Perles & Co : perles, accessoires & schèmas
Envie de vous parler d'Histoire, de la Grande comme de la petite
Rodolph de Habsbourg et le drame de Mayerling


 

Qui était Rodolphe de Habsbourg

 (1858-1889)

TinyPic image

 

  Archiduc d'Autriche et prince héritier de l'empire austro-hongrois,

 fils unique de l'empereur François-Joseph

 et de l'impératrice Élisabeth de Wittelsbach. 

L'enfance du prince n'est pas très heureuse,

 tiraillé entre sa grand-mère,

 l'impératrice-mère Sophie décidée

à faire élever l'héritier du trône durement,

"à l'ancienne",

 comme l'avait été François-Joseph,

 et sa mère, Sissi, aux idées très libérales.

Peu d'amour "exprimé" de la part de tous.

Il est brillant et intelligent mais sujet à des sautes d'humeurs,

 (comme sa mère et son oncle Louis II de Bavière.) 

 Après cette enfance troublée,

marquée par une violente et brutale éducation militaire qui fut suivi,

 à compter de 1865, par un intense programme intellectuel.

Malheureux prince
 TinyPic image
 

Marié sans amour à une princesse fade et trop jeune,

 il collectionne les maîtresses et fréquente les lupanars,

 ce qui lui vaut de contracter une maladie vénérienne grave.

 Dès l'adolescence il affiche des idées libérales

 qui se renforceront à l'âge adulte

et qui inquiètent son père, le gouvernement, l'église

 et l'aristocratie autrichienne.François-Josep est un autocrate

qui n'imagine pas que l'on puise libéraliser l'Empire qui,

pour lui, est et doit rester immuable.

Très vite il va se heurter à son héritier dont il redoute les idées

 et ne lui confie que des tâches de représentation

sans vouloir l'associer aux affaires du gouvernement,

ce dont celui-ci s'offusque.

 La Prusse, voisine, 

s'inquiéte aussi du libéralisme,

qui pourrait être contagieux,

 du futur sucesseur de François-Joseph.

Son mariage  

TinyPic image

 

En 1881, Rodolphe épouse Stéphanie de Saxe-Cobourg-Gotha,

 fille du roi des Belges et soeur de la femme de Philippe de Cobourg,

 son ami intime, qui devient ainsi son beau-frère.

 De cette union naquit une fille Elisabeth,

 Rodolphe vécut par la suite une vie décousue

ponctuée par ses infidélités notoires,

son usage abusif de drogues suite à une maladie contractée en 1886

 et ses relations tendues aves ses parents.

Rodolphe n'avait accepter ce mariage

 que par conscience de ses devoirs envers l'Autriche.

 Il avait déjà au moins une maîtresse en titre, la danseuse Mizzi Caspar,

 qui était encore avec lui en 1889.

 Marié sans amour à Sophie qui n'était ni très intelligente, ni artiste,

 mais d'humeur assez acariâtre, d'où de fréquentes disputes,

Rodolphe conservera toute sa vie, malgré ses infidélités,

une grande tendresse par sa femme, comme ses lettres en témoignent.  



Rodolphe et ses idées politiques

L'archiduc Rodolphe (31 ans) était le seul garçon du couple

et l'héritier de la couronne des Habsbourg.

Tenu à l'écart des affaires par son père, Rodolphe se pique de libéralisme.

Il commet des articles anonymes dans un journal de l'opposition

et se prend à espérer une évolution de l'empire austro-hongrois

vers davantage de démocratie et de fédéralisme.

Proche de Georges Clemenceau,

il est favorable à un rapprochement avec la France.

Ses prises de position lui valent de violentes disputes avec son père.

 Celui-ci ne l'en aime pas moins mais souhaite maintenir son pays

 dans l'alliance avec l'Allemagne de Guillaume II.

Prématurément vieilli par la maladie,

l'interdiction qui lui est faite de divorcer

et la crainte de ne pouvoir avoir de fils,

Rodolphe songe au suicide.

