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Rodolph de Habsbourg et le drame de Mayerling


 

Qui était Rodolphe de Habsbourg

 (1858-1889)

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  Archiduc d'Autriche et prince héritier de l'empire austro-hongrois,

 fils unique de l'empereur François-Joseph

 et de l'impératrice Élisabeth de Wittelsbach. 

L'enfance du prince n'est pas très heureuse,

 tiraillé entre sa grand-mère,

 l'impératrice-mère Sophie décidée

à faire élever l'héritier du trône durement,

"à l'ancienne",

 comme l'avait été François-Joseph,

 et sa mère, Sissi, aux idées très libérales.

Peu d'amour "exprimé" de la part de tous.

Il est brillant et intelligent mais sujet à des sautes d'humeurs,

 (comme sa mère et son oncle Louis II de Bavière.) 

 Après cette enfance troublée,

marquée par une violente et brutale éducation militaire qui fut suivi,

 à compter de 1865, par un intense programme intellectuel.

Malheureux prince
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Marié sans amour à une princesse fade et trop jeune,

 il collectionne les maîtresses et fréquente les lupanars,

 ce qui lui vaut de contracter une maladie vénérienne grave.

 Dès l'adolescence il affiche des idées libérales

 qui se renforceront à l'âge adulte

et qui inquiètent son père, le gouvernement, l'église

 et l'aristocratie autrichienne.François-Josep est un autocrate

qui n'imagine pas que l'on puise libéraliser l'Empire qui,

pour lui, est et doit rester immuable.

Très vite il va se heurter à son héritier dont il redoute les idées

 et ne lui confie que des tâches de représentation

sans vouloir l'associer aux affaires du gouvernement,

ce dont celui-ci s'offusque.

 La Prusse, voisine, 

s'inquiéte aussi du libéralisme,

qui pourrait être contagieux,

 du futur sucesseur de François-Joseph.

Son mariage  

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En 1881, Rodolphe épouse Stéphanie de Saxe-Cobourg-Gotha,

 fille du roi des Belges et soeur de la femme de Philippe de Cobourg,

 son ami intime, qui devient ainsi son beau-frère.

 De cette union naquit une fille Elisabeth,

 Rodolphe vécut par la suite une vie décousue

ponctuée par ses infidélités notoires,

son usage abusif de drogues suite à une maladie contractée en 1886

 et ses relations tendues aves ses parents.

Rodolphe n'avait accepter ce mariage

 que par conscience de ses devoirs envers l'Autriche.

 Il avait déjà au moins une maîtresse en titre, la danseuse Mizzi Caspar,

 qui était encore avec lui en 1889.

 Marié sans amour à Sophie qui n'était ni très intelligente, ni artiste,

 mais d'humeur assez acariâtre, d'où de fréquentes disputes,

Rodolphe conservera toute sa vie, malgré ses infidélités,

une grande tendresse par sa femme, comme ses lettres en témoignent.  



Rodolphe et ses idées politiques

L'archiduc Rodolphe (31 ans) était le seul garçon du couple

et l'héritier de la couronne des Habsbourg.

Tenu à l'écart des affaires par son père, Rodolphe se pique de libéralisme.

Il commet des articles anonymes dans un journal de l'opposition

et se prend à espérer une évolution de l'empire austro-hongrois

vers davantage de démocratie et de fédéralisme.

Proche de Georges Clemenceau,

il est favorable à un rapprochement avec la France.

Ses prises de position lui valent de violentes disputes avec son père.

 Celui-ci ne l'en aime pas moins mais souhaite maintenir son pays

 dans l'alliance avec l'Allemagne de Guillaume II.

Prématurément vieilli par la maladie,

l'interdiction qui lui est faite de divorcer

et la crainte de ne pouvoir avoir de fils,

Rodolphe songe au suicide.

Craignant de ne pas y arriver seul,

 il convainc une jeune maîtresse Mary Vetsera,

 de l'accompagner dans la mort. Marie Vetsera,

 belle et frivole jeune fille d'à peine 18 ans, 

 n'a été présentée à Rodolphe qu'en Novembre 1888

et "n'entre dans sa vie privée"

 probablement pas avant la mi-Janvier 1889...

S'il y a drame d'amour,

comme la version couramment admise le laisse supposer,

il s'écoule vraiment très peu de temps entre la rencontre et la mort!

Les protagonistes du drame  

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La baronne Marie Vetsera

 née le 19 Mars 1871 à Vienne. 

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Elle est la fille du baron Albin Vetsera,

administrateur des biens du sultan de Constantinople

et de Hélène Baltazzi.

Les frères d'Hélène Vetsera sont des familiers de la Cour,

 puisqu'ils montent à cheval en compagnie de l'impératrice Sissi.  

Le pavillon de Mayerling 

 

 

Mayerling est un pavillon dépendant du monastère cistercien ;

 construit autour du XIVème siècle.

 L'archiduc en fait l'acquisition en 1887

 et le transforme en pavillon de chasse,

 tout en conservant la chapelle.

Il se compose alors d'une grande bâtisse trapue,

rectangulaire, à un étage ainsi qu'une aile basse destinée

 au logement du personnel de service, un chenil,

des écuries, des communs.  

