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Compiègne le plus ancien palais royal français
Le château de Compiègne
ancienne résidence royale située dans l'Oise en Picardie

Histoire
Quatre palais se sont succédé à Compiègne.
Le plus ancien remonterait au début de la dynastie mérovingienne
daterait du règne de Clovis,
et était probablement construit en bois, quant à son emplacement,
il est malaisé à déterminer.
Sous les Carolingiens,
Compiègne est fréquemment le lieu de réunion
des "assemblées générales" d'évêques et de seigneurs et,
à partir du règne de Pépin le Bref,
devient un lieu important sur le plan diplomatique :
c'est là qu'en 757, Pépin accueille, au milieu d'une grande assemblée,
une ambassade de l'empereur de Constantinople
Constantin V Copronyme
et qu'il reçoit l'hommage du duc de Bavière, Tassilon III.
C'est là aussi que Louis le Pieux réunit plusieurs assemblées dont deux,
tentent de le pousser à l'abdication.
Le palais de Charles le Chauve
Charles le Chauve établit progressivement à Compiègne
le siège de son autorité royale puis impériale.
En 875, il y reçoit une ambassade de l'émir de Cordoue, Muhammad Ier,
qui apporte de riches présents convoyés à dos de chameau
Sacré empereur à Rome à la Noël 875,
Charles fonde en 877 l'abbaye Notre-Dame de Compiègne
qu'il établit à l'emplacement de l'ancien palais mérovingien,
tandis que lui-même se fait construire un nouveau palais situé vers l'Oise,
auquel l'abbaye sert de chapelle impériale,
sur le modèle du palais que son grand-père Charlemagne
avait créé à Aix-la-Chapelle.
Les Capétiens continuent à fréquenter Compiègne,
mais le palais perd progressivement son rôle politique.
Philippe Auguste renforce les murailles de la ville
et fortifie le vieux palais carolingien
en érigeant un donjon pour mieux contrôler l'Oise.
Le processus d'aliénation du domaine royal s'achève sous Saint Louis.
Seule la grande salle et la tour de l'ancien palais
sont conservées comme siège et symbole de
l'administration militaire et féodale,
mais les grandes assemblées doivent désormais
se tenir à l'abbaye de Saint-Corneille.
Le roi ne conserve à Compiègne qu'une modeste résidence
en lisière de la forêt, au lieu-dit Royallieu.
Le palais médiéval
Charles V édifie vers 1370 un château à l'origine du palais actuel.
En 1358, alors qu'il n'est encore que régent du royaume,
il a réuni à Compiègne, dans l'ancien palais carolingien,
les états généraux et éprouvé le manque de sécurité
du logis de Royallieu, en lisière de forêt.
Il décide alors de bâtir un nouveau château
sur un terrain qu'il rachète en 1374 aux religieux de Saint-Corneille,
à qui Charles le Chauve l'avait vendu.
Il faut faire abattre les maisons qui s'y trouvent
et les travaux ne sont pas terminés lorsque Charles V meurt en 1380.
C'est ce château qui, agrandi au fil des siècles,
va donner naissance au palais actuel.
N'en subsistent que quelques faibles vestiges..
Les rois séjournent fréquemment à Compiègne
avec une interruption au XVe siècle,
la ville tombant aux mains des Bourguignons entre 1414 et 1429.
Charles VII, qui vient de se faire sacrer à Reims,
y fait son entrée solennelle le 18 août 1429
et y séjourne pendant douze jours,
inaugurant la tradition du séjour du roi à Compiègne au retour du sacre,
qui sera observée par presque tous les monarques
jusqu'à Charles X inclus. Il ne revient à Compiègne,
accompagné du dauphin, le futur Louis XI,
qu'en 1441, pour trouver un château très endommagé
au cours de différents sièges,
qu'il fait remettre en état et agrandir en 1451,
à l'occasion d'un séjour prolongé.
Charles VIII et Louis XII font plusieurs séjours à Compiègne.
François Ier, qui y vient fréquemment,
fait améliorer les bâtiments
et se préoccupe de l'aménagement de la forêt.
Son fils, Henri II, qui y séjourne pour
des durées généralement plus longues,
fait décorer la Porte-Chapelle, percée dans le rempart de la ville
pour donner accès à la cour de la chapelle du château.
Charles IX est à l'origine de la création d'un " jardin du Roi"
d'environ 6 hectares, qui constitue l'amorce du futur parc.
Les troubles des guerres de Religion sont peu propices
à de longs séjours royaux à Compiègne.
Le château de Compiègne, inoccupé et mal entretenu
durant les guerres de Religion, est devenu inhabitable.
Lorsque Henri IV vient à Compiègne, il préfère loger en ville,
tandis que l'atelier des monnaies est installé dans le château en 1594.
Toutefois, à partir de 1598, les travaux de réparation commencent.
Quand Louis XIII vient pour la première fois à Compiègne, en 1619,
il trouve le séjour si agréable qu'il y revient trois fois dans l'année.
En 1624, il s'y installe d'avril à juillet
et reçoit au château une ambassade du roi d'Angleterre Jacques Ier
ainsi que les délégués des Provinces-Unies.
Lors de son dernier séjour, en 1635,
Louis XIII ordonne la réfection totale des appartements
du Roi et de la Reine, réalisée sous la régence d'Anne d'Autriche.
Sous Louis XIV l'exiguïté du château amène à construire
en ville des bâtiments pour la grande et la petite chancellerie,
les écuries du Roi et de Monsieur,
des hôtels pour les ministres et leurs bureaux,
car Compiègne est, avec Versailles
et Fontainebleau la seule demeure royale
où le Roi réunisse le Conseil.
Louis XIV considère avant tout Compiègne
comme un séjour de repos et de détente.
Après 1698, Louis XIV ne revient plus à Compiègne.
Le château reste inoccupé pendant dix ans.
D'octobre 1708 à mars 1715,