Craignant de ne pas y arriver seul,

 il convainc une jeune maîtresse Mary Vetsera,

 de l'accompagner dans la mort. Marie Vetsera,

 belle et frivole jeune fille d'à peine 18 ans, 

 n'a été présentée à Rodolphe qu'en Novembre 1888

et "n'entre dans sa vie privée"

 probablement pas avant la mi-Janvier 1889...

S'il y a drame d'amour,

comme la version couramment admise le laisse supposer,

il s'écoule vraiment très peu de temps entre la rencontre et la mort!

Les protagonistes du drame  

TinyPic image    

La baronne Marie Vetsera

 née le 19 Mars 1871 à Vienne. 

TinyPic image  

Elle est la fille du baron Albin Vetsera,

administrateur des biens du sultan de Constantinople

et de Hélène Baltazzi.

Les frères d'Hélène Vetsera sont des familiers de la Cour,

 puisqu'ils montent à cheval en compagnie de l'impératrice Sissi.  

Le pavillon de Mayerling 

 

 

Mayerling est un pavillon dépendant du monastère cistercien ;

 construit autour du XIVème siècle.

 L'archiduc en fait l'acquisition en 1887

 et le transforme en pavillon de chasse,

 tout en conservant la chapelle.

Il se compose alors d'une grande bâtisse trapue,

rectangulaire, à un étage ainsi qu'une aile basse destinée

 au logement du personnel de service, un chenil,

des écuries, des communs.  

  LE DRAME DE MAYERLING

30 Janvier 1889, 8h30

 Découverte du corps ensanglanté

 (une balle a emporté la partie supérieure du crâne)

de l'archiduc Rodolphe,

héritier du trône de l'Empire austo-hongrois

et de sa maîtresse,

 la jeune baronne Marie Vetsera.

Ce drame a donné lieu à diverses hypothèses,

mais la version la plus couramment admise reste celle du suicide.

Selon la version officielle,

c'est l'un des familiers de Rodolphe,

le valet Loschek,

 qui découvre les deux corps,

celui de Rodolphe et de sa maîtresse,

allongés côte à côte sur un lit

(la position exacte des corps sera vite

l'objet de versions contradictoires).  

Faute d'étude sérieuse de la scène du crime,

 faute de l'habituel rapport de police en cas de crimes

 (si laconique et imprécis soit-il),

les criminologues en sont,

 encore aujourd'hui,

réduits aux hypothèses et encore aujourd'hui,

 le mystère reste entier.

30 janvier 1889

 

 Au palais de Schönbrunn

 

TinyPic image

 

 Près de Vienne, l'impératrice Élisabeth (Sissi), 

apprend que son fils Rodolphe s'est tué dans la nuit à Mayerling.

   

TinyPic image

 Elle doit annoncer la tragique nouvelle à son mari,

François-Joseph 1er    

François-Joseph fait l'impossible pour tenter de cacher

 la présence de Mary Vetsera aux côtés de son fils.

 Et la thèse officielle parle de

 « crise cardiaque » ou d' « apoplexie » .

 Ce qui fait rire tout Vienne,

 d'autant plus qu'Elisabeth répand autour d'elle

 la thèse de l'empoisonnement.

 L'opinion publique a du mal à croire cette version de la mort

 d'un jeune prince de 30 ans..


très vite les rumeurs au sujet d'une mort violente avaient circulé.

Le 1er Février le gouvernement impérial

 faisait paraître la dépêche suivante :

"Son Altesse Impériale et Royale a été trouvée inanimée dans le lit,

après que la porte eut été enfoncée.

Mais le Dr. Wiederhoher trouva après examen qu'il y avait

 une énorme blessure avec arrachement,

sur une large surface, du cuir chevelu et des os du défunt,

 et que cette blessure devait avoir entraîné la mort immédiate.


Cette blessure aurait été provoquée par un coup de fusil...


La position de l'arme ne permet pas de douter que

 l'archiduc se soit donné lui-même la mort."

A ce moment il n'est pas encore question d'une autre mort,

celle de la jeune baronne Marie Vetsera,

 retrouvée elle ausi morte, quasi nue,

 dans le même lit avec aussi

une balle dans la tête...