  LE DRAME DE MAYERLING

30 Janvier 1889, 8h30

 Découverte du corps ensanglanté

 (une balle a emporté la partie supérieure du crâne)

de l'archiduc Rodolphe,

héritier du trône de l'Empire austo-hongrois

et de sa maîtresse,

 la jeune baronne Marie Vetsera.

Ce drame a donné lieu à diverses hypothèses,

mais la version la plus couramment admise reste celle du suicide.

Selon la version officielle,

c'est l'un des familiers de Rodolphe,

le valet Loschek,

 qui découvre les deux corps,

celui de Rodolphe et de sa maîtresse,

allongés côte à côte sur un lit

(la position exacte des corps sera vite

l'objet de versions contradictoires).  

Faute d'étude sérieuse de la scène du crime,

 faute de l'habituel rapport de police en cas de crimes

 (si laconique et imprécis soit-il),

les criminologues en sont,

 encore aujourd'hui,

réduits aux hypothèses et encore aujourd'hui,

 le mystère reste entier.

30 janvier 1889

 

 Au palais de Schönbrunn

 

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 Près de Vienne, l'impératrice Élisabeth (Sissi), 

apprend que son fils Rodolphe s'est tué dans la nuit à Mayerling.

   

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 Elle doit annoncer la tragique nouvelle à son mari,

François-Joseph 1er    

François-Joseph fait l'impossible pour tenter de cacher

 la présence de Mary Vetsera aux côtés de son fils.

 Et la thèse officielle parle de

 « crise cardiaque » ou d' « apoplexie » .

 Ce qui fait rire tout Vienne,

 d'autant plus qu'Elisabeth répand autour d'elle

 la thèse de l'empoisonnement.

 L'opinion publique a du mal à croire cette version de la mort

 d'un jeune prince de 30 ans..


très vite les rumeurs au sujet d'une mort violente avaient circulé.

Le 1er Février le gouvernement impérial

 faisait paraître la dépêche suivante :

"Son Altesse Impériale et Royale a été trouvée inanimée dans le lit,

après que la porte eut été enfoncée.

Mais le Dr. Wiederhoher trouva après examen qu'il y avait

 une énorme blessure avec arrachement,

sur une large surface, du cuir chevelu et des os du défunt,

 et que cette blessure devait avoir entraîné la mort immédiate.


Cette blessure aurait été provoquée par un coup de fusil...


La position de l'arme ne permet pas de douter que

 l'archiduc se soit donné lui-même la mort."

A ce moment il n'est pas encore question d'une autre mort,

celle de la jeune baronne Marie Vetsera,

 retrouvée elle ausi morte, quasi nue,

 dans le même lit avec aussi

une balle dans la tête...

 Mais l'histoire finira par s'ébruiter et on construira alors

 l'hypothèse (romantique) d'un double suicide par amour.

C'est cette version qui est actuellement

communément admise par une majorité d'historiens.


Mais est-ce la seule ?

 Dès le début on parla aussi d'assassinat.

Rodolphe et Marie vivent un amour fou,

 impossible à officialiser car le prince est marié, et,

d'autre part Marie est de trop petite noblesse,

une union est inenvisageable.

Que Rodolphe avait appris une ancienne liaison de son père

avec la mère de Marie et que cette dernière était sa demi-soeur,

d'où leur décision de suicide devant ce présumé inceste ...

 on affirmera, en se basant sur l'interprétation de quelques écrits

et de propos rapportés,

 que le prince avait des tendances suicidaires

et qu'il n'aurait pas envisagé alors

d'autre solution que ce suicide en couple.

Les lettres qu'il aurait écrites, expliquant son geste,

quelque temps avant ou la nuit du drame ont malencontreusement disparu...

On affirmera aussi, sans preuve : 

 Que Rodolphe avait comploté pour s'attribuer


au moins le trône de Hongrie au détriment de son père

 avec lequel il avait de fréquents différents et que,

 se voyant découvert, il ne lui restait plus que le suicide.

( vie débauchée, alcool, drogue, maladie,...)

n'est impossible,subsiste encore.

 mais aucun non plus n'est certain ! 

 Hypothèses

" suicide "

La version du meurtre suivi d'un suicide

Cette version fut, pendant des décennies,

 la version officielle du drame,

propagée par l'entourage de la famille impériale.

Prématurément vieilli par la syphilis,

atteint de troubles nerveux (Psychose maniaco-dépressive?),

aggravés par l'interdiction de divorcer et sa stérilité,

 Rodolphe songeait de plus en plus souvent, au suicide.

Craignant de ne pouvoir y arriver seul,

il aurait convaincu Mary Vetsera de l'accompagner dans la mort.

Il la tue d'un coup de pistolet avant de se tirer lui-même une balle dans la tête.

Pour préserver l'image de la dynastie,

 François-Joseph fera l'impossible pour obtenir du pape Léon XIII

que son fils soit inhumé chrétiennement dans la crypte impériale

 du couvent des Capucins,

 et non à l'écart comme l'église l'impose de tous les suicidés

(la rumeur du suicide se propagera cependant jusqu'à Rome

où le cardinal Rampolla,

Secrétaire d'État de Léon XIII,

tentera sur ce fondement de s'opposer

aux obsèques religieuses de l'archiduc).

