Église Saint-Jean-Baptiste
Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques)

Tellement massive et imposante,
l'église Saint-Jean-Baptiste à Saint-Jean-de-Luz
ne passe pas inaperçue...
Elle est considérée comme la plus grande
et la plus célèbre des églises basques :
son architecture sobre et austère, ses murs épais,
et son clocher carré, surmonté d'un clocheton octogonal,
forment un bel ensemble.

A l'emplacement d'une première église incendiée en 1419,
l'église fut construite en plusieurs étapes.
La plupart des transformations eurent lieu au XVIIe siècle :
création de chapelles latérales,
élargissement du choeur,
ouverture du grand portail et enfin surélévation du clocher.
Suite à la signature du traité des Pyrénées,
qui mettait fin à la guerre entre les puissances françaises
et espagnole, c'est dans cette église qu'eut lieu,
le 9 juin 1660, la cérémonie du mariage
de Louis XIV avec la fille du roi d'Espagne,
l'infante Marie-Thérése d'Autriche.
La porte par laquelle était sorti le couple royal
fut par la suite obturée
et l'entrée principale se trouve sur le côté de l'église
dans les rues piétonnes.
A l'intérieur, l'église est très ornée.
La piéce maîtresse est sans aucun doute
son l'impressionnant retable,
comprenant 20 statues en bois doré,
et datant de 1670,
oeuvre du sculpteur Martin de Bidache.


à la statue de la Pièta.

Plafonds, piliers... tout les éléments sont sculptés et peints.



L'orgue

Les archives municipales indiquent
qu'un orgue était en fonction au début du XVIIe siècle.
En 1636, les communes de Ciboure et Saint-Jean-de-Luz
furent occupées, incendiées, détruites
par les troupes espagnoles :
il semble que l'orgue ait fait les frais
de cette violence et soit resté plusieurs années à l'abandon.

Pour l'occasion du mariage du roi Louis XIV,
il fallut remettre l'instrument en état au plus vite.
Un contrat fut signé, le 28 avril 1659, avec Gérard Brunel,
organier originaire de Rodez,
qui s'engagea à reconstruire l'instrument
dans son ancien meuble,
un buffet en un seul corps datant vraisemblablement
de la Renaissance.
Brunel reconstruisit un petit orgue comprenant
deux claviers, un pédalier et treize jeux.
L'église était alors en pleins travaux d'agrandissement.
Lors du démontage des vieilles galeries, en 1672,
l'orgue disparut de l'église; peut-être fut-il vendu?
Il ne fut remplacé qu'en 1711,
par un instrument auquel travailla le facteur d'orgues Barthe,
établi à Oloron-Sainte-Marie.
Pour loger le nouvel instrument,
il édifia un buffet réutilisant des éléments plus anciens.
Au cours des siècles, ce beau buffet sculpté,
aujourd'hui classé « Monument Historique »,
servit d'écrin à plusieurs instruments.
Au XVIIIe siècle,
de célèbres artisans oeuvrant en Aquitaine
augmentèrent peu à peu les possibilités sonores de l'orgue,
suivant l'épanouissement de l'esthétique classique française.
Adrien Lépine, installé à Bordeaux, signa en mai 1722,
un devis pour reconstruire l'orgue,
qui ne semblait pas donner toute satisfaction.
C'est probablement lui qui ajouta le buffet du positif de dos.
Fin 1724, son frère aîné, François L'Épine,
établit un rapport critique sur l'instrument
et signa un nouveau contrat pour parfaire l'ouvrage.
A cette époque, l'orgue possédait déjà
quatre claviers et un pédalier de 17 notes.
En 1730, l'organiste Jean Durocher
établit un état des réparations
et améliorations qu'il souhaitait faire apporter à l'instrument,
pour lui donner plus de brillant.
Ces tavaux furent confiés, en 1732,
à Louis Bessart, organier parisien.
En 1755,
Jean-Baptiste Micot, facteur d'orgues installé à Toulouse,
répara et et en devint l'organiste.
On note encore les interventions en 1762,
puis 1767-1768, et 1773 de deux artisans,
Labruyère et Mauroumec,
tous deux issus de l'atelier du plus célèbre
facteur d'orgues de l'époque : Dom Bedos de Celles.
Régulièrement entretenu et mis au goût du jour
par les meilleurs artisans du Sud-Ouest
ou même parisiens, l'orgue était, en cette fin de XVIIIe siècle,
l'un des principaux instruments de la région.
La Révolution sonna le glas de cet orgue classique,
l'église ayant été transformée en magasin à fourrage.
Les organistes reprirent du service à partir de 1804
mais ils avaient affaire à un instrument à bout de souffle.
Il fallut attendre en 1837 pour qu'un facteur espagnol
originaire de Bilbao, Manuel Amezua,
soit appelé pour réparer cet instrument.
Faute de moyens, il ne mit qu'un seul clavier en service.
Ce petit orgue d'une quinzaine de jeux,
reconstruit dans le style espagnol de l'époque,
était bien modeste par rapport à son prédécesseur.
En 1875, Georges Wenner,
célèbre facteur d'orgues bordelais,
ne réutilisa que le buffet ancien pour
construire à neuf un bel instrument de style symphonique
(32 jeux sur trois claviers).
A partir de 1922, le nouvel organiste titulaire,
Charles Lebout, entreprit une campagne de travaux
avec l'aide des maisons Puget, de Toulouse,
puis Gonzalez, de Châtillon, qui s'échelonna
de 1924 à sa mort, en 1959.
L'instrument subit plusieurs agrandissements
qui en modifièrent considérablement l'esthétique,
suivant le courant de la mode de l'époque.
Atteint par l'usure et dénaturé par ces transformations,
l'orgue fut finalement entièrement reconstruit en 1980.
Les ajouts du XXe siècle furent supprimés
mais l'orgue symphonique était devenu
hors d'état d'être restauré.
On s'orienta vers la construction d'un orgue neuf
de style néo-classique, avec traction mécanique
des notes et traction électrique des registres.
Ces travaux furent réalisés par l'atelier de Robert Chauvin,
organier à Dax, qui réutilisa une nouvelle fois
le buffet ancien pour loger un orgue de trois claviers
et 47 registres :
c'est un des principaux orgues du département.