il accueille l'Électeur de Bavière Maximilien II Emmanuel,
mis au ban de l'Empire et à qui son allié Louis XIV
offre asile et protection à Compiègne.
La reconstruction du château au XVIIIe siècle
Louis XV arrive pour la première fois à Compiègne le 4 juin 1728.
Le jeune roi a choisi de s'établir au château pendant
qu'est réuni à Soissons le congrès
qui discute de la paix avec l'Espagne.
Louis XV prend un grand plaisir à chasser dans la forêt.
Dès lors, chaque année, à l'été,
il va passer un à deux mois à Compiègne.
L'incommodité du château, ensemble de bâtiments sans unité,
sans plan d'ensemble, mal reliés entre eux
et trop petits, devient manifeste.
Après une campagne d'aménagements intérieurs (1733),
des travaux d'agrandissement sont réalisés.
Malgré les travaux,
Louis XV continue de venir souvent à Compiègne,
où il aime à chasser.
C'est là qu'il choisit d'accueillir le 14 mai 1770
l'archiduchesse Marie-Antoinette d'Autriche,
venue épouser le dauphin, futur Louis XVI.
La mort de Louis XV n'interrompt pas les travaux,
qui sont poursuivis à partir de 1776.
Il achève la reconstruction du château
en respectant scrupuleusement les plans de son maître.
L'ensemble – gros œuvre et décors – est achevé en 1788.
Louis XVI vient très peu à Compiègne.
Sous la Révolution, le mobilier est vendu,
comme celui des autres résidences royales.
Après la Révolution
Le 12 avril 1807, par décret,