De même,

Francois-Joseph tentera-t-il de cacher

les circonstances exactes du décès

 (notamment la présence de Mary Vetsera).

Ces dissimulations vont vite alimenter les rumeurs

sur l'hypothèse d'un double meurtre politique,

passionnel ou même crapuleux.  

La version du double meurtre

Dès les premiers jours,

 l'hypothèse se fait jour selon laquelle le drame participe

 d'un double meurtre commis par des services secrets. 

Cette version a été longtemps regardée avec suspicion,

dans la mesure où elle était contredite

 par les annonces officielles de la Cour d'Autriche.

 Dès les premiers jours, cependant,

plusieurs éléments venaient jeter le doute sur la réalité d'un double suicide

 et accréditaient l'hypothèse d'un assassinat :

 Plusieurs témoins ont en effet attesté que :

le corps de Rodolphe montrait des signes

d'une confrontation violente avant sa mort.

Des lacérations avaient été découvertes sur plusieurs parties du corps.

Ses mains très abimées, montraient des signes de lutte

 (contrairement aux usages, l'archiduc sera inhumé,

ses mains revêtues de gants noirs).

Selon le témoignage de l'archiduchesse Gisèle,

 sœur ainée de Rodolphe,

les poignets de l'archiduc avaient été sectionnés.

Une fenêtre de la chambre avait été défoncée de l'extérieur.

Le mobilier de la chambre était renversé et fracassé,

 de larges flaques de sang répandues sur le sol

 (témoignage du menuisier Frédéric Wolff).

Le crâne de l'archiduc était enfoncé,

témoignage de l'archiduchesse Marie-Thérèse,

 tante de Rodolphe.

 D'autres éléments confortent cette thèse :

Le 9 février 1889, soit deux mois après les faits,

dans une missive envoyée à Berlin,

l'ambassadeur allemand à Vienne,

 rapporte une conversation avec le Nonce apostolique,

Monsignor Luigi Galimberti,

et l'aumônier de la cour des Habsbourg,

 Monsignor Lorenz Mayer.

« Les deux prélats,

généralement bien informés ont exprimé leurs doutes les plus sérieux

 au sujet de la version officielle des événements de Mayerling

(le double suicide). »

Le Premier ministre britannique,

Lord Salisbury, informera rapidement la Reine Victoria

que les services de renseignements britanniques détenaient

la preuve d'un double assassinat.

Le revolver employé pour tuer Rodolphe n'était pas celui possédé

 par le prince impérial, et chacune des six balles en avait été tirée.

En 1959, des spécialistes autrichiens de la conservation funèbre,

 accompagnés d'un docteur et d'un membre de la famille de Mary Vetsera,

 ont examiné les restes de celle-ci.

Ils découvrirent alors un élément surprenant :

 le corps de la jeune femme ne présentait

 aucune trace de mort par arme à feu

 mais un énorme traumatisme crânien.

 De toute évidence,

ce traumatisme pouvait avoir été provoqué par un objet lourd

et contondant (brique, canne plombée, chenet, marteau...)

 ou par un outil de jardinage, mais pas par une balle.

Pour vérification,

les restes supposés de la baronne furent ensuite transportés

et pleinement examinés à

 « l'institut médico-légal viennois »

 où ils furent formellement identifiés comme tels.

 Curieusement,

 cette macabre découverte, post mortem,

 fut ignorée des

 « milieux habituellement bien informés »

Bref, cette hypothèse,

avancée avec peine des lustres plus tard (en 1959)

 et même pas retenue par

"les milieux habituellement bien informés",

ne prouve donc rien du tout.  

Affirmations de la dernière Impératrice d'Autriche 

La version du meurtre a été officiellement avancée en 1983

 par l'Impératrice Zita, veuve de l'Empereur Charles Ier.


Selon l'impératrice Zita donc,

 l'archiduc aurait été assassiné car il aurait refusé de participer

à un complot contre son père,

complot qui visait à détrôner François-Joseph

 et à le remplacer,

sur le trône de Hongrie par Rodolphe

 et sur le trône d'Autriche par l'archiduc Jean Salvator de Toscane ;

 Rodolphe aurait été informé de certains éléments relatifs

 à ce complot et aurait été assassiné,

 afin que les instigateurs ne soient pas inquiétés.

 L'Impératrice Zita ne fournit aucun élément

permettant d'identifier ces instigateurs.

Cette thèse exclut l'idée d'un assassinat commandité

par François-Joseph, souvent évoquée mais l'impératrice

 Zita pense que cette idée n'a pas à être retenue.

 

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 Le 1er Février, Marie Vestera avait été enterrée,

 quasi clandestinement, dans un petit cimetière proche de Mayerling

 

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Le 5 Février 1889, il fut inhumé dans le tombeau des Hasbourg,

 dans l'église des Capucins, à Vienne.
 

 

 

 

 

 

posted by HARMONY at 16:00 | in: XIXe siècle
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