Le mercredi 20 avril 1808, à une heure du matin,
dans l'hôtel particulier de sa mère,
8, rue Cerruti à Paris, il naît avant terme
. (19 jours, s'il a été conçu à Toulouse le 12 août 1807 ?)

Sa mère, Hortense, peinte par Gérard
S'il faut en croire sa mère, un trajet en voiture
et l'émotion éprouvée à un spectacle de sauts périlleux en seraient la cause.
L'accouchement a été difficile.
L'enfant est petit et si faible qu'il faut lui donner des bains de vin
et l'envelopper dans du coton.

Louis Bonaparte
Le futur Napoléon III,
est le neveu de Napoléon Ier et le troisième fils de Louis Bonaparte
et de Hortense de Beauharnais
elle même née du premier mariage de l'impératrice Joséphine.
Baptême
Il a lieu le en novembre 1810, deux ans plus tard,
en raison des expéditions militaires de Napoléon Ier hors de France.
La cérémonie se déroule dans la chapelle du Palais de Fontainebleau
où officie le cardinal Joseph Fesch, oncle de l'Empereur,
grand aumônier de l'Empire.
La nouvelle impératrice, Marie Louise de Habsbourg est marraine.
Rumeurs sur la naissance adultérine de Napoléon III
Le roi de Hollande, Louis Bonaparte, d'une jalousie maladive,
a lui-même déclaré que le prince Louis-Napoléon n'était pas de lui
et a rompu avec sa femme, Hortense de Beuharnais,
après la naissance de l'enfant en 1808.
Il est certain que le couple était désuni.
L'Empereur Napoléon Ier est passé pour être le père
du premier fils d'Hortense
(Napoléon-Charles, 1803-1807)
c'est pour cette raison que Louis a refusé en 1804
que Napoléon-Charles soit adopté par l'Empereur.
Hortense n'a pas admis la naissance adultérine de Louis-Napoléon,