Napoléon Ier ordonne la remise en état du château :
la mise hors d'eau du bâtiment et de considérables travaux
de réaménagement intérieur et de décoration.
Une grande galerie (galerie de Bal) est notamment créée
dans une aile de la cour des Cuisines à partir de 1809.
Le jardin est entièrement replanté
et une continuité est créée avec la forêt,
le mur d'enceinte étant remplacé par une grille.
Napoléon accueille à Compiègne
l'archiduchesse Marie-Louise d'Autriche, future impératrice,
le 27 mars 1810 pour leur première rencontre.
La Cour revient à Compiègne après le mariage, célébré à Paris.
Elle y retourne l'été suivant, le couple impérial étant accompagné,
cette fois-ci, du roi de Rome. En 1813,
le château abrite provisoirement le roi de Westphalie
Jérôme Bonaparte et la reine Catherine.
Louis XVIII, sur le chemin de Paris, choisit de s'y arrêter
avant de faire son entrée dans la capitale .
Dans les années qui suivent,
les princes et les princesses de la famille royale
viennent fréquemment à Compiègne,
mais toujours pour de brefs séjours d'un à deux jours,
parfois même une nuit ou quelques heures, à l'occasion d'une chasse.
Charles X fait son premier séjour à Compiègne
comme roi de France accompagné d'une suite nombreuse.
Du 24 au 27 mai 1825, il s'y arrête sur le chemin de Reims et,
au retour, séjourne au château, selon l'usage..
Il y vient ensuite fréquemment pour de brefs séjours de chasse.
Louis-Philippe vient pour la première fois à
Compiègne en 1832 pour préparer le mariage
de sa fille aînée Louise avec le roi des Belges, Léopold Ir,
qui est célébré au château le 9 août 1832.
Après la Révolution de 1848
Compiègne devient domaine national.
Le Prince-Président, Louis-Napoléon Bonaparte
s'y rend en février 1849 à l'occasion de
l'inauguration de la ligne de chemin de fer Compiègne-Noyon.
Devenu Empereur,
il revient y passer une dizaine de jours en décembre 1852,
avec une suite d'une centaine de personnes.
La Cour revient à Compiègne en 1853 et 1855,

mais ce n'est qu'en 1856 que commence la série des "Compiègne",
c'est-à-dire un séjour d'un mois à un mois et demi chaque automne,
pour les chasses en forêt,
avec organisation des invités en « séries »
d'une centaine d'invités chacune.
L'étiquette est réduite à son minimum,
les invités jouissant d'une large indépendance.
En 1870 et 1871, le château est occupé par les Prussiens.

Il accueille en 1901 le tsar Nicolas II de Russie,
dernier souverain à résider à Compiègne.
Pendant la Première Guerre mondiale, les Anglais s'y installent,
puis l'état-major allemand en 1914.
Le château est transformé en hôpital en 1915
avant d'abriter le Grand Quartier général
de mars 1917 à avril 1918.
Après la Guerre, le service des Régions libérés s'installe au château
et occasionne des dégâts importants :
en 1919, un incendie dévaste la Chambre de l'Empereur
et le Cabinet du Conseil. En 1939, avec la Seconde Guerre mondiale,
le château est vidé de son mobilier, qui retrouvera sa place en 1945.
Le 23 septembre 2006,
le château accueille le sommet France-Allemagne-Russie
réunissant Jacques Chirac, Vladimir Poutine et Angela Merkel.
Mais qu'est ce que l'Histoire