 Mais l'histoire finira par s'ébruiter et on construira alors

 l'hypothèse (romantique) d'un double suicide par amour.

C'est cette version qui est actuellement

communément admise par une majorité d'historiens.


Mais est-ce la seule ?

 Dès le début on parla aussi d'assassinat.

Rodolphe et Marie vivent un amour fou,

 impossible à officialiser car le prince est marié, et,

d'autre part Marie est de trop petite noblesse,

une union est inenvisageable.

Que Rodolphe avait appris une ancienne liaison de son père

avec la mère de Marie et que cette dernière était sa demi-soeur,

d'où leur décision de suicide devant ce présumé inceste ...

 on affirmera, en se basant sur l'interprétation de quelques écrits

et de propos rapportés,

 que le prince avait des tendances suicidaires

et qu'il n'aurait pas envisagé alors

d'autre solution que ce suicide en couple.

Les lettres qu'il aurait écrites, expliquant son geste,

quelque temps avant ou la nuit du drame ont malencontreusement disparu...

On affirmera aussi, sans preuve : 

 Que Rodolphe avait comploté pour s'attribuer


au moins le trône de Hongrie au détriment de son père

 avec lequel il avait de fréquents différents et que,

 se voyant découvert, il ne lui restait plus que le suicide.

( vie débauchée, alcool, drogue, maladie,...)

n'est impossible,subsiste encore.

 mais aucun non plus n'est certain ! 

 Hypothèses

" suicide "

La version du meurtre suivi d'un suicide

Cette version fut, pendant des décennies,

 la version officielle du drame,

propagée par l'entourage de la famille impériale.

Prématurément vieilli par la syphilis,

atteint de troubles nerveux (Psychose maniaco-dépressive?),

aggravés par l'interdiction de divorcer et sa stérilité,

 Rodolphe songeait de plus en plus souvent, au suicide.

Craignant de ne pouvoir y arriver seul,

il aurait convaincu Mary Vetsera de l'accompagner dans la mort.

Il la tue d'un coup de pistolet avant de se tirer lui-même une balle dans la tête.

Pour préserver l'image de la dynastie,

 François-Joseph fera l'impossible pour obtenir du pape Léon XIII

que son fils soit inhumé chrétiennement dans la crypte impériale

 du couvent des Capucins,

 et non à l'écart comme l'église l'impose de tous les suicidés

(la rumeur du suicide se propagera cependant jusqu'à Rome

où le cardinal Rampolla,

Secrétaire d'État de Léon XIII,

tentera sur ce fondement de s'opposer

aux obsèques religieuses de l'archiduc).

De même,

Francois-Joseph tentera-t-il de cacher

les circonstances exactes du décès

 (notamment la présence de Mary Vetsera).

Ces dissimulations vont vite alimenter les rumeurs

sur l'hypothèse d'un double meurtre politique,

passionnel ou même crapuleux.  

La version du double meurtre

Dès les premiers jours,

 l'hypothèse se fait jour selon laquelle le drame participe

 d'un double meurtre commis par des services secrets. 

Cette version a été longtemps regardée avec suspicion,

dans la mesure où elle était contredite

 par les annonces officielles de la Cour d'Autriche.

 Dès les premiers jours, cependant,

plusieurs éléments venaient jeter le doute sur la réalité d'un double suicide

 et accréditaient l'hypothèse d'un assassinat :

 Plusieurs témoins ont en effet attesté que :

le corps de Rodolphe montrait des signes

d'une confrontation violente avant sa mort.

Des lacérations avaient été découvertes sur plusieurs parties du corps.

Ses mains très abimées, montraient des signes de lutte

 (contrairement aux usages, l'archiduc sera inhumé,

ses mains revêtues de gants noirs).

Selon le témoignage de l'archiduchesse Gisèle,

 sœur ainée de Rodolphe,

les poignets de l'archiduc avaient été sectionnés.

Une fenêtre de la chambre avait été défoncée de l'extérieur.

Le mobilier de la chambre était renversé et fracassé,

 de larges flaques de sang répandues sur le sol

 (témoignage du menuisier Frédéric Wolff).

