
sur
HISTORICA
HATSHEPSOUT
la reine pharaon
XVIII ème dynastie
1480 à 1460 av.J-C
"En février 1997, fatiguée, lasse des problèmes personnels, je décide de réaliser un souhait: faire une croisière sur le Nil. Ce n'était pas le bon moment, le 17 novembre des extrémistes la Jamaa islamiya, avaient ouvert le feu sur des touristes au temple d'Hatshepsout proche de Louxor, faisant une soixantaine de victimes.
L'agence de voyage que j'avais choisie n'avait plus d'équipe sur place et m'avait fait signer une décharge, en cas d'accident...

Il faut préciser que le temple est enclavé dans un cirque rocheux, aux pieds de la montagne thébaine. Lorsque nous étions à Louxor, j'ai souhaité m'y rendre. Un véritable convoi a été formé avec cars, taxis, toutes les personnes désirant visité ce lieu ont été excortées par l'armée. Sur place, le car s'est arrêté assez loin du temple et nous n'avons pu descendre que quelques minutes, pour prendre des photos. Seuls les Egyptiens ont pu aller jusqu'au temple. Aussi les photos ne sont pas de moi. Je dois avouer que cela était assez impressionnant."
La reine Hatshepsout agenouillée et tenant un vase rituel
Musée du Caire - Granit rouge - H : 80 cm - Provenance : Deir el-Bahari.
Si l'ovale du visage, le dessin des sourcils et des yeux,
le galbe des hanches évoquent la féminité, la carrure des épaules,
la force des bras et les mains l'absence de poitrine
renvoient à une représentation masculine.
La barbe postiche, la couronne, l'uaeus,
le pagne sont la marque du pharaon.
Au cours des trois millénaires de son histoire,
l'Egypte n'a compté que cinq femmes pharaon.
La plus célèbre est la reine Hatshepsout
elle a régné 21 ans, de 1479 à 1458 av. J.-C.
| Nom d'intronisation |
Maât-ka-Rê (Maât est le ka de Rê) |
| Nom de naissance |
Hat-chepesout (Les Chepesout sont en avant) Hat-chepesout khenemet Imen (celle qui s'unit à Amon) |
La prise du pouvoir
Quand Thoutmosis Ier meurt,
il n'a que pour héritier une fille, Hatshepsout.
Le pouvoir échoit à Thoutmosis II,
un bâtard sans envergure que Thoutmosis Ier
avait eu avec une concubine (Iset).
On oblige Hatshepsout à épouser le nouveau pharaon
à qui elle donne une fille Néfrourê
A vingt-cinq ans,
elle se retrouve veuve et devient régente
et tutrice d'un enfant illégitime de son époux,
le futur Thoutmosis III marié pour la circonstance à Néfrourê.
Mais Hatshepsout, ambitieuse, ne se contente pas de la régence.
Un peu avant l'an VII (elle a 31 ans),
elle institutionnalise une corégence
et se fait couronner comme un vrai pharaon
dont elle porte tous les attributs :
titulature complète, couronnes, barbe postiche, queue de taureau.
Hatshepsout a une fille Néférourê.
Elle décide alors de fonder une dynastie de femmes
et songe à mettre Néférourê sur le trône.
Inscription du couronnement d'Hatshepsout :
"Moi (Amon) te mets sur mon trône,
je te done la crosse et le fouet...l'inconcevable frappa le peuple...
Ils se jetèrent au sol".
Pour justifier sa légitimité, Hatshepsout a recours à la théogamie :
sa mère aurait été fécondée par le Dieu Amon.
Ainsi, confortée comme
"fille de Dieu",
elle choisit comme nom de roi :
Maâtkarê ("Maât est le ka de Rê").
Toutefois, dans cette association,
Hatshepsout a toujours la préséance.
On ne peut pas parler d'usurpation totale
car les événements dynastiques
sont toujours datés à partir de l'avènement de Thoutmosis III,
lequel est toujours associé aux manifestations royales.
De même, sur les monuments,
Hatshepsout n'oublie jamais de faire figurer
à côté de son nom celui de son co-régent,
et elle garde le pouvoir jusqu'à sa mort,
bien au-delà de la minorité de Thoutmosis III.
Pour ce faire, elle bénéficie d'appuis importants,
notamment celui du clergé d'Amon de Thèbes
dirigé par le grand prêtre Hapouseneb
et celui de son homme de confiance : Senenmout,
un homme hors du commun qui ne possédait pas moins de 96 titres.
On pense aussi que la charge d'épouse d'Amon,
qu'elle exerçait auparavant, lui facilita la prise de pouvoir
Son oeuvre politique
Hatshepsout arrive au pouvoir quand l'Egypte commence à sortir
d'une longue période de troubles.
Hatshepsout s'est particulièrement distinguée :
C'est pendant son règne qu'est réalisé le célèbre voyage au pays de Pount
d'où sont ramenées de grandes richesses :
arbres à encens, myrrhe, or, argent, huiles précieuses,
peaux de léopards... comme le montrent les inscriptions gravées
sur les murs du temple d'éternité de Deir El-Bahari.
Le voyage est accompagné par des savants et des zoologues.
Son oeuvre de bâtisseur
-Elle rétablit des sanctuaires laissés à l'abandon
et réalise de grandes constructions
dans la capitale Thèbes :
le temple de Montou, l'allée processionnelle de Louxor à Karnak,
le sanctuaire de la barque
"la chapelle rouge"
- le VIIIème pylône et deux obélisques (il en reste un)
sont dressés à Karnak
- Construction d'un petit temple dédié à Deir El-Bahari
- Sa tombe de pharaon est construite dans la vallée des Rois
près de celle de son père Thoutmosis II.
Une "pharaone" qui se fait représenter en pharaon
Sans doute pour affermir son pouvoir
et ne pas heurter les traditions