sur
HISTORICA
Vous qui aimez l'histoire, savez vous comment on peut la définir ???
L’histoire
est à la fois l’étude des faits, des événements du passé et,
par synecdoque, l’ensemble de ces faits, de ces événements.
Le nom a pour origine les Enquêtes
στορίαι, Historíai en grec d’Hérodote
mais c’est Thucydide qui lui applique le premier des méthodes critiques,
notamment le croisement de sources différentes
et qui s'efforce de trouver les causes rationnelles
et non plus divines des faits historiques.
Les périodes
Si l'histoire de la Terre commence
avec la formation géologique du globe terrestre
et si l'histoire de l'humanité commence avec l'apparition du genre homo,
on limite traditionnellement l'emploi du mot « Histoire » (avec une majuscule)
pour les périodes qui nous sont connues par l'intermédiaire de sources écrites,
quel que soit le support de ces sources
et quels que soient les moyens par lesquels elles nous sont parvenues.
Les périodes pour lesquelles de telles sources n'existent pas ayant été nommées,
quant à elles, préhistoire et protohistoire.
Les périodes majeures de l'histoire sont, par convention :
Avant l'Histoire :
la préhistoire
de l'apparition de l'homme jusqu'à l'émergence des premières civilisations
la protohistoire
période intercalaire des « peuples sans histoire,
c'est-à-dire des civilisations postérieures à l'invention de l'écriture
mais n'en faisant pas usage ; par exemple, les Celtes,
les civilisations pré-coloniales de l'Afrique noire
ou les « Indiens » d'Amérique entrent dans cette « période ».
L'Histoire
l'Antiquité
des premières civilisations jusqu’à la disparition
de l'empire romain d'occident, en 476
le Moyen Âge
jusqu'à la découverte de l'Amérique, en 1492
les Temps modernes
jusqu'à la Révolution française, en 1789
l' Époque contemporaine
jusqu'à nos jours
La discipline
L'histoire, en tant que discipline intellectuelle,
ne fait pas partie des sciences dites exactes ou dures
mais des sciences dites sociales et humaines,
avec la sociologie, l'ethnologie, la psychologie, etc.
L'histoire fait également partie des disciplines littéraires
au même titre que la philosophie.
L'histoire se distingue de l'archéologie par la référence essentielle à l'écrit.
Et sa distinction avec le journalisme,
tient théoriquement à ce que l'historien se doit d'employer des archives.
Cependant la notion d'« histoire immédiate »
tend à rendre plus floue cette distinction.
Quelques citations sur l'histoire :
« L'histoire est un mensonge que personne ne conteste. »
Napoléon Bonaparte
Variante de la précédente (même auteur)
« La vérité historique est souvent une fable convenue »
« La vérité de l'histoire ne sera probablement pas ce qui a eu lieu,
mais seulement ce qui sera raconté »
Napoléon Bonaparte
« L’histoire de toute société jusqu’à nos jours
n’a été que l’histoire de luttes de classes. »
Karl Marx
« La science que les hommes s’efforcent d’élaborer de leur devenir »
Raymond Aron
« L'histoire fait le deuil de l'oralité. »
Michel de Certeau
« L'histoire est la connaissance du passé humain. »
Henri-Irénée Marrou
« L'histoire commence à Sumer »
Samuel Noah Kramer
« Nul ne sait ce qu'il adviendra encore de l'histoire. »
Nietzsche
« Le véritable historien n'est d'aucun temps ni d'aucun pays. »
Fénelon
« Nous ne percevons pratiquement que par le passé,
le présent pur étant l'insaisissable progrès du passé rongeant l'avenir.»
Henri Bergson
« Toute pensée de la société et de l'histoire appartient
elle-même à la société et à l'histoire. »
Cornelius Castoriadis

C'est ce que vous propose
HISTORICA
et sa rédactrice
Harmony.
Qui était Saint Nicolas
HEUREUSE ST NICOLAS
Qui est Saint Nicolas ?
Saint Nicolas est le saint patron et protecteur
des petits enfants et de la Lorraine.
C'est une tradition vivace dans plusieurs pays européens
qui se déroule le 5 ou le 6 décembre.
La légende du Père Noël a été crée à partir
du personnage de Saint Nicolas.
C'est en quelque sorte l'ancêtre du Père Noël.
"L'histoire dit que le personnage de Saint Nicolas
est inspiré de Nicolas de Myre
né à Patara en Asie Mineure entre 250 et 270 après J-C.
Il est mort le 6 décembre, en 345 ou en 352
dans la ville portuaire de Myre en Asie Mineure.
C'est l'un des saints les plus populaires
en Grêce et dans l'Eglise Latine.
Il fût évèque au VIe siècle,
sa vie et ses actes sont entourés de légendes.