Le crâne de l'archiduc était enfoncé,

témoignage de l'archiduchesse Marie-Thérèse,

 tante de Rodolphe.

 D'autres éléments confortent cette thèse :

Le 9 février 1889, soit deux mois après les faits,

dans une missive envoyée à Berlin,

l'ambassadeur allemand à Vienne,

 rapporte une conversation avec le Nonce apostolique,

Monsignor Luigi Galimberti,

et l'aumônier de la cour des Habsbourg,

 Monsignor Lorenz Mayer.

« Les deux prélats,

généralement bien informés ont exprimé leurs doutes les plus sérieux

 au sujet de la version officielle des événements de Mayerling

(le double suicide). »

Le Premier ministre britannique,

Lord Salisbury, informera rapidement la Reine Victoria

que les services de renseignements britanniques détenaient

la preuve d'un double assassinat.

Le revolver employé pour tuer Rodolphe n'était pas celui possédé

 par le prince impérial, et chacune des six balles en avait été tirée.

En 1959, des spécialistes autrichiens de la conservation funèbre,

 accompagnés d'un docteur et d'un membre de la famille de Mary Vetsera,

 ont examiné les restes de celle-ci.

Ils découvrirent alors un élément surprenant :

 le corps de la jeune femme ne présentait

 aucune trace de mort par arme à feu

 mais un énorme traumatisme crânien.

 De toute évidence,

ce traumatisme pouvait avoir été provoqué par un objet lourd

et contondant (brique, canne plombée, chenet, marteau...)

 ou par un outil de jardinage, mais pas par une balle.

Pour vérification,

les restes supposés de la baronne furent ensuite transportés

et pleinement examinés à

 « l'institut médico-légal viennois »

 où ils furent formellement identifiés comme tels.

 Curieusement,

 cette macabre découverte, post mortem,

 fut ignorée des

 « milieux habituellement bien informés »

Bref, cette hypothèse,

avancée avec peine des lustres plus tard (en 1959)

 et même pas retenue par

"les milieux habituellement bien informés",

ne prouve donc rien du tout.  

Affirmations de la dernière Impératrice d'Autriche 

La version du meurtre a été officiellement avancée en 1983

 par l'Impératrice Zita, veuve de l'Empereur Charles Ier.


Selon l'impératrice Zita donc,

 l'archiduc aurait été assassiné car il aurait refusé de participer

à un complot contre son père,

complot qui visait à détrôner François-Joseph

 et à le remplacer,

sur le trône de Hongrie par Rodolphe

 et sur le trône d'Autriche par l'archiduc Jean Salvator de Toscane ;

 Rodolphe aurait été informé de certains éléments relatifs

 à ce complot et aurait été assassiné,

 afin que les instigateurs ne soient pas inquiétés.

 L'Impératrice Zita ne fournit aucun élément

permettant d'identifier ces instigateurs.

Cette thèse exclut l'idée d'un assassinat commandité

par François-Joseph, souvent évoquée mais l'impératrice

 Zita pense que cette idée n'a pas à être retenue.

 

TinyPic image

 Le 1er Février, Marie Vestera avait été enterrée,

 quasi clandestinement, dans un petit cimetière proche de Mayerling

 

TinyPic image

 

Le 5 Février 1889, il fut inhumé dans le tombeau des Hasbourg,

 dans l'église des Capucins, à Vienne.
 

 

 

 

 

 

posté par HARMONY, le 7/02/2008 à 16:00 | dans: XIXe siècle
Lien de l'article | Commentaires (0) | Laisser un commentaire | Envoyer cet article
de fils d'Hortense de Beauharnais à Napoléon III

TinyPic image

 
 
Les 4 Napoléon
 
 Napoléon III
 
20 avril1808 - 9 janvier 1873
 
Charles Louis Napoléon Bonaparte,
 
 

Le mercredi 20 avril 1808, à une heure du matin,

 dans l'hôtel particulier de sa mère,

 8, rue Cerruti à Paris, il naît avant terme

. (19 jours, s'il a été conçu à Toulouse le 12 août 1807 ?)

