Louis XIV de France
Saint-Germain-en-Laye, 5 septembre 1638, Versailles, 1er septembre 1715
en costume de sacre
Louis XIV est nommé à sa naissance Louis-Dieudonné
et surnommé par la suite le Roi-Soleil ou encore Louis le Grand.
Il est, du 14 mai 1643 jusqu'à sa mort, roi de France et de Navarre,
le troisième de la maison de Bourbon de la dynastie capétienne.
Louis XIV a gouverné la France pendant 72 ans,
il est le monarque qui a régné le plus longtemps en Europe.

Avec sa mère Anne d'Autriche
JEUNESSE
"Fils de Louis XIII et d'Anne d'Autriche,
Louis est le fruit d'unions politiques multiculturelles puisque
ses grands-parents paternels
Henri IV et Marie de Médicis, étaient français et italien.
Ses grands-parents maternels,
Philippe III et Marguerite d'Autriche étaient espagnol
et autrichien, bien que tous deux Habsbourg, proches parents l'un de l'autre.
Le petit Louis reçoit le titre de premier fils de France
et le titre plus traditionnel de Dauphin de Viennois.
Il est nommé Louis-Dieudonné
parce que sa venue au monde est considéré comme un miracle.
Cela faisait vingt-trois ans que le royaume attendait en vain sa naissance.
Son père et sa mère n'y croyaient plus depuis longtemps.
La naissance de Louis est suivie,
deux ans plus tard, par celle de Philippe,
d'abord titré duc d'Anjou, puis duc d'Orléans.
Elle éloigne du trône le frère du roi régnant,
Gaston d'Orléans, comploteur impénitent dont le cardinal de Richelieu,
Premier Ministre de Louis XIII,
craignait qu'il ne mène en cas d'accession au trône
une politique favorable aux nobles et aux Habsbourgs.
La naissance tant espéré d'un dauphin
est ainsi une victoire politique pour Richelieu.
A la mort de son père,
l'enfant devient roi sous le nom de Louis XIV.
Comme il n'a que cinq ans, sa mère,
Anne d'Autriche, devient régente.
Elle choisit contre tout attente le Cardinal Mazarin
comme premier ministre,
en dépit de la désapprobation des cercles politiques français
de l'époque dont beaucoup parmi eux n'apprécient pas qu'un Italien,
fidèle de Richelieu, dirige la France."

Louis XIV, en costume romain, vers huit ans
Dans son enfance, Louis XIV échappe à plusieurs reprises à la mort :
A 5 ans,
il manque de se noyer dans un des bassins du jardin du Palais-Royal.
Il est sauvé in extremis.
A 10 ans, le 10 novembre 1647, il est atteint de la variole.
Dix jours plus tard, les médecins n'ont plus aucun espoir
mais le jeune Louis se remet "miraculeusement".
Le 30 juin 1658, le roi est victime d'une grave intoxication alimentaire
lors de la prise de Bergues dans le Nord.
Le lundi 8 Juillet, on lui donne les derniers sacrements
et on commence à préparer la succession mais Guénaut,
le médecin d'Anne d'Autriche,
lui donne un émétique à base d'antimoine
et de vin qui guérit encore une fois "miraculeusement" le roi.
EDUCATION
En plus de ses fonctions ministérielles,
Mazarin, parrain de Louis XIV
se voit attribuer par la reine en mars 1646
la responsabilité de l'éducation du jeune monarque
et de son frère. Il devient donc
« surintendant au gouvernement
et à la conduite de la personne du roi
et de celle de M. le duc d'Anjou ».
Malgré les efforts des différents précepteurs
engagés pour prodiguer cours de latin,
histoire, mathématiques, italien et dessin,
Louis n'est pas un élève très travailleur.
Mais, suivant l'exemple du grand collectionneur d'art qu'est Mazarin,
Louis XIV se montre très sensible à la peinture,
à l'architecture, à la musique
et surtout à la danse qui est à l'époque
une composante essentielle de l'éducation d'un gentilhomme :
on dit que le jeune Louis s'entraîne à danser environ
deux heures par jour de l'âge de 7 à 27 ans.
Il est aussi grand amateur de chasse et du jeu de paume.
Après avoir célébré sa première communion
à l'église Saint-Eustache le 25 décembre 1649,
Louis XIV qui n'a alors que 12 ans entre au conseil en 1650.
C'est l'époque de la Fronde,
une contestation de l'autorité royale par la haute noblesse
qui allait marquer durablement le monarque.
En réaction à ces événements,
Louis XIV s'appliqua plus tard à continuer le travail commencé par Richelieu
affaiblir les membres de la noblesse d'épée
en les obligeant à servir comme membres de sa cour
en transférant la réalité du pouvoir à une administration très centralisée
et à la noblesse de robe.
Le 7 septembre 1651, le lit de justice déclare la majorité du roi.
Condé