Après sa mort, Saint Nicolas a alimenté une multitude de légendes
qui reflètent sa personnalité généreuse.
La Légende de Saint Nicolas
Veut que le saint ait ressuscité trois petits enfants
qui étaient venus demander l'hospitalité à un boucher.
Celui-ci les accueillit et profita de leur sommeil
pour les découper en morceaux et les mettre au saloir.
Sept ans plus tard,
Saint Nicolas passant par là demande au boucher
de lui servir ce petit salé vieux de sept ans.
Terrorisé le boucher prit la fuite et Saint Nicolas
fit revenir les enfants à la vie.
Cette légende est à l'origine d'une célèbre chansonnette :
"Ils étaient trois petits enfants qui s'en allaient glaner aux champs..."

Saint Nicolas, dans son costume d'évêque fait équipe
avec un personnage sinistre,
le père Fouettard, dont leur mission est d'effrayer.
Le Père fouettard
Tout de noir vêtu,
il accompagne Saint Nicolas dans ses tournées.
Alors que le Grand Saint distribue des cadeaux
aux enfants qui ont été sages,
le Père Fouettard distribue des coups de fouet
aux petits garnements.
Mais qui est-il réellement ?
Une légende raconte que le Père Fouettard
serait apparu au XVIèmesiècle.
Il serait né à Metz en 1552,
pendant le siège de la ville par l'armée de Charles Quint.
Pour donner du courage aux habitants assiégés,
la corporation des tanneurs confectionna un épouvantail grotesque,
muni d'un fouet, à l'effigie de Charles-Quint.
Les habitants de Metz firent une procession
avec ce mannequin à travers les rues,
et pour démoraliser les assaillants,
l'installèrent au sommet des remparts pour y bouter le feu.
Le mannequin, noircit et rendu méconnaissable par sa combustion,
impressionna les petits enfants.
Sans doute les parents s'en sont-ils servi pour motiver
leurs enfants à rester sages..
L'année suivante, Metz fut libérée.
Le personnage au fouet,qui poursuit jouvencelles
et damoiseaux, sera ressuscité.
Son passage coïncide avec celui de Saint Nicolas.
Sa caricature restera dans les esprits sous l'appellation
de Père Fouettard, un tanneur de fesses,
accompagnateur de saint Nicolas, distributeur de cadeaux.
C'est sûrement à cause de cette légende que Père Fouettard
est souvent représenté
par un personnage à la peau noire
habillé à la mode Renaissance.
La Saint Nicolas est l'occasion pour les enfants
de recevoir des cadeaux 3 semaines avant le Père Noël.
La veille de la Saint Nicolas les petits enfants
placent leurs souliers devant la cheminée avant d'aller se coucher.
Il dépose à côté de leurs chaussures, une carotte,
des sucres pour la mule de Saint Nicolas et un verre de vin
pour réchauffer le grand saint.

La Saint Nicolas de mon enfance
"Je tenais absolument à évoquer Saint Nicolas, car comme le père Noël,
il fait partie de mon enfance, ainsi que son baudet et le père fouettard.
Chez toi Nénain,
nous déposions toujours nos petits chaussons devant la cheminée,
avec une carotte pour le baudet et un bol de lait pour le bon Saint Nicolas.
Le lendemain, la carotte et le bol de lait avaient laissé place à des clémentines,
oh, pas un bien gros cadeau,
mais elles avaient le goût de l'amour tes clémentines.

Oui, tu nous menaçais du père fouettard
quand nous te faisions "tourner bourrique",
mais tu étais si bonne, que nous n'avions absolument pas peur.
Si un jour je deviens seulement moitié aussi pleine de bonté que toi,
alors j'espère que tu serais fière de "ta" Nicole,
comme disait ceux qui jalousait l'amour que tu me portais.
Cet amour est le plus beau, le plus pur, le plus absolu,
que quelqu'un ne m'ai jamais offert.
Tu me donnais toujours, sans jamais rien attendre en retour.
J'avais 18 ans, lorsque tu es partie, je suis une mamie maintenant
et jