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La Fontaine : un libertin qui écrivit des fables que nos enfants apprennent

JEAN de La Fontaine

 

l'homme qui parlait et faisait parler les animaux.

 
(1621-1695)
 
 

Est un poète, moraliste, dramaturge,

librettiste et romancier français

 
 
 
 
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1600 - Y. Rigaud 
 
 
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Années de formation (1641-1658)

 

Les parents du poète : Charles de La Fontaine, d'origine champenoise,

et Françoise Pidoux, d'origine poitevine, se marient en 1617.

Le 8 juillet 1621

Jean de La Fontaine est baptisé à Château-Thierry,

où il est né le jour même ou la veille.

 Son père porte le titre de

"Conseiller du Roi et Maître des Eaux et Forêts  du duché de Chaury".

Il est aussi capitaine des chasses.

 

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 Gravure de Château-Thierry, vers 1680 

 

Nous disposons de très peu d'informations

sur les années de formation de La Fontaine.

Nous savons qu'il a étudié au collège de Château-Thierry

jusqu'en troisième où il apprit surtout le latin mais n'étudia pas le grec.

 En 1641, c'est son entrée à l'Oratoire ou il ne restera que dix huit mois

Et rentrera à Château-Thierry en 1943.

Sa vocation poétique s'éveille alors, semble-t-il.

 Il reprend des études de droit et fréquente un cercle de jeunes poètes :

les chevaliers de la table ronde,

 où il rencontre Pellisson, François Charpentier, Tallemant des Réaux,

et Antoine Rambouillet de La Sablière,

qui épousera la future protectrice du poète.

 Il obtient en 1649, un diplôme d’avocat au parlement de Paris.

 Entre temps, en 1647,

 son père lui organise un mariage de complaisance avec Marie Héricart,

 alors âgée de 14 ans et demi, qui lui donne un fils unique, Charles.

 Ses fréquentations parisiennes, pour ce que l'on en sait,

sont celles des sociétés précieuses et libertines de l'époque.

 La Fontaine acquiert la charge

 de maître particulier triennal des eaux

et des forêts du duché de Château-Thierry,

 en 1652, à laquelle se cumule celle de son père à la mort de celui-ci.

Tâche dont on soupçonne

 La Fontaine de ne guère s'occuper avec passion ni assiduité et

qu’il revendit intégralement en 1672.

 C'est aussi qu'il amorce une carrière de poète

par la publication d'un premier texte,

 une comédie adaptée de Térence L'Eunuque, en 1654,

 qui passe totalement inaperçue.

 

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Au service de Fouquet (1658-1663)

 

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En 1658, il entre au service de Fouquet, Surintendant des Finances,

 auquel, outre une série de poèmes de circonstances prévus par contrat, 

 une "pension poétique",il dédie le poème épique Adonis tiré d'Ovide

et élabore, un texte composite à la gloire

du domaine de son patron, le Songe de Vaux,

qui restera inachevé, car Fouquet est arrêté sur ordre de Louis XIV.

 ; La Fontaine écrit en faveur de son patron en 1662,

 l’Ode au Roi puis l’Élégie aux nymphes de Vaux.

On ne sait pas exactement si son voyage

 en Limousin en 1663 est un exil ordonné

 par l'administration louis-quatorzienne,

ou une décision librement consentie d'accompagner

son oncle Jannart, lui exilé. Il tire de ce déplacement une

Relation d’un Voyage de Paris en Limousin :

il s'agit d'un récit de voyage sous forme de lettres en vers

 et en prose adressées à son épouse,

 publié de façon posthume.

 

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L'apogée de l'activité littéraire (1664-1679)

En 1664, il passe au service de la duchesse de Bouillon

 et de la duchesse d’Orléans.

 La Fontaine partage alors son temps entre Paris et Château-Thierry

en qualité de gentilhomme - ce qui assure son annoblissement.

 C'est le moment où La Fontaine fait une entrée remarquée

sur la scène littéraire publique avec un premier conte,

tiré de l'Arioste, Joconde.