Tous les grands du royaume viennent lui rendre hommage
sauf Condé qui, lève une armée pour monter sur Paris.
Louis XIV est sacré officiellement roi le 7 juin 1654 à Reims
mais il laisse les affaires politiques à Mazarin,
tandis qu’il continue sa formation militaire auprès de Turenne
PERSONALITE DU ROI
Louis XIV choisit pour emblème le soleil.
C'est l'astre qui donne vie à toute chose,
mais c'est aussi le symbole de l'ordre et de la régularité.
Il régna en soleil sur la cour, et la France.
En effet, les courtisans assistaient à la journée du roi
comme à la course journalière du soleil.
Il apparaît même déguisé en soleil lors d'une comédie-ballet
Le roi mesurait 1m75, était d'une grande élégance
et en imposait par sa prestance, sa beauté et sa superbe.
Il était robuste : jamais fatigué, il ne craignait ni le chaud ni le froid,
ni la pluie ni la grêle, et ne comprenait pas que l'on puisse en souffrir.
C'était un gros mangeur, dont l'appétit gargantuesque étonnait les témoins.

Le Roi est un inconditionnel de la danse,
il aime les spectacles de ballets et du jeu de paume,
c'est aussi un passionné de chasse infatigable.
C'est un homme passionné
et curieux par tout ce qui l'entoure.
Ses oreilles sont partout.
Grâce à ses Suisses qui espionnent tout et tout le monde à Versailles,
il est plus vite que tout le monde
mis au courant de ce qui se dit sur lui.
LE ROI AMANT
Mademoiselle Catherine de Beauvais,
surnommée Cateau La Borgnesse, déniaisa le roi?
Les historiens en doutent fortement.
Cependant, cette femme "issue de peu"
eut l'extrême honneur de recevoir un cadeau étonnant d'Anne d'Autriche
elle est payée en pierres précieuses,
avec lesquelles elle s’est construit un hôtel particulier à Paris!
Louis XIV a de très nombreuses maîtresses,
parmi lesquelles Louise de La Vallière,
Angélique de Fontanges, Madame de Montespan,
Madame de Maintenon
(qu'il épousa secrètement après la mort de la reine, sans doute en 1683).
Adolescent, il fait la rencontre d'une nièce de Mazarin, Marie Mancini.
S'en suivra entre eux une grande passion, contrariée par le cardinal, qui,
conscient des intérêts de la France et des siens,
préfère lui faire épouser l'infante d'Espagne.
Pendant le voyage du jeune roi, le 7 novembre 1659,
les Espagnols acceptent de signer le Traité des Pyrénées
qui fixe les frontières entre la France et l'Espagne.
De son côté, Louis XIV accepte bon gré,
mal gré de respecter une des clauses du traité :
épouser l'infante Marie-Thérèse d'Autriche, fille de Philippe IV,
roi d'Espagne, et d'Élisabeth de France.
Ce mariage a pour but de rapprocher la France de l'Espagne.
Louis ne connaît sa femme que depuis 3 jours,
celle-ci ne parle pas un mot de français mais le roi "l'honore"
fougueusement et devant témoins dès la nuit de noce.
ROI BATISSEUR
Dans l'esprit du roi,
la grandeur d'un royaume doit aussi se mesurer
par l'embellissement de celui-ci.
Sur les conseils de Colbert, un des premiers chantiers du roi sera
la restauration du palais et du Jardin des Tuileries
confiée à Louis Le Vau et à André Le Nôtre.
Les décors intérieurs sont confiés à Charles Le Brun
et aux peintres de la brillante Académie royale de peinture et de sculpture.
Outre le château de Versailles
que Louis XIV fait agrandir petit à petit tout au long de son règne,
il fait aussi construire le château de Marly afin d'inviter ses intimes.
Dans ces deux châteaux tout comme à Saint germain,
le château qui vit le début de son règne,
il confia la restauration des jardins à Le Nôtre.
Dans Paris, on lui doit aussi, entre autres,
le Pont Royal (financé sur ses propres deniers), l'observatoire,
les Champs-Elysées,

les Invalides,
la place Vendôme, mais aussi la place des Victoires
qui commémore la victoire sur l'Espagne,
l'Empire, le Brandebourg et la Hollande.
Deux arcs de triomphe rues Saint-Denis
et Saint-Jacques célèbrent les victoires du Roi-Soleil
lors de ses guerres européennes.
Il fait modifier aussi
profondément la structure de villes françaises
telles que Lille, Besançon, Belfort,
en les fortifiant grâce aux travaux de Vauban.
Certaines villes telles que Versailles pour la Cour
ou Neuf-Brisach pour défendre les acquisitions d'Alsace
sont crées ou développées.
Pour faciliter le développement de La Royale,
il développe les ports et arsenaux de Brest et de Toulon,
crée un port de guerre à Rochefort,
des ports de commerce à Lorient et Sète
et fait construire le port franc et l'arsenal
des galères à Marseille.
En 1680, création de la Comédie Française.
En 1681, ouverture du canal du Midi,
qui relie l'Atlantique à la Méditerranée, en passant par Toulouse.
En Novembre 1682, le roi place le collège royal Louis le Grand
à Paris sous son haut patronage.
En 1702, Paris est divisée en vingt quartiers.
Création de l'éclairage public et d'une police,
dans les rues de la capitale.
LE ROI ET LES ARTS
Après l'arrestation de Fouquet,
le roi semble vouloir imiter sa vie fastueuse.
Il se montre extrêmement dépensier
en allouant des sommes immenses aux frais de la cour royale.
Il se comporte en mécène et patron des arts
en finançant les grandes figures culturelles de l'époque tels que