 

TinyPic image

Sa mère, Hortense, peinte par Gérard

S'il faut en croire sa mère, un trajet en voiture

et l'émotion éprouvée à un spectacle de sauts périlleux en seraient la cause.

 L'accouchement a été difficile.

 L'enfant est petit et si faible qu'il faut lui donner des bains de vin

et l'envelopper dans du coton.

 

TinyPic image

Louis Bonaparte

Le futur Napoléon III,

 est le neveu de Napoléon Ier et le troisième fils de Louis Bonaparte 

et de Hortense de Beauharnais

elle même née du premier mariage de l'impératrice Joséphine.

Baptême

Il a lieu le en novembre 1810, deux ans plus tard,

  en raison des expéditions militaires de Napoléon Ier hors de France.

 La cérémonie se déroule dans la chapelle du Palais de Fontainebleau 

où officie le cardinal Joseph Fesch, oncle de l'Empereur, 

grand aumônier de l'Empire.

 La nouvelle impératrice, Marie Louise de Habsbourg est marraine.

 Rumeurs sur la naissance adultérine de Napoléon III

Le roi de Hollande, Louis Bonaparte, d'une jalousie maladive,

 a lui-même déclaré que le prince Louis-Napoléon n'était pas de lui

et a rompu avec sa femme, Hortense de Beuharnais,

après la naissance de l'enfant en 1808.  

Il est certain que le couple était désuni.

 L'Empereur Napoléon Ier est passé pour être le père

du premier fils d'Hortense

  (Napoléon-Charles, 1803-1807)

  c'est pour cette raison que Louis a refusé en 1804 

que Napoléon-Charles soit adopté par l'Empereur.

  Hortense n'a pas admis la naissance adultérine de Louis-Napoléon,

TinyPic image

alors qu'elle a avoué celle du futur duc de Morny

(demi-frère du futur empereur), fils du comte de Flahaut.

Selon d'autres sources

 Napoléon III ressemblait beaucoup au roi Louis

 ainsi qu'au comte de Castelvecchio....

Jeunesse en exil (1814-1832)

La fille d'une femme de chambre de la reine Hortense,

 Hortense Lacroix (1809-1875),

qui devait épouser le peintre Sébastien Corner

et qui sera très dévouée à Napoléon III,

décrit l'enfant dans ses premières années comme

"aimant, caressant et généreux",

 mais aussi

"paresseux d'intelligence à faire perdre la tête".

 La lectrice de la reine Hortense,  Mlle Cochelet,

 lui trouve un

 "caractère doux, timide, renfermé, parlant peu".

 Le mercredi 30 mars 1814, Hortense quitte Paris,

 avec ses fils, l'aîné, Napoléon-Louis (né en 1804)

qui décédera en 1831, en Italie,

 lors de l'insurrection des Romagnes, 

et le futur Napoléon III.

 Une ordonnance de Louis XVIII du 30 mai

 lui a donné le titre de duchesse de Saint-Leu,

 elle revient à Paris.

 Mais s'étant ralliée à Napoléon après le retour de l'île d'Elbe,

 le 17 juillet 1815, elle est obligée par le général prussien, 

 commandant en chef des troupes alliées dans Paris,

 de quitter Paris dans les deux heures et la France dans les deux jours. 

 Réfugiée en Suisse, Hortense achète,

 au début de 1817, le domaine d'Arenenberg,

sur les rives du lac de Constance.

Pour l'éducation de son fils Louis-Napoléon,

 Hortense a emmené en exil le premier précepteur

 qu'elle a donné à son fils l'abbé Bertrand, 

qui se révèlera inadapté à sa tâche.

 Elle le remplace par un ancien officier des armées impériales,

le capitaine d'artillerie Narcisse Vicillard

qui inculque à son élève des goûts militaires. 

 Lui succèdera Philippe Le Bas,

le fils d'un ancien conventionnel, député du Pas-de-Calais.

Celui-ci décrit son élève qui a 12 ans mais n'est encore qu'en 7e

 et manque des notions les plus élémentaires comme ayant

 l'esprit paresseux et distrait,

"bon, sensible, aimant, mais léger, dissipé, étourdi".

Hortense raconte à son fils les hauts faits de l'Empire.

A Pâques 1821, Louis-Napoléon entre en 6e

 au

 "gymnase humanistique"

 d'Augsbourg, en Bavière,

  à quelques cent kilomètres d'Arenenberg,

 en qualité d'externe.

 Il loge, avec son précepteur, dans une petite maison,

 l'hôtel Waldeck.

Ses professeurs le notent comme un élève

"plein de qualité de cour, de bonté, de douceur, de prévenance,

mais manquant complètement d'assiduité,

 dépourvu de tout goût pour l'étude".

 Il manifeste quelque intérêt pour l'histoire

 et aussi pour la Physique et la Chimie.

  Il fait des progrès ; après avoir été 54e sur 84,

il est 50e, puis 24e ; il n'ira pas au-delà. 

 Il se perfectionne en allemand, qu'il parlera couramment  

(tandis qu'en français, il gardera une pointe d'accent ).

 A partir de 1823

 il passera les hivers à Rome avec sa mère.

 En juillet 1827

 Hortense décide de se passer des services de Le Bas. 

En Italie, Louis-Napoléon parle l'italien aussi bien que l'allemand,

plus couramment que le français. 

Il s'émeut de l'occupation autrichienne

et partage les aspirations des Italiens à l'indépendance.

Etant allé voir son frère Napoléon-Louis à Florence, 

 il s'engage à sa suite dans la société secrète des "carbonari".

Le 1er décembre 1829,

 il est expulsé et reconduit à la frontière des Etats Ponitifcaux.

 En 1830

 il entre à l'école militaire suisse de Choune (artillerie et génie).

 Au début de février 1831,

 les Romagnes s'étant soulevés contre l'autorité pontificale,

 il rejoint avec son frère aîné les insurgés, 

 mais celui-ci meurt de la rougeole à Forli le 1er mars 1831. 

Hortense qui est accourue parvient à sauver Louis-Napoléon

et l'emmène à Paris,

mais Louis-Philippe ne leur permet pas de séjourner dans la capitale.

  Ils partent le 10 mai pour l'Angleterre.

 Le 20 août, ils rentrent à Arenenberg.

A cette époque, trois éléments se dégagent de Louis-Napoléon : 

 une admiration constante et croissante pour le personnage

et les idées de Napoléon :

 une sensibilité vis-à-vis des malheureux 

et une faiblesse pour la société des femmes, 

à commencer par sa mère à laquelle il est tout dévoué.

 

 Le prétendant

Les origines de ses prétentions bonapartistes,

le duc de Reichstadt (né en 1811),

 fils légitime unique de Napoléon Ier,

  meurt en Autriche au château de Schönbrunn le 22 juillet 1832. 

 D'après le sénatus-consulte du 18 mai 1804,

 à défaut d'héritier naturel, légitime ou adoptif,

 la dignité impériale aurait dû revenir à Joseph Bonaparte

(frère aîné de l'Empereur) et à ses descendants mâles,  

mais Joseph qui n'avait que des filles ne fait pas état de ses droits.

Profitant de ce silence,

 Louis-Napoléon, âgé de 24 ans, se proclame, 

de sa propre autorité, héritier au trône impérial. 

Il commence sa propagande,

 entretient (souvent sans succès) une correspondance

suivie avec les Français libéraux, 

 républicains ou bonapartistes qu'il peut toucher.

L'essor de la légende napoléonienne le sert.

 A Paris, de 1830 à 1835,

20 pièces de théâtre ont retracé en grande pompe

 les épisodes les plus importants de l'Empire.

 En 1836  Horace Vernet expose ses tableaux

 concernant les victoires les plus célèbres de Napoléon,

le républicain Edgar Quinet publie un poème de jeunesse 

célébrant les hauts faits de Bonaparte en Orient

et  Alfred de Musset fait paraître

 sa Confession d'un Enfant du Siècle, 

où il montre la jeunesse en proie à la nostalgie

des grandes actions napoléoniennes.