alors qu'elle a avoué celle du futur duc de Morny
(demi-frère du futur empereur), fils du comte de Flahaut.
Selon d'autres sources
Napoléon III ressemblait beaucoup au roi Louis
ainsi qu'au comte de Castelvecchio....
Jeunesse en exil (1814-1832)
La fille d'une femme de chambre de la reine Hortense,
Hortense Lacroix (1809-1875),
qui devait épouser le peintre Sébastien Corner
et qui sera très dévouée à Napoléon III,
décrit l'enfant dans ses premières années comme
"aimant, caressant et généreux",
mais aussi
"paresseux d'intelligence à faire perdre la tête".
La lectrice de la reine Hortense, Mlle Cochelet,
lui trouve un
"caractère doux, timide, renfermé, parlant peu".
Le mercredi 30 mars 1814, Hortense quitte Paris,
avec ses fils, l'aîné, Napoléon-Louis (né en 1804)
qui décédera en 1831, en Italie,
lors de l'insurrection des Romagnes,
et le futur Napoléon III.
Une ordonnance de Louis XVIII du 30 mai
lui a donné le titre de duchesse de Saint-Leu,
elle revient à Paris.
Mais s'étant ralliée à Napoléon après le retour de l'île d'Elbe,
le 17 juillet 1815, elle est obligée par le général prussien,
commandant en chef des troupes alliées dans Paris,
de quitter Paris dans les deux heures et la France dans les deux jours.
Réfugiée en Suisse, Hortense achète,
au début de 1817, le domaine d'Arenenberg,
sur les rives du lac de Constance.
Pour l'éducation de son fils Louis-Napoléon,
Hortense a emmené en exil le premier précepteur
qu'elle a donné à son fils l'abbé Bertrand,
qui se révèlera inadapté à sa tâche.
Elle le remplace par un ancien officier des armées impériales,
le capitaine d'artillerie Narcisse Vicillard
qui inculque à son élève des goûts militaires.
Lui succèdera Philippe Le Bas,
le fils d'un ancien conventionnel, député du Pas-de-Calais.
Celui-ci décrit son élève qui a 12 ans mais n'est encore qu'en 7e
et manque des notions les plus élémentaires comme ayant
l'esprit paresseux et distrait,
"bon, sensible, aimant, mais léger, dissipé, étourdi".
Hortense raconte à son fils les hauts faits de l'Empire.
A Pâques 1821, Louis-Napoléon entre en 6e
au
"gymnase humanistique"
d'Augsbourg, en Bavière,
à quelques cent kilomètres d'Arenenberg,
en qualité d'externe.
Il loge, avec son précepteur, dans une petite maison,
l'hôtel Waldeck.
Ses professeurs le notent comme un élève
"plein de qualité de cour, de bonté, de douceur, de prévenance,
mais manquant complètement d'assiduité,
dépourvu de tout goût pour l'étude".
Il manifeste quelque intérêt pour l'histoire
et aussi pour la Physique et la Chimie.
Il fait des progrès ; après avoir été 54e sur 84,
il est 50e, puis 24e ; il n'ira pas au-delà.
Il se perfectionne en allemand, qu'il parlera couramment
(tandis qu'en français, il gardera une pointe d'accent ).
A partir de 1823
il passera les hivers à Rome avec sa mère.
En juillet 1827
Hortense décide de se passer des services de Le Bas.
En Italie, Louis-Napoléon parle l'italien aussi bien que l'allemand,
plus couramment que le français.
Il s'émeut de l'occupation autrichienne
et partage les aspirations des Italiens à l'indépendance.
Etant allé voir son frère Napoléon-Louis à Florence,
il s'engage à sa suite dans la société secrète des "carbonari".
Le 1er décembre 1829,
il est expulsé et reconduit à la frontière des Etats Ponitifcaux.
En 1830
il entre à l'école militaire suisse de Choune (artillerie et génie).
Au début de février 1831,
les Romagnes s'étant soulevés contre l'autorité pontificale,
il rejoint avec son frère aîné les insurgés,
mais celui-ci meurt de la rougeole à Forli le 1er mars 1831.
Hortense qui est accourue parvient à sauver Louis-Napoléon
et l'emmène à Paris,
mais Louis-Philippe ne leur permet pas de séjourner dans la capitale.
Ils partent le 10 mai pour l'Angleterre.
Le 20 août, ils rentrent à Arenenberg.
A cette époque, trois éléments se dégagent de Louis-Napoléon :
une admiration constante et croissante pour le personnage
et les idées de Napoléon :
une sensibilité vis-à-vis des malheureux
et une faiblesse pour la société des femmes,
à commencer par sa mère à laquelle il est tout dévoué.
Le prétendant
Les origines de ses prétentions bonapartistes,
le duc de Reichstadt (né en 1811),
fils légitime unique de Napoléon Ier,
meurt en Autriche au château de Schönbrunn le 22 juillet 1832.
D'après le sénatus-consulte du 18 mai 1804,
à défaut d'héritier naturel, légitime ou adoptif,
la dignité impériale aurait dû revenir à Joseph Bonaparte
(frère aîné de l'Empereur) et à ses descendants mâles,
mais Joseph qui n'avait que des filles ne fait pas état de ses droits.
Profitant de ce silence,
Louis-Napoléon, âgé de 24 ans, se proclame,
de sa propre autorité, héritier au trône impérial.
Il commence sa propagande,
entretient (souvent sans succès) une correspondance
suivie avec les Français libéraux,
républicains ou bonapartistes qu'il peut toucher.
L'essor de la légende napoléonienne le sert.
A Paris, de 1830 à 1835,
20 pièces de théâtre ont retracé en grande pompe
les épisodes les plus importants de l'Empire.
En 1836 Horace Vernet expose ses tableaux
concernant les victoires les plus célèbres de Napoléon,
le républicain Edgar Quinet publie un poème de jeunesse
célébrant les hauts faits de Bonaparte en Orient
et Alfred de Musset fait paraître
sa Confession d'un Enfant du Siècle,
où il montre la jeunesse en proie à la nostalgie
des grandes actions napoléoniennes.
Aspect physique et personnalité
Il a une tête trop grosse pour sa petite taille, un buste trop long,
des jambes trop courtes, un nez trop fort, un front haut et large.
Des yeux clairs, d'un bleu doux au regard tantôt bienveillant,
tantôt terne et comme vide, tantôt rêveur et lointain.
Il porte barbe et moustache.
Son aspect est calme, tranquille, simple et naturel dans l'intimité.
Ses propos sont rares et quelque peu embarrassés.
Sa voix est sourde, nasillarde avec un léger accent.
En privé, Louis-Bonaparte se révèle bienveillant,
indulgent, en partie par scepticisme,
fidèle à ses amis, bon pour ses serviteurs.
Homme public, il "sent" l'opinion ; il aime le peuple,
sait ce qu'il faut lui dire et comment il faut dire.
Son abord est froid, mais simple
et d'une courtoisie raffinée.
Il écoute avec un calme imperturbable
sans trahir la moindre impatience,
sans laisser deviner la moindre réaction.
Malgré son corps disgracieux, ses traits irréguliers,
son regard souvent absent,
sa parole avare aux intonations étrangères,
il est doué d'un certain charme,
auquel maintes femmes sont sensibles.
Les complots
Dès 1836 il s'affirme comme prétendant au trône de France
et ne cessera de comploter, au point d'être emprisonné et exilé.
Il s'évade, a des maîtresses, leur fait des enfants....
Le retour en France
et l'élection à la Présidence de la République
Le 24 février 1848 la monarchie orléaniste s'effondre,
la République est proclamée,
un gouvernement provisoire est constitué.
Elections à la présidence de la République
des 10 et 11 décembre 1848.
Candidats :
Louis-Napoléon Bonaparte, Eugène Cavaignac,
Alphonse de Lamartine, Alexandre Auguste Ledru-Rollin
et François Vincent Raspail

