous devez vous y connaître Madame ».

 

"Nous étions bien loin du raffinement

de Madame de Pompadour".

Harmony

 

Marie-Antoinette, qui ne l'appréciait guère,

 écrira à sa mère Marie-Thérèse d'Autriche :

 « C'est la plus sotte

et impertinente créature qui soit imaginable ».

Plus tard,

ayant reçu le conseil de sa mère d'être un peu plus souple

 avec Madame du Barry,

elle lancera du bout des lèvres à la favorite :

 « Il y a bien du monde aujourd'hui à Versailles ».

 

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"Madame du Barry

était une des plus jolies femmes de la cour,

 où il y en avait tant,

 et certainemnt la plus séduisante par

 les perfections de toute sa personne.

 Ses cheveux qu'elle portait souvent sans poudre,

 étaient du plus beau blond

et elle en avait une profusion à ne plus savoir que faire.

 Ses yeux bleus bien ouverts

avaient un regard caressant et franc.

 Ell avait le nez mignon,

une bouche toute petite

et une peau d'une blancheur éclatante.."

(M. de Belleval)

 

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posté par HARMONY, le 15/08/2007 à 10:16 | dans: XVIII ème siècle
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