Le samedi 10 septembre 1898, une vieille dame de 61 ans
est assassinée à Genève, sur le quai du Mont-Blanc,
par un anarchiste italien.
Il s'agit d'Elisabeth de Wittelsbach,
épouse
de François-Joseph 1er de Habsbourg,
impératrice d'Autriche et reine de Hongrie,
affectueusement surnommée «Sissi».

qui était elle?
Duchesse en Bavière
Elisabeth Amélie Eugénie
Jeunesse
Elle naît (avec une dent) le dimanche 24 décembre 1837 à 22h43
dans un palais de la Ludwigstrasse à Munich.
Elle est le troisième enfant
et la deuxième fille du duc Maximilien en Bavière
et de la princesse Ludovica de Bavière.
Elle est cousine de Louis II de Bavière.
L’enfant reçoit le prénom d’Elisabeth
en l’honneur de sa marraine et tante,
la reine Elisabeth de Prusse, sœur de la duchesse Ludovica.
Elisabeth sera surnommée Rose de Noël et dira plus tard
« Je suis une enfant du dimanche ».
Le père de Sissi est issu d’une branche cadette
de la maison de Wittelsbach
(d’où le titre de duc en Bavière,
et non pas de duc de Bavière),
alors que sa mère est issue de la branche aînée,
de lignée royale.
La petite Elisabeth grandit l’hiver à Munich, et l’été
et dès que possible à Possenhofen, dit Possi,
petit château situé aux bords du lac de Starnberg,
acheté par le duc Maximilien en 1834.
Elevée sans contrainte ni manière,
elle est passionnée d’équitation, de poésie
et adore faire de longues promenades en forêt.
Cette vie ne l'avait en rien préparée à l'étiquette très rigide
de la Cour ou elle allait vivre, auprès d'une belle-mère hostile.

La Rencontre
En août 1853,
l'empereur François-Joseph d’Autriche fête
son vingt-troisième anniversaire
dans la résidence impériale d’été
la Kaiservilla à Bad Ischl.
C’est à cette occasion qu’il doit se fiancer officiellement
avec sa cousine germaine la duchesse Hélène en Bavière,
sœur aînée d’Élisabeth.
Mais c’est de Sissi que le jeune souverain tombe amoureux.
Au grand désarroi de sa mère l’archiduchesse Sophie d'Autriche,
sœur de la duchesse Ludovica,
il annonce le 19 août son mariage prochain avec la jeune Sissi,
à peine âgée de quinze ans et demi
et qui n'était absolument prête pour le "rôle"
qu'elle allait devoir tenir.

Mariage
Le mariage est célébré le 24 avril 1854
en l’Eglise des Augustins de Vienne.
Les premières années du mariage semblent heureuses,
donnant au couple deux filles et un fils :
les archiduchesses Sophie et Gisèle
et le prince héritier Rodolphe (celui de Mayerling).

Souveraine malade
Elisabeth, atteinte de tuberculose,
doit se rendre à Madère pour y reprendre des forces.
Miraculeusement guérie,
elle ne cesse dès lors de voyager partout en Europe,
notamment en Hongrie,
en Grèce où elle s'est fait construire un château
sur l'île de Corfou, et en Irlande.
En effet, peu appréciée par sa tante et belle-mère,
l'archiduchesse Sophie qui prend en charge
l'éducation de ses enfants,
étouffée par le protocole rigide de la Cour de Vienne,
désespérée, Élisabeth déserte le palais de la Hofburg
qu'elle nomme sa prison (Kerkerburg, le palais-cachot).

Reine de Hongrie
La reine Erzsébet de Hongrie (le jour de son couronnement)
Passionnée par la Hongrie, sa langue et son peuple,
elle favorise le Compromis austro-hongrois,
soutenue par son ami le comte Gyula Andrássy.
Elle est ainsi couronnée, le 8 juin 1867,
Reine de Hongrie aux côtés de son mari.
Elisabeth devient ainsi Erzsébet, une souveraine aimée,
admirée, acclamée, fêtée et adulée par le peuple magyar.
Celui-ci lui offre le château de Gödöllö,
à une trentaine de kilométres de Budapest,
où elle se sent chez elle et où elle se rend très souvent.

1867, elle a 30 ans lorsqu'elle devient Reine de Hongrie
Sa fille chérie
En 1868, Élisabeth accouche d'une fille,
l'archiduchesse Marie-Valérie,
qu'elle élève elle-même et que,
dit-on, elle chérit plus que ses autres enfants.
La fillette a été conçue et est née en Hongrie,
et elle est en quelque sorte
un cadeau offert par Élisabeth au peuple Magyar
en guise de remerciement pour son amour et sa loyauté.
Les Hongrois surnommèrent Marie-Valérie la Kedvesem,
ce qui signifie l'Unique.
Cependant, Sissi désirait tant
« donner un fils, un roi à la Hongrie,
un homme fort, un esprit clair »,
calcul qui aurait mis fin au Compromis si laborieusement établi
Souveraine meurtrie
En quelques années,
les morts successives
de son cousin le roi Louis II de Bavière,
retrouvé noyé dans le lac de Starnberg,
de son père le duc Maximilien, de son fils unique
l'archiduc Rodolphe
de son ami le comte Gyula Andrassy,
de sa sœur la duchesse Sophie-Charlotte d'Alençon
brulée vive dans le tristement célèbre incendie
du Bazar de la Charité à Paris,
et de sa mère la duchesse Ludovica,
plongent Élisabeth dans une douleur
et une mélancolie indescriptibles.
Impératrice assassinée
Le 10 septembre 1898,
par Luigi Lucheni (26 ans) qui veut à tout prix
tuer un prince européen.
Il jette d'abord son dévolu sur
le prétendant au trône de France de l'époque,
le duc Philippe VIII d'Orléans,
mais celui-ci reporte son déplacement à Genève.
L'anarchiste se met alors en faction près de l'hôtel Beau-Rivage
où l'impératrice est descendue.
A 13h35, celle-ci sort au bras de sa dame de compagnie,
la comtesse Irma Sztaray,
afin de prendre le bateau pour sa résidence de Territet,
sur la rive vaudoise du lac Léman.
Passant près du jeune homme,
l'impératrice reçoit ce qu'elle croit être
un coup de poing et trébuche.
Le meurtrier,
qui vient de la poignarder au moyen d'un poinçon très fin,
s'échappe mais est interpellé quelques mètres plus loin.
L'impératrice tient quand même à prendre le bateau,
ce qu'elle fait avec peine, perdant connaissance une fois à bord.
En ouvrant son corsage,
sa dame de compagnie observe un infime point rouge
au dessus du sein, attestant d'une lésion
dans la paroi cardiaque,
fatalement accompagnée d'un épanchement interne.
Ramenée dans ses appartements,
elle décède dans les bras de Fanny Mayer,
l'épouse du propriétaire de l'hôtel.
Aujourd'hui, une statue de l'impératrice
située face à l'hôtel Beau-Rivage rappelle ce funeste événement.
La beauté une obsession
Sissi fut et demeure d'abord connue pour sa beauté,
dont l'attribut majeur était une somptueuse chevelure auburn,
si longue que le petit Rodolphe
pouvait s'y cacher comme dans une forêt.
Conserver sa beauté fut toujours pour Sissi
une véritable obsession.
Elle collectionne les photographies
des plus jolies femmes de l'Empire,
que lui apporte la valise diplomatique.
On peut supposer qu'elle faisait des comparaisons
avec ses propres photographies, réalisées par Angerer.
Vers la fin de sa vie,
elle ne sort plus que voilée
ou dissimulée derrière son légendaire éventail.
Les biographes soulignent également
l'obsession de Sissi pour la minceur.
De toute sa vie, elle ne dépassera guère les cinquante kilos,
ce qui est très peu pour une femme d'un mètre soixante-douze."
Adepte des régimes de l'extrême,
Sissi pratique également la gymnastique
(elle a fait installer des agrès dans le palais viennois de la Hofburg)
et ce que l'on ne nomme pas encore jogging.

Sissi est devenue une
"LEGENDE"