l'élection de Louis-Napoléon ne pouvait plus faire de doutes
le 20 décembre 1848
le Prince-Président entre dans la salle des séances,
il porte un habit noir,
la plaque de grand officier de la Légion d'Honneur sur la poitrine
et, à la boutonnière, la rosette de représentant du peuple.
Il jure solennellement de respecter la Constitution devant Dieu.
Avec les honneurs dus à son rang,
il est ensuite accompagné à l'Elysée,
demeure que l'Assemblée lui a assignée.
Le triomphe du prince-président est toutefois assombri
par la victoire des royalistes à l'Assemblée législative en 1849
et par la promulgation de la Constitution de la IIe République,
qui limite son mandat à quatre ans.
Le Président de la République habile tacticien politique,
il réduit à néant l'opposition républicaine
puis laisse les conservateurs se décrédibiliser
par une politique réactionnaire et impopulaire,
tout en se présentant comme le défenseur de la démocratie
et du suffrage universel,
et en travaillant à s'attirer le soutien du monde ouvrier.
N'ayant pas réussi à faire modifier la Constitution
qui lui aurait permis de se faire réélire en 1852,
mais jouissant toujours d'une grande popularité,
il décida, avec l'aide de son frère utérin,
le duc de Morny, et d'autres, qui lui étaient redevables,
de perpétrer un coup d'Etat le 2 décembre 1851,
date anniversaire du sacre de Napoléon Ier
et de la victoire d'Austerlitz.
Le matin de ce jour,
Louis-Napoléon fait afficher une proclamation
annonçant la dissolution de l'Assemblée,
le rétablissement du suffrage universel
et l'organisation prochaine d'un plébiscite sur les nouvelles institutions.

Après l'élection à la présidence de Louis-Napoléon,
les bonapartistes ont travaillé au rétablissement de l'Empire.
En fait, c'est dans le Centre
et les provinces méridionales que la résistance est la plus vive,
dans les campagnes et les bourgs,
qui ont voté pour les "démocrates-socialistes" en 1849.
Une résistance inattendue qui confirme la force du courant républicain
et entache de sang le nouveau pouvoir.

L'impératrice Eugénie avouera plus tard
que son époux a toujours traîné le souvenir du 2 décembre
comme un boulet au pied de sa grandeur.
Les 20 et 21 décembre 1851,
les Français sont appelés à approuver la proposition suivante :
" Le peuple français veut le maintien de l'autorité
de Louis-Napoléon Bonaparte
et lui délègue les pouvoirs nécessaires
pour établir une nouvelle constitution.
Louis-Napoléon Bonaparte s'emploie
à asseoir définitivement son autorité
et à préparer la restauration de l'Empire.
A Bordeaux, il déclare :
"Aujourd'hui, la France m'entoure de ses sympathies
parce que je ne suis pas de la famille des idéologues.
Pour faire le bien du pays,
il n'est pas besoin d'appliquer de nouveaux systèmes,
mais de donner avant tout confiance dans le présent,
sécurité dans l'avenir.
Voilà pourquoi la France semble vouloir revenir à l'Empire.
Il est néanmoins une crainte à laquelle je dois répondre.
Par esprit de défiance, certaines personnes se disent :
"l'Empire, c'est la Guerre !". Moi, je dis "l'Empire, c'est la paix".
C'est la paix car la France le désire,
et lorsque la France est satisfaite, le monde est tranquille.
La gloire se lègue bien à titre d'héritage, mais pas la guerre".
Et le Prince qui n'est encore que président pour dix ans ajoute :
"Moi aussi, comme tous les Bonaparte,
j'ambitionne la victoire,
mais mes victoires sont les victoires de la paix;
je répandrai la morale, la religion, l'instruction,
les chemins de fer, les ports, les transatlantiques
Rétablissement de l'Empire
Les 21 et 22 novembre, 7800 000 "oui"
contre seulement 250 000 "non"
approuvent le rétablissement de l'Empire,
qui est promulgué, date anniversaire oblige,
le 2 décembre 1852.

Louis-Napoléon prend le titre de Napoléon III,
pour respecter le règne très court du fils de Napoléon Ier