Cette réécriture suscite en effet une petite querelle littéraire,

 sous forme d'une compétition avec la traduction

qu'en a proposé Bouillon peu de temps avant ;

 le débat porte sur la liberté dont peut disposer le conteur

 par rapport à son modèle :

 là où le texte de Bouillon est extrêmement fidèle,

 voire parfois littéral,

celui de La Fontaine s'écarte à plusieurs reprises

 du récit du Roland furieux.

 La Dissertation sur Joconde,

qu'on attribue traditionnellement à Boileau,

 tranche le débat magistralement à l'avantage du conte de La Fontaine.

 Deux recueils de contes et nouvelles en vers se succèdent alors,

 en 1665 et 1666, dont les canevas licencieux

sont tirés notamment de Boccace et des Cent nouvelles.

 Continuation de cette expérience narrative

 mais sous une autre forme brève,

cette fois de tradition morale, les Fables choisies et mises en vers,

 dédies au Grand Dauphin, paraissent en 1668.

En 1669,

 La Fontaine ajoute un nouveau genre à son activité

en publiant le roman Les amours de Psyché et de Cupidon,

 qui suscite une relative incompréhension au vu de sa forme inédite :

mélange de prose et de vers, de récit mythologique -

 cette fois tiré d'Apulée et de conversations littéraires,

 le texte contrevient à des principes élémentaires

 de l'esthétique classique.

 C'est à partir de la fiction des "quatre amis"

que met en scène ce roman qu'on a spéculé sur l'amitié qui unirait

La Fontaine, Molière, Boileau et Racine, sans grande preuve :

 si La Fontaine est lié lointainement à la famille de Racine,

leurs relations sont épisodiques ;

les rapports avec Molière ne sont pas connus si tant est qu'ils existent ;

quant à Boileau, il n'y a guère de trace d'une telle amitié.

 Après sa participation à un

 Recueil de poésies chrétiennes et diverses 

édité en 1670 par Port-Royal,

La Fontaine publie successivement, un troisième recueil de

 Contes et nouvelles en vers, et un recueil bigarré,

contenant des contes, des fables,

 des poèmes de l'époque de Fouquet,

 des élégies, sous le titre de Fables nouvelles et autres poésies.

En 1672 meurt la Duchesse d’Orléans :

La Fontaine connaît alors de nouvelles difficultés financières ;

 Marguerite de La Sablière l'accueille

et l'héberge quelques mois après, probablement en 1673.

 

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En 1674, La Fontaine se lance dans un nouveau genre l'opéra,

avec un projet de collaboration avec Lully, qui avorte.

C'est l'occasion d'une violente satire de La Fontaine contre Lully,

 registre rare dans son œuvre,

 mais où il excelle en ce poème intitulé Le Florentin.

La même année, un recueil de Nouveaux Contes est publié,

l'édition est saisie et sa vente interdite :

 si La Fontaine avait chargé le trait anticlérical et la licence,

reste que ces contes demeuraient dans la tradition du genre

et dans  qui rendait relativement inoffensive leur charge.

 Après deux recueils de Contes,

c'est à nouveau un recueil de

 Fables choisies et mises en vers

que publie La Fontaine en 1678 et 1679, cette fois-ci

 

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dédié à Madame de Montespan,

 

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Les années 1680 : autour de l'Académie

Période moins faste, où les productions

sont quantitativement moins importantes, mais non moins diverses.

L'activité littéraire des années 1665-1679 se solde en 1683

par une élection, néanmoins tumultueuse, à l'Académie française,

sans qu'on puisse préciser les exactes raisons de cette difficulté :

on a pu faire l'hypothèse que l'administration louis-quatorzienne

gardait rancune au poète qui avait publié

deux poèmes en faveur de Fouquer. 

Toujours est-il que La Fontaine,

 après une vague promesse de ne plus rimer de contes,

 est reçu le 2 mai 1684 à l'Académie, où,

en sus du remerciement traditionnel, il prononce un

Discours à Madame de La Sablière

où il se définit, en une formule fameuse, comme

"papillon du Parnasse".

L'année suivante,

 l'Académie est encore le cadre d'une nouvelle affaire

 dans laquelle est impliquée La Fontaine :

 Furetière, qui en composant son propre dictionnaire

a passé outre le privilège de la compagnie en cette matière,

est exclu, et lance une série de pamphlets

notamment contre La Fontaine,

 son ancien ami, qu'il accuse de trahison

 et contre lequel il reprend l'accusation de libertinage.

C'est une autre vieille amitié, elle sans rupture, qui donne jour,

 la même année, aux

Ouvrages de prose et de poésie des sieurs

de Maucroix et de La Fontaine ;

 le recueil contient des traductions de Platon,

 Démosthène et Cicéron par Maucroix et de nouvelles fables

et de nouveaux contes de La Fontaine,

 qui aura peu attendu pour trousser quelque nouvelle licencieuse.

Nouveau scandale, de plus grande ampleur, à l'Académie :

 la lecture du poème Le siècle de Louis Le Grand de Perrault

 déclenche la Querelle des Anciens et des Modernes,

dans laquelle La Fontaine se range, non sans ambiguïtés,

 du côté des Anciens, par une Epître à Monsieur de Soissons,

prétexte à une déclaration de principes littéraires,

 dont la plus fameuse reste

 "Mon imitation n'est point un esclavage"

 

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Les dernières années et les dernières fables (1689-1695)

     

Une série de fables sont publiées en revue entre 1689 et 1692,

 qui sont rassemblées en 1693, avec des inédites et celles de 1685,

dans un ultime recueil.

 

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 dédié au duc de Bourgogne, fils aîné du Grand Dauphin

 et à ce titre héritier présomptif de la Couronne.

 

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 Entretemps, La Fontaine tombe gravement malade ;

on dispose d'un récit de 1718 du P. Pouget,

 confesseur de La Fontaine,

qui assure d'une conversion de La Fontaine

 lors de cette maladie et d'un reniement public de ses contes

 devant une délégation de l'Académie.

 Néanmoins, cet événement ne figure aucunement

sur les registres de l'Académie.

 La Fontaine est enterré au cimetière du Père Lachaise

, depuis le transfert de sa dépouille en 1817,

en même temps que celle de Molière.

 

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Les Fables

 

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Ses Fables constituent la principale œuvre poétique du classicisme,

 et l'un des plus grands chefs d'œuvre de la littérature française,

 ce qui a pu faire dire à Sainte-Beuve que La Fontaine

 était l'Homère des Français :

le tour de force de La Fontaine est de donner

par son travail une haute valeur à un genre

qui jusque là n'avait aucune dignité littéraire

et était réservé aux exercices scolaires de rhétorique et de latin.

Travail de récriture des fables d'Ésope, de Phèdre,

Abstémius, mais aussi de textes d'Horace

 (le Rat des villes et le rat des champs),

de Tite-Live ("les Membres et l'estomac"),

de lettres apocryphes d'Hippocrate

 ("Démocrite et les Abdéritains"),

 et de bien d'autres encore,

 elles constituent une somme de la culture classique

 latine et grecque,

et s'ouvrent même dans le second recueil à la tradition indienne

 avec le choix de fables du Panchatantra.

Œuvre tout à la fois de poésie et de pensée :

car les Fables offrent une méditation en acte sur la nature

et les effets de la parole, spécialement politique,

et de leur propre énonciation :

Louis Marin a ainsi montré la subtilité de la réflexion

comme du dispositif de ces fables apparemment innocentes

, à partir de l'exemple paradigmatique de la fable intitulée

 Le Pouvoir des Fables.

 

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Illustration des Fables

 

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Les fables sont illustrées dès la première édition

par Chauveau et ses disciples :

 c'est que la fable est un genre proche de l'emblème,

 et à ce titre fonctionne comme une image morale ;

 elle accueille donc volontiers son redoublement iconographique

 à des fins didactiques.

Au XVIIIe siècle, Oudry propose de nouvelles illustrations,

 plus naturalistes. Grandville en 1838,

 puis G. Doré proposent successivement une nouvelle iconographie.

 Au XXe siècle, B. Rabier suivi de Chagall

proposent à leur tour leurs visions des Fables.

 

 

posted by HARMONY at 14:58 | in: XVII ème siècle
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