LA MAISON LOUIS XIV
Pourquoi
LOHOBIAGUE-ENEA
est-elle ainsi "rebaptisée"?
C'est ainsi à Saint-Jean
que l'on nomme une maison noble basque.
Le mot d'Harmony
"Quelques mots sur Saint-Jean, que j'affectionne son port,
agréable petite ville, ou tout est occasion pour faire la fête :
sardinade, fête du thon....
Ville ou ma "nana" s'est mariée, dans la magnifique église
qui vit les épousailles du roi Louis XIV
avec l'Infante d'Espagne et dont il fit
boucher la porte pour que plus personne n'y passe."
Plaque apposé sur la porte d'entrée de l'église,
porte que le roi fit murée.
Saint-Jean-de-Luz ou en basque :
Donibane-Lohitzun
"Il y a une époque capitale dans l'histoire de Saint-Jean-de-Luz :
ce sont les vingt années qui, de 1640 à 1660
s'écoulèrent jusqu'à l'épilogue du traité des Pyrénées".
Avant le traité entre la France et l'Espagne,
le pays était un terrain de manoeuvres d'escarmouches,
de combats entre les deux pays.
LOHOBIAGUE-ENEA
Construite en 1643 par un riche armateur, Johannis de Lohobiague,
elle devait y acceuillir en 1660 et pendant un mois,
le jeune roi Louis XIV, venu signer le Traité des Pyrénées
et épouser le 9 juin en l'Eglise de la ville,
l'Infante Marie-Thérèse d'Espagne
Le mariage de Louis XIV, eau-forte du XVIIe siècle,
tirée sur les cuivres de Chalcographie
Cette belle demeure toujours habitée
par les descendants des Lohobiague est,
grâce à son mobilier ancien, très évocatrice de la vie
d'un grand armateur du XVIIe siècle.
Son architecture extérieure est élégante,
dans le style classique de l'époque, où l'hamonie réside
dans une symétrie bien proportionnée.
Ce que je préfère, ce sont les tourelles d'angle
couronnées de toits aigus en bâtière,
elles reposent sur des trompes en éventail
absolument remarquables,
qui sont un chef-d'oeuvre de stéréotomie,
c'est-à-dire de science et d'art de tailler la pierre.
A part cela, l'architecture est simple,
typiquement basque avec quatre murs parallèles
de plus de soxante centimètres d'épaisseur
et pour supporter les planchers,
de grosses poutres établies entre ces murs.
On ne visite que l'étage noble (le second étage)
où réside le maître de maison
et qui comprend les pièces de réception.
C'est là que vécut Louis XIV pendant son séjour,
et le cadre soigneusement conservé est resté le même.
La ville était prospère grâce à la pêche
et et au commerce avant tout.
Elle était belle aussi et il lui reste encore
un charme particulier et quelques vieilles demeures
de cette première partie du XVIIé siècle,
qui font toujours mon régal.
Visite de la maison
L'entrée se fait par une vaste porte cochère centrale,
sur la façade Louis XIII.
La grande porte en chêne s'orne de moulures classiques
et d'une belle coquille sur chaque vantail
qui la date avec précision.
Le seuil passé on est saisi par l'allure majestueuse
du grand escalier en bois de chataignier,
simplicité et élégance sont le fruit du travail
d'excellents charpentiers de la marine de l'époque.
Les barreaux des rampes sont typiquement basques
par leur façon en bois tourné,
faits à la main, il n'y en a pas deux semblables.
Le premier étage
n'est qu'une sorte d'entresol servant à loger les enfants du maître,
les jeunes ménages de la famille,
les parents célibataires, de vieux oncles et de vieilles tantes...
Second étage
La chambre qu'occupa Louis XIV
Une superbe grille en fer forgé donne accès à une passerelle,
unique en son genre.
La grille franchie, on admire la disposition des lieux
ou tout est conçu pour la réception et l'acceuil de grand style.
En face de la passerelle, se trouve
une grande porte-fenêtre donnant accès au balcon
avec sa magnifique balustrade en fer forgé.
C'est d'ici que le Roi, après son mariage à l'église,
vint saluer la foule qui, sur la place,
l'acclamait ainsi que la Reine.
Il jeta de ce balcon les pièces en or
frappées spécialement pour la circonstance,
avec sur une face l'effigie des époux royaux, et,
de l'autre, l'inscription Non loetior alter,
avec la ville de Saint-Jean-de-Luz représenté sous une pluie d'or.
Service en vermeil offert par Louis XIV
à Madame de Lohobiague
Église Saint-Jean-Baptiste
Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques)
Tellement massive et imposante,
l'église Saint-Jean-Baptiste à Saint-Jean-de-Luz
ne passe pas inaperçue...
Elle est considérée comme la plus grande
et la plus célèbre des églises basques :
son architecture sobre et austère, ses murs épais,
et son clocher carré, surmonté d'un clocheton octogonal,
forment un bel ensemble.

A l'emplacement d'une première église incendiée en 1419,
l'église fut construite en plusieurs étapes.
La plupart des transformations eurent lieu au XVIIe siècle :
création de chapelles latérales, élargissement du choeur,
ouverture du grand portail et enfin surélévation du clocher.
Suite à la signature du traité des Pyrénées,
qui mettait fin à la guerre entre les puissances françaises
et espagnole, c'est dans cette église qu'eut lieu,
le 9 juin 1660, la cérémonie du mariage
de Louis XIV avec la fille du roi d'Espagne,
l'infante Marie-Thérése d'Autriche.
La porte par laquelle était sorti le couple royal
fut par la suite obturée
et l'entrée principale se trouve sur le côté de l'église
dans les rues piétonnes.
A l'intérieur, l'église est très ornée.
La piéce maîtresse est sans aucun doute
son l'impressionnant retable,
comprenant 20 statues en bois doré, et datant de 1670,
oeuvre du sculpteur Martin de Bidache.
Superbe rétable, à droite se trouve la statue de la Vierge Marie
au pied de laquelle ma fille a déposé des lys blanc le jour de son mariage.
Détails de la très riche décoration intérieure
Plafonds, piliers... tout les éléments sont sculptés et peints.
L'orgue

Les archives municipales indiquent
qu'un orgue était en fonction au début du XVIIe siècle.
En 1636, les communes de Ciboure et Saint-Jean-de-Luz
furent occupées, incendiées, détruites
par les troupes espagnoles :
il semble que l'orgue ait fait les frais
de cette violence et soit resté plusieurs années à l'abandon.
Pour l'occasion du mariage du roi Louis XIV,
il fallut remettre l'instrument en état au plus vite.
Un contrat fut signé, le 28 avril 1659, avec Gérard Brunel,
organier originaire de Rodez,
qui s'engagea à reconstruire l'instrument
dans son ancien meuble,
un buffet en un seul corps datant vraisemblablement
de la Renaissance.
Brunel reconstruisit un petit orgue comprenant
deux claviers, un pédalier et treize jeux.
L'église était alors en pleins travaux d'agrandissement.
Lors du démontage des vieilles galeries, en 1672,
l'orgue disparut de l'église; peut-être fut-il vendu?
Il ne fut remplacé qu'en 1711.
Pour loger le nouvel instrument,
il fut édifié un buffet réutilisant des éléments plus anciens.
Au cours des siècles, ce beau buffet sculpté,
aujourd'hui classé
« Monument Historique »,
c'est un des principaux orgues du département.