Molière
en signe d'amitié,
le roi accepta d'être le parrain de son premier enfant,
le musicien Jean-Baptiste Lully
ou le décorateur Charles Le Brun
ainsi que le jardinier Le Nôtre.
Il place l'Académie française sous son contrôle
et devient son "protecteur".
Il dépense aussi d'importantes sommes dans l'amélioration du Louvre
avant de finalement choisir le château de Versailles comme résidence royale.
Il y emménagea en 1682 après plus de 20 ans de travaux.
LE ROI ET LA RELIGION
Louis XIV est partisan du gallicanisme,
une France chrétienne unifiée mais indépendante du pape.
A la mort de Mazarin,
Louis XIV avec l'appui de ses ministres restreignit petit à petit les privilèges
accordés aux Protestants par la Monarchie en 1598,
jusqu'à vider le texte de sa substance.

La révocation de l'Edit de Nantes
n'est pas un coup de tête soudain du monarque,
mais une lente et douce agonie du parti protestant en France qui,
sans chefs et polémistes charismatiques,
ne pouvait rivaliser à la propagande
et aux moyens mis en place par les catholiques, qu'ils soient dévots,
gallicans ou même jansénistes.
FIN DU REGNE ET SUCCESSION

Louis XIV, en famille
Louis XIV meurt le 1er septembre 1715 à 8h15 du matin,
la veille de ses 77 ans,
d'une gangrène sénile à la jambe, entouré de ses courtisans,
après avoir agonisé pendant deux ou trois jours.
Ses derniers conseils au futur roi Louis XV
furent de ne pas l'imiter dans son goût pour les bâtiments,
de soulager la misère de ses peuples,
"ce que j'ai le regret de ne pas avoir fait",
et de vivre en paix avec ses voisins. Il avoua même :
"J'ai trop aimé la guerre."
Sur son lit de mort, il déclare aussi :
« Je m'en vais, mais l'État demeurera toujours. »
Son règne aura duré 72 ans et 100 jours
54 années de règne effectif si on retire la période de la régence de 1643 à 1661.
Il est enterré, muni des Sacrements de l'église catholique,
comme se doit de l'être le "Roi Très Chrétien",
dans la basilique Saint-Denis.
Sa disparition ne semble pas avoir soulevé beaucoup d'émotion
parmi les courtisans ni parmi le peuple,
lassés d'un long règne à la fin assombrie.
Le Parlement de Paris cassa son testament dès le lendemain 2 septembre,
ouvrant une ère de retour en force des nobles et des parlementaires.
Pour la plupart de ses sujets,
le souverain vieillissant était devenu une figure de plus en plus lointaine.
Le cortège funèbre de Louis XIV fut même hué
ou raillé sur la route de Saint-Denis.
Cependant, de nombreuses cours étrangères,
même traditonnellement ennemies de la France,
eurent conscience de la disparition d'un monarque d'exception :
le roi de Saxe n'eut besoin d'aucune précision de nom
lorsqu'il annonça solennellement à ses ministres:
"Messieurs, le Roi est mort."
Le seul descendant mâle légitime de Louis XIV est alors le duc d'Anjou,
fils cadet du duc de Bourgogne et son arrière-petit-fils.
Né en 1710, c'est un petit garçon de santé fragile.
Comme il ne reste qu'un petit nombre de princes du sang dans d'autres branches,
Louis XIV décide de renforcer la famille royale en donnant,
dans son testament de 1714,
le droit de succession au duc du Maine et au comte de Toulouse,
deux fils illégitimes qu'il avait eu de Madame de Montespan.
Cette décision violait les lois fondamentales du royaume,
qui avaient toujours écarté du trône les enfants illégitimes,
et rencontra une incompréhension souvent scandalisée.
Il semble que le roi ait en fait été prêt à contredire les vieilles lois de succession
pour écarter du trône son neveu Philippe d'Orléans,
successeur potentiel et dont il se méfiait beaucoup.
Mais c'est finalement son arrière-petit-fils "officiel"
et petit-fils du grand dauphin, le duc d'Anjou, âgé de cinq ans,
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