
Marie Ire d'Écosse
Marie Stuart
ou
Mairi Ire en gaélique écossais
8 décembre 1542 - 8 février 1587
Reine d'Écosse (1542-1567)
et
de France (1559-1560)

Fille du roi Jacques V d'Écosse et de son épouse française Marie de Guise,
elle est née au palais de Linlithgow, en Écosse.
Son père mourut à l'âge de trente ans, probablement du choléra.
Marie devint reine alors qu'elle avait six jours.
James Hamilton (2e comte d'Arran),
étant le plus proche héritier de la couronne après elle,
assura la régence du royaume jusqu'en 1554 où il fut remplacé par la reine mère,
Marie de Guise jusqu'à sa mort en 1560.
Six mois après sa naissance, en juillet 1543,
les traités de Greenwich promirent Marie
comme épouse au fils d'Henri VIII d'Angleterre.
Deux mois plus tard, Marie et sa mère,
qui s'opposait fortement à cette proposition de mariage,
se cachèrent au château Stirling où elle eut un petit sacre le 9 septembre 1543.
les exigences du roi d'Angleterre qui voulait élever la fillette à Londres
firent hésiter les Écossais et impatient,
celui-ci décida de reprendre la guerre pour s'emparer de l'enfant.
La lutte entre les deux couronnes était inégale
et les Écossais implorèrent rapidemment l'aide de la France.
La régente proposa alors d'unir sa fille à François, le jeune dauphin de France,
fils d'Henri II et de Catherine de Médicis.
Pour elle, c'était aussi un nouveau pas vers le rapprochement des Guise
avec le pouvoir français.

Une enfance heureuse à la cour de France

Marie et François enfants
En 1548, la France accepta les fiançailles, sa mère Marie de Guise,
rongée de chagrin dû rester sur place afin de poursuivre la régence.
A la cour d'Henri II, Marie Stuart connut une enfance heureuse.
Elle suscita l'admiration tant pour son physique
que pour sa précoce vivacité d'esprit et son goût pour les échanges épistolaires.
Elle y reçut une éducation et des divertissements qui lui firent
méconnaître les réalités de la vie écossaise.
Personne ne pensait qu'elle aurait à retourner un jour dans son pays.

Le mariage
Le mariage ne fut pas jugé urgent par Henri II qui la gardait près de lui.
Tant que le mariage n'était pas célébré,
il était toujours possible de revenir sur les engagements antérieurs,
et de toutes façons,
le dauphin bien que devenu majeur n'était pas encore assez mûr.
En 1557, tout changea

François II et Marie Stuart
On les fiança et les maria en avril 1558 avec un faste digne de leur rang.
François reçut la couronne matrimoniale d'Écosse
et les deux pays s'autorisèrent la double nationalité.
En vertu d'une clause secrète,
il fut convenu qu'au cas où Marie Stuart mourrait sans enfants,
elle léguait son royaume à la France (et non à son mari).
La couronne d'Angleterre
et
la couronne de France

Quelques mois seulement après le mariage,
Sa demi-soeur cadette Elisabeth fut aussitôt proclamée reine.
Mais issue d'une union jugée illégitime par les catholiques,
son avènement prèta à contestation et Marie Stuart
(qui devenait ainsi la principale héritière légitime d'Henri VII)
put revendiquer le trône d'Angleterre.
Elle fut reconnue comme telle en Écosse et en France,
mais ceci resta théorique : aucun Anglais,
même catholique n'accepta cette étrangère pour reine.

François II, malade,
succomba 18 mois après son accession au pouvoir.
Marie Stuart devenait reine de France.

Le deuil blanc des Reines de France
Marie Stuart étant veuve, se retira à Reims
dans le monastère de l’abbaye de Saint-Pierre-les-Dames dont sa tante,
Renée de Lorraine, sœur du duc de Guise et de l’archevêque de Reims,
Charles de Lorraine, était abbesse ;
- c’est là, qu’elle passa l’hiver de 1560 à 1561,
ayant reçu en douaire la ville et seigneurie d’Épernay ;
- c’est là qu’elle porta les deuils successifs de son mari
et de sa mère la reine d’Écosse, morte quelques mois auparavant,
le 11 juin 1560 et dont les restes venaient d’être apportés
d’Édimbourg à Reims
. C’est de là, enfin, qu’elle partit pour s’embarquer à Calais
et quitter définitivement la France le 14 août 1561.
Le vendredi 23 décembre 1588 vers 8 heures du matin,
son cousin germain, Henri de Guise,
est assassiné sur ordre d'Henri III au château de Blois.
Avant la démolition, en 1919,
des bâtiments qui bordaient la rue dont le nom évoque
aujourd’hui la fastueuse abbaye, on montrait encore,
dans les ruines, la fenêtre de la chambre qu’aurait occupée
Marie Stuart pendant son séjour à Reims.
Du côté de l'Ecosse
les nouvelles étaient très mauvaises :
sa mère Marie de Guise venait de mourir
et le parlement écossais très favorable au protestantisme décida aussitôt
de mettre fin à la guerre avec l'Angleterre (traité d'Edimbourg),
de reconnaître. C'en était fini de l'alliance avec la France.

En France,
la fin de l'année 1560 fut tout aussi dramatique :
Marie Stuart était veuve.
Peu de temps après, il fallut lui trouver un nouveau mari.
On pensa un instant à l'infant d'Espagne, don Carlos,
mais Philippe II se montra réticent ;
car pour rétablir l'autorité de Marie en Écosse,
il faudrait procéder par la force et il jugea l'opération peu rentable.

Retour en Écosse

Marie, Reine d'Ecosse
La jeune veuve retourna en Écosse l'année suivante.
Malgré son éducation,
elle n'était pas préparée aux intrigues de la cour d'Écosse de cette époque.
La religion divisait le peuple et le frère illégitime de Marie,
Jacques Stuart, comte de Moray était le meneur de la faction protestante.
Marie, en catholique fervente,
était vue avec soupçon par une grande partie de ses sujets.
Son goût pour la danse et les robes sophistiquées étaient dénoncés
par des réformateurs protestants comme John Knox.
Marie ne prit pas la tête du parti catholique, ce qui le déçut.
Au contraire, elle tolérait les protestants et gardait Jacques Stuart,
son demi-frère protestant comme son plus proche conseiller
. En fait, elle prenait acte de son manque
de forces militaires face aux seigneurs protestants.
Mais elle réduisit encore sa marge de manœuvre
en se joignant à Jacques Stuart dans l'anéantissement
du chef catholique Lord Huntly en 1562.
En 1561, Marie voulut faire évoluer ses relations avec Élisabeth;
pour cela, elle essaya de s’en rapprocher en l'invitant en Écosse
. Élisabeth refusa et le désaccord continua entre elles.

Le 29 juillet 1565,
Marie épousa sans préavis Henri Stuart
lord Darnley, un petit neveu du roi Henri VIII, et son cousin germain.
Ce mariage avec un meneur catholique précipita son demi-frère
Jacques dans le parti protestant en rébellion.
Ils furent mis en déroute dans ce qui est connu
comme le raid de Chaseabout.

Marie et Darnley
Marie tomba enceinte mais Darnley devint aussi arrogant,
insistant que son titre de roi lui donnait du pouvoir.
Il était jaloux de l'amitié de Marie
avec son secrétaire privé David Rizzio et en mars 1566
Darnley entra dans une conspiration secrète
avec les nobles qui s'étaient rebellés précédemment.
Le 9 mars, un groupe de seigneurs accompagné
par Darnley assassina Rizzio
pendant qu'il était en conférence avec la reine
dans le palais de Holyrood House.
Cette action fut le catalyseur pour la cassure de leur mariage.
Darnley bientôt changea de camp et trahit les seigneurs.
Mais dans une autre occasion il attaqua Marie
et sans succès essaya de la faire avorter
.

En juin 1566,
Marie commença une liaison avec Jacques Hepburn
4e comte de Bothwell, un aventurier qui devint son troisième époux.
Un complot fut mis en place pour éliminer Darnley
qui était déjà malade (peut-être de la syphilis).
Il récupérait dans une maison à Édimbourg
où Marie lui rendait régulièrement visite,
ce qui pouvait laisser à penser qu’une réconciliation était possible.
En février 1567, une explosion intervint dans la maison
et Darnley fut retrouvé mort dans le jardin, apparemment étranglé.
Cet événement qui aurait dû sauver Marie ne fit que salir sa réputation.
Bothwell était généralement considéré comme coupable
mais un tribunal de complaisance l'acquitta.
Peu après, il abusa de Marie ;
la nouvelle qu’elle l'avait épousé scella son destin.
Arrêtée par une confédération de nobles écossais,
Marie fut emprisonnée au château de Loch Leven en juin 1567.
Le château se trouve sur une île au milieu du Loch Leven
. Entre les 18 et 24 juillet 1567, Marie avorta de jumeaux.
Le 24 juillet, elle dut aussi abdiquer le trône d’Écosse
en faveur de son fils Jacques, âgé d'un an.