(seul un homme pouvait accomplir les sacrifices
pour satisfaire la Maât),
Hatshepsout se fit représenter sous l'apparence d'un homme,
habillée en homme.
Elle est représentée en Osiris
(comme au Moyen Empire)
sur les piliers de la façade de son temple de Deir El-Bahari.
Même dans la représentation de son origine divine
dont elle arguait pour justifier son accession au trône,
elle apparaît sous les traits d'un garçon et non d'une fille.
On connaît cependant des représentations
où Hatshepsout est figurée sous les traits d'une femme.
Hatshepsout avec tous les attributs du pharaon à Deir El-Bahari.
Sa mémoire effacée
Hatshepsout meurt dans des circonstances non connues :
mort naturelle? Assassinat? Abdication?
Sa fille étant morte avant elle,
c'est tout naturellement Thoutmosis III,
le co-régent, qui prend le pouvoir.
Ensuite,
Hatshepsout disparaît totalement de l'histoire,
ses statues sont détruites ou enterrées,
ses cartouches sont martelés sur les monuments
et on les remplace par ceux de Thoutmosis I, II ou III.
De plus, son nom est rayé de la liste des pharaons
(il est possible aussi que ce ne soit pas volontaire,
les Ramessides ayant pu la considérer seulement comme régente).
On accuse traditionnellement Thoutmosis III de cette
"damnatio memoriae"
jaloux d'avoir été écarté du pouvoir aussi longtemps,
il aurait voulu se venger.
Il se peut aussi que l'on ait voulu effacer la trace d'une femme pharaon
pour éliminer cette non conformité
ou bien anéantir les prétentions royales d'héritiers d'Hatshepsout.
Mais Christiane Desroches Noblecourt y voit plutôt
le geste politique des successeurs d'Akhenaton,
qui, un siècle plus tard,
ont vu en Hatshepsout un précurseur du monothéisme.
En effet, la reine ne s'est pas proclamée
"fille de Rê" mais "fille d'Amon".
Il faudra attendre Champollion pour redécouvrir que
le cinquième pharaon de la XVIIIème dynastie
n'était pas un homme mais une femme.
Une victoire récente de l'Egyptologie
on vient de retrouver la momie d'Hatshepsout
La momie de la reine Hatshepsout a été retrouvée dans
les sous-sols du musée du Caire
.
Une analyse ADN a permis à une équipe internationale
d'identifier cette momie découverte il y a plus d'un siècle.
La tombe d'Hatshepsout a été découverte par
le Français Belzoni en 1824, puis redécouverte par Carter en 1903.
Dans une autre tombe,
Carter avait par la suite découvert deux momies.
L’une d’elles, mesurant 1m50,
reposait dans un sarcophage de 2m13.
Cette momie fut attribuée à la nourrice d'Hatshepsout
et transportée au musée du Caire.
L’autre momie, de sexe féminin, présentait une pose royale,
le bras sur la poitrine, mais non identifiée, elle resta sur place.
Plusieurs égyptologues avaient émis l’hypothèse
qu’il s’agissait d’Hatshepsout,
sans pour autant en apporter la preuve.
Cette momie fut transportée au musée du Caire pour analyse.
Le fait que l'ont ait retrouvé la momie d'Hatshepsout
dans une tombe qui n'est pas la sienne peut s'expliquer
par le fait que les prêtres aient voulu préserver la momie (en la déplaçant)
de ceux qui se sont acharnés à faire disparaître
toutes les traces de la pharaonne.

Tête de pilier osiriaque de Hatshepsout au temple de Deir El-Bahari.

Calcaire peint - H : 61 cm - Musée du Caire.
La reine est représentée à l'image d'Osiris avec les attributs du pharaon :
la double couronne, la barbe postiche
(prérogative des dieux et des pharaons divinisés).
Cependant les traits du visage restent féminins :
nez droit et fin, bouche petite, yeux en amande
et soulignés de khôl noir
dont les traits se prolongent jusqu'aux tempes,
sourcils épais et bien dessinés.
La couleur de la peau est rouge,
comme le veut la convention pour les hommes.
Ce petit sphinx (H : 62 cm) à l'effigie d'Hatshepsout
est tout à fait original dans la mesure où la tête du lion
n'est pas totalement remplacée par la tête d'Hatshepsout,
seul le visage de la reine est intégré,
ce qui accentue son caractère félin .
L'artiste a repris les traits de la reine :
yeux en amande, sourcils arqués, nez droit, petite bouche souriante,
longue barbe postiche carrée au-dessous de laquelle
une inscription verticale indique le nom de couronnement de la reine
"Maâkarê,
Le site de Deir el Bahari
Le temple de Maâtkarê Hatchepsout






