"Qui ne connaît pas une « catherinette »,
jeune femme de 25 ans non mariée,
qui se coiffe d’un chapeau de circonstance,
le 25 novembre ?
Cette tradition rurale remonte au Moyen Age.
A cette époque, la jeune femme,
la plus âgée ou la plus émérite,
coiffe la sainte d’une couronne ou d’un voile.
A 25 ans, elle plante une épingle sur la statue de la sainte,
cela signifie qu’elle quitte le groupe des filles à marier.
A 30 ans, une deuxième épingle souligne une période de marge.
A 35 ans,
la pose de la dernière épingle marque l’entrée dans la classe des vieilles filles,
l’espoir de se marier est définitivement perdu.
Au XIXème siècle,
la coiffe est transférée de la sainte à la jeune femme elle-même.
La coiffe devient chapeau. La fête s’urbanise.
Depuis le début du XXème siècle,
c’est un chapeau aux couleurs vert et jaune,
symboles de la foi, de l’union et de l’espoir du mariage,
que portent les jeunes femmes appelées alors « catherinettes ».
Ce couvre-chef est surmonté d’objets représentant
la personnalité et/ou les activités professionnelles
et privées de la jeune fille.
Le chapeau, avec ces attributs,
est confectionné par ses proches.
L’imagination a donné naissance à
une multitude de chapeaux de catherinette
réalisés en secret et offerts lors de moments festifs dans l’entreprise
Quelques pièces représentatives ont été sélectionnées
et ont été exposées
du 25 novembre, jour de la Sainte-Catherine,
jusqu’au 29 janvier 2006.
Ces pièces, historiques et actuelles,
sont issues des collections propres du musée
et d’un prêt consenti par la section mode
du lycée Octave Feuillet (Paris)
qui organise chaque année un concours
de chapeaux de catherinettes.
Les couvre-chefs choisis mettent en avant toute la variété de ces coiffes uniques :
parfois sages, souvent provocatrices, toujours recherchées,
elles contrastent avec la douceur des couleurs jaune et vert."
Novembre, du latin NOVEM,
qui signifie neuf,
le 25, jour de la sainte Catherine, patronne des jeunes filles :
Au début du 20e siècle,
les Anglaises invoquaient la sainte le jour de sa fête en ces termes :
" Sainte Catherine, sainte Catherine, aide-moi.
Et promets de ne pas me laisser mourir célibataire.
Un mari, sainte Catherine, un bon, sainte Catherine;
mais plutôt un que pas du tout. "
Vierge et martyre chrétienne du 4e siècle,
Catherine aurait vécu à Alexandrie.
On dit que l'empereur Maxence qui,
ayant vainement tenté de l'épouser,
l'aurait fait emprisonner.
Plus tard, elle subit le supplice de la roue :
la machine, construite spécialement à son intention,
était comportait quatre roues munies de pointe de fer
qui devaient la déchiqueter.
La jeune fille résista si bien qu'on dû l'étêter.
Le culte de la Sainte-Catherine
ne s'est pourtant répandu qu'au Moyen Âge (12e siècle) :
fiancée mystique de Jésus Christ dans la tradition chrétienne,
elle devint la patronne des jeunes filles vierges (les catherinettes)
qui habillaient et coiffaient sa statue le 25 novembre.
D'où l'expression
" coiffer la sainte Catherine "
pour désigner les célibataires qui atteignent l'âge de 25 ans
et que l'on fêtait encore au début du siècle le 25 novembre.
" Dans le bon vieux temps,
disait le le journaliste Hector Berthelot en 1884,
cette fête était célébrée dans presque toute les maisons canadiennes.
C'était un jour de grande liesse.
Le travail était suspendu et le plaisir était partout à l'ordre du jour.
La ménagère passait la journée à préparer le festin avec rigueur.
Dans toutes les familles,
c'était une fête à rendre des points aux noces de Gamache.
La soirée et la nuit entière étaient consacrées à la danse. "
Curieusement,
un dicton du Languedoc évoque le mauvaise augure de se marier en novembre :
" Mois des morts, noces mortelles ",
y dit-on…
Qui sait :
peut-être est-ce pour cette raison que la tradition de la Sainte-Catherine s'est perdue…
BONNE FETE A TOUTES LES
CATHERINE
et
CATHERINETTES





