Evasion en Angleterre
Le 2 mai 1568, elle s'évada et à nouveau leva une petite armée.
Après sa défaite à la bataille de Langside le 13 mai,
elle s'enfuit en Angleterre trois jours plus tard
où elle fut emprisonnée par les officiers
d'Élisabeth à Carlisle le 19 mai.
Elle dit cette phrase célèbre
« En ma Fin gît mon Commencement »
et la broda sur sa robe.
Après quelques hésitations sur l'accusation
à propos du meurtre de Darnley
, Élisabeth ordonna une enquête plutôt qu'un procès.
Marie fut détenue d'octobre 1568 à janvier 1569 à York.
L'enquête était sous influence politique -
Élisabeth ne souhaitait pas la condamner pour meurtre
et Marie refusait de reconnaître l'autorité
de quelque cour que ce soit.
Il suffisait de la garder hors d'Écosse
et ses partisans sous contrôle.
Le cas tenait dans les huit lettres du coffret
qui auraient été écrites par Marie à Bothwell
découverte par le comte de Morton.
Marie ne fut pas autorisée à les voir ni à parler pour sa défense.
Elle refusa d'offrir une défense écrite à moins
qu'un verdict de non culpabilité lui soit assuré,
ce que refusa Élisabeth.
Bien qu'une analyse graphologique attribua ces lettres à Marie
le tribunal ne put conclure à la culpabilité.
Les lettres originales furent perdues en 1584
et les copies ne sont pas complètes.
Comme Élisabeth considérait les demandes de Marie
au trône comme un complot,
elle l'assigna à résidence pendant dix-huit ans
sous la garde de Georges Talbot,
6e comte de Shrewsbury et sa redoutable épouse Bess de Hardwick,
dont la fille épousa le frère du deuxième époux de Marie
et eut un enfant,
Arabella Stuart. Bothwell fut emprisonné au Danemark,
devint fou et mourut en 1578 encore en prison.

Elisabeth 1er d'Angleterre


Exécution
Marie devint finalement une charge qu'Élisabeth
ne pouvait plus tolérer à cause de nombreux rapports
de complots projetant de la tuer
(dont certains historiens suspectent qu'ils étaient fomentés
par les ennemis de Marie).
Marie Stuart fut exécutée au château Fotheringhay
le 8 février 1587
comme suspecte dans la participation du complot Babington.
Elle choisit de porter une robe rouge,
se déclarant elle-même une martyre catholique.
Les témoignages confirment que son bourreau
était saoul le jour de son exécution,
et qu'il eut besoin de trois coups de hache
pour exécuter la sentence.
Lorsque ses servantes s'avancèrent pour la déshabiller,
les bourreaux se précipitèrent,
car la coutume voulait qu'ils récupèrent pour eux
les vêtements des condamnés.
Marie s'offusqua, disant qu'elle ne s'était jamais déshabillée
devant autant d'hommes.
Mais elle finit par se résigner,
refusant cependant qu'ils la touchent et
enlevant elle-même son dernier jupon.
Voyant alors sa détresse de se trouver nue,
une de ses servantes s'avança et lui noua un foulard sur les yeux.
Elle se mit alors en place,
et le premier coup lui fit juste une entaille.
Puis le deuxième tomba complètement à côté,
et ce ne fut qu'au troisième que la tête tomba.
Le bourreau la ramassa
et la mit en exposition sur un balcon proche,
où elle resta exposée tout un jour.
Marie Stuart,
victime des passions religieuses qui divisèrent l’Écosse,
souhaita être inhumée à Reims,
où elle vécut les quelques heures de calme et de tranquillité
de son existence orageuse et tragique, à côté de sa mère,
de son oncle le cardinal, de sa tante l’abbesse.
Elle fut enterrée d’abord à la cathédrale de Peterborough,
mais son corps fut exhumé en 1612 quand son fils
(alors roi Jacques VI d'Écosse) ordonna qu'il soit placé
à l'Abbaye de Westminster;
il y repose depuis à dix mètres de celui de sa cousine
Marie et son fils, le futur Jacques VI d'Ecosse