Aspect physique et personnalité

  

Il a une tête trop grosse pour sa petite taille, un buste trop long,

 des jambes trop courtes, un nez trop fort, un front haut et large.

Des yeux clairs, d'un bleu doux au regard tantôt bienveillant, 

tantôt terne et comme vide, tantôt rêveur et lointain.

Il porte barbe et moustache.

 Son aspect est calme, tranquille, simple et naturel dans l'intimité.

 Ses propos sont rares et quelque peu embarrassés.

 Sa voix est sourde, nasillarde avec un léger accent.

 En privé, Louis-Bonaparte se révèle bienveillant,

 indulgent, en partie par scepticisme, 

 fidèle à ses amis, bon pour ses serviteurs.

 Homme public, il "sent" l'opinion ; il aime le peuple,

 sait ce qu'il faut lui dire et comment il faut dire. 

Son abord est froid, mais simple

et d'une courtoisie raffinée. 

Il écoute avec un calme imperturbable

 sans trahir la moindre impatience,

sans laisser deviner la moindre réaction. 

Malgré son corps disgracieux, ses traits irréguliers, 

son regard souvent absent,

sa parole avare aux intonations étrangères, 

il est doué d'un certain charme,

auquel maintes femmes sont sensibles.


 

TinyPic image 

Les complots

Dès 1836 il s'affirme comme prétendant au trône de France

et ne cessera de comploter, au point d'être emprisonné et exilé. 

Il s'évade, a des maîtresses, leur fait des enfants....

Le retour en France

 et l'élection à la Présidence de la République

Le 24 février 1848 la monarchie orléaniste s'effondre, 

la République est proclamée,

 un gouvernement provisoire est constitué. 

Elections à la présidence de la République

des 10 et 11 décembre 1848.

Candidats :

Louis-Napoléon Bonaparte,  Eugène Cavaignac,

 Alphonse de Lamartine,  Alexandre Auguste Ledru-Rollin

et François Vincent Raspail 

 

TinyPic image

 l'élection de Louis-Napoléon ne pouvait plus faire de doutes

 le 20 décembre 1848

 le Prince-Président entre dans la salle des séances,

 il porte un habit noir,

 la plaque de grand officier de la Légion d'Honneur sur la poitrine

et, à la boutonnière, la rosette de représentant du peuple.

Il jure solennellement de respecter la Constitution devant Dieu.

 Avec les honneurs dus à son rang,

il est ensuite accompagné à l'Elysée,

 demeure que l'Assemblée lui a assignée.

Le triomphe du prince-président est toutefois assombri

 par la victoire des royalistes à l'Assemblée législative en 1849

 et par la promulgation de la Constitution de la IIe République,

qui limite son mandat à quatre ans.

Le Président de la République habile tacticien politique,

  il réduit à néant l'opposition républicaine

puis laisse les conservateurs se décrédibiliser

 par une politique réactionnaire et impopulaire,

 tout en se présentant comme le défenseur de la démocratie

 et du suffrage universel,

et en travaillant à s'attirer le soutien du monde ouvrier.

 N'ayant pas réussi à faire modifier la Constitution

 qui lui aurait permis de se faire réélire en 1852,

mais jouissant toujours d'une grande popularité,

il décida, avec l'aide de son frère utérin,

le duc de Morny, et d'autres, qui lui étaient redevables,

de perpétrer un coup d'Etat le 2 décembre 1851,

 date anniversaire du sacre de Napoléon Ier

et de la victoire d'Austerlitz.

Le matin de ce jour,

Louis-Napoléon fait afficher une proclamation

annonçant la dissolution de l'Assemblée, 

 le rétablissement du suffrage universel

et l'organisation prochaine d'un plébiscite sur les nouvelles institutions.

 

TinyPic image

 

 Après l'élection à la présidence de Louis-Napoléon,

les bonapartistes ont travaillé au rétablissement de l'Empire.

 En fait, c'est dans le Centre

et les provinces méridionales que la résistance est la plus vive,