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Louis XIV le roi danseur
LE ROI DANSEUR
 
 
 
En 2000 Le roi danse,
 
 était le titre d'un film qui mettait en scène
les relations entre Louis XIV et Lully.
 
 
 
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Debout sur son char de triomphe,
somptueusement vêtu d'un chatoyant costume figurant
 
"L'Etoile du point du jour",
 
 le jeune Philippe, duc d'Anjou, frère du roi,
entre en scène et annonce devant un parterre ébloui de courtisans :
 
"Le Soleil qui me suit, c'est le jeune Louis. !
La troupe des astres s'enfuit !
 Dès que ce grand Roi s'avance; !
Les nobles clartés de la Nuit !
Qui triomphaient en son absence !
N'osent soutenir sa  présence !
Tous ces volages feux s'en vont évanoui.
 Le Soleil qui me suit, c'est le jeune Louis."
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Alors paraît le Dieu-Soleil, l'Apollon radieux et triomphateur,
déployant sa grâce lumineuse dans la clarté d'une aurore de théâtre !
 Louis XIV, fardé et pommadé, porte un costume scintillant,
 avec une jupe courte à la romaine.
 Sa coiffure, ornée de hautes plumes,
 jette des rayons d'or et d'argent. Il a quinze ans.
 
 
Nous sommes le 23 février 1653, peu de jours après la fin du Carnaval,
 dans la salle du Petit-Bourbon, près du Louvre.
 La cour, avant l'entrée en Carême, assiste à la représentation du
 Ballet royal de la Nuit.
La Fronde, qui a opposé les grands princes à la famille royale,
vient de s'achever, le sang de la guerre civile a séché.
 Les plaisirs de Paris ont repris leur cours ordinaire. 
 
 
 
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Le Ballet de Cour
 
 
Très prisé à l'époque, le ballet de cour,
 dont l'origine remonte à la fin du XVIe siècle,
est un genre composite alliant la poésie, la musique
et la danse à la machinerie baroque.
Il est formé d'une suite d'"entrées"
sur des thèmes mythologiques, bucoliques ou exotiques.
 On saute sans transition du lyrisme au merveilleux,
 du romanesque au burlesque,
de la mascarade gaillarde au poème élégiaque.
 
Des chasseurs, des bergers e
t des bergères et le soleil levant
 
Le Ballet royal de la Nuit,
 l'une des compositions les plus réussies,
dont le livret es dû à la muse babillarde
 d'Isaac de Benserade,
la musique, vive et élégante,
au surintendant de la musique du roi, Jean de Cambefort,
et les machines (décors et accessoires de théâtre)
 au décorateur italien Giacomo Torelli,
a pour thème la lente tombée de l'obscurité,
 les mystères de la vie nocturne
avant l'arrivée rayonnante du jour.
Sont évoqués les chasseurs
qui rentrent au son du cor,
les bergers et les bergères qui s'égaient
 dans un concert de flûtes et de musettes,
 les marchands qui ferment leurs échoppes, etc.
 Le roi, qui, dans ce pot-pourri, 
a tenu cinq ou six rôles au milieu des courtisans déguisés,
réapparaît en finale habillé en soleil levant...
 
 
 
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Le cardinal de Mazarin
 
 
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 qui vient de rentrer d'exil après avoir été chassé de Paris par la Fronde,
préfère au ballet de cour l'opéra italien,
 qu'il tente d'acclimater en France.
N'y parvenant pas,
il trouve le moyen de tirer parti de
l'engouement des seigneurs et des dames
 pour ce passe-temps de fantaisie, 
l'utilisant dans un sens politique
afin d'exalter la monarchie absolue,
cette monarchie qui a bien failli disparaître
 dans la tourmente de la Fronde.
L'artifice du théâtre est mis
au service de la grandeur du prince !
 
 
 
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L'éducation du Roi
 
 
Malgré les désordres de la Fronde,
 la régente Anne d'Autriche et le Premier ministre Mazarin
ont fait tous les efforts pour donner au jeune
 Louis XIV une solide formation.
 Mais le roi n'a pas un goût prononcé pour les études,
 il leur préfère le grand air, la chasse, les promenades,
les exercices physiques et les parades militaires.
Par dessus tout, il aime la musique,
 joue du luth et de la guitare
et a une passion pour la danse.
A huit ans,
le petit roi était déjà un remarquable artiste,
 à treize il se produisait en public dans le
 Ballet de Cassandre,
habillé en page.
A quinze ans il est en scène un vigoureux athlète,
 grand et bien découplé.
Il faut être robuste et endurant
pour interpréter ce genre de ballet.
 
 
 
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Le Roi en Mars et en Apollon
 
 
Le roi est à la fois Mars, le dieu de la guerre et Apollon,
 le soleil éclatant dissipant les ténèbres de la Fronde,
l'ordonnateur de l'harmonie cosmique,
terrassant l'hydre de la guerre,
 restaurant la paix et
 imposant ordre et obéissance en ses Etats.
 
D'autres ballets suivront et il n'étonne personne
de voir le roi y tenir des rôles féminins :
 nymphe, déesse...
 
 
 
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Gianbattista Lulli
 
 
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 Lors de la première représentation du
Ballet royal de la Nuit
se produit également en tant que danseur
un Florentin de vingt ans,
 employé au service de la Grande Mademoiselle
 (cousine du roi),
 Gianbattista Lulli.
 C'est le début de la flamboyante carrière du
 "grand baladin",
 qui bientôt francisera son nom en
Jean-Baptiste Lully.
Quelques jours après la représentation de
La Nuit,
le 16 mars 1653,
 il est nommé compositeur
de la musique instrumentale de la Chambre,
 l'une des trois institutions musicales de la maison du roi,
 avec la Chapelle et l' Ecurie.
 Il sera l'un des créateurs majeurs de ballets,
 d'opéras et de divertissements du règne,
sans compter son admirable production
de grands et petits motets (chants d'église).
Lully est un génie impérieux et tyrannique,
qui va imposer son goût pour l'opéra français
et la tragédie lyrique.
Surintendant de la musique du roi
puis directeur de l'Académie royale de musique,
il exercera en France une sorte de monopole officiel
sur la production musicale et dramatique.
 
 
 
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Molière, un passionné de musique
 
 
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    Au même moment,
Molière, lui aussi pétri de culture classique
 et passionné de musique,
se consacre à un genre nouveau, la comédie-ballet,
dont le prototype est
 Les Fâcheux,
commandé par Fouquet
pour la fête de Vaux en 1661.
Le ballet, cette fois, est incorporé à la comédie.
 
 
 
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Une mode passe
 
 
La vogue du ballet de cour passe peu à peu.
 Les courtisans amateurs désertent les planches
 au profit de danseurs professionnels.
Quel est le sens de cette évolution ?
 
La comédie-ballet n'est plus un instrument chargé
de dire la grandeur royale,
mais un simple divertissement de cour.
 Songeons au
Bourgeois gentilhomme 
 
et aux turqueries de Lully  qui y prennent place,
 ou au
 Malade imaginaire
dont les intermèdes musicaux
 sont dus au rival,
de ce dernier, Marc-Antoine Charpentier.
 
 
 
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Le dernier rôle d'un roi
 
    Le 4 février 1670, le roi-danseur,
qui a trente et un ans,
 paraît dans une autre comédie-ballet,
 
 "Les Amants magnifiques".
 
Dans cette oeuvre composite,
 Molière a cousu quelques restes de ballets de cour
avec les artifices du genre :
apparition de Neptune au fond de sa grotte mystérieuse,
de dieux marins avec leurs tridents dorés en carton-pâte,
danses de dryades et de faunes
et tirade finale du roi en Apollon-Phébus,
 qui s'exclame :
 
 "Je suis la source des clartés;
 Et les astres les plus vantés;
 Dont le beau cercle m'environne;
Ne sont brillants et respectés;
 Que par l'éclat que je leur donne."
 
C'est la dernière fois que Louis XIV
 monte sur les planches,
après y avoir tenu plusieurs dizaines de rôles.
A la vérité il n'a plus besoin pour s'imposer physiquement
de la féerie du langage codé,
 du monde enchanté de l'imaginaire.
 
 Le roi par sa gloire et ses conquêtes,
est supérieur à tous les héros de l'Antiquité. 
Un monde nouveau, plus grave,
va éclore sur les ruines de l'enchantement baroque.
Le gentilhomme s'est mué en homme de cour,
 et Louis, désormais, a la conviction d'être véritablement le
 
 ROI-SOLEIL.
 
 
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                                                               Source Jean-Christian Petitfils, docteur en science politique

 

 

 

 

posted by HARMONY at 15:14 | in:
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Quel article passionnant et comme il est agréable de se replonger dans l'histoire de cette faççn là.
Merci Harmony !!
bisous
chantal
http://chantalbod.chezblog.com
Posted by boddaert at 17:51, 26/08/2007 | Link | |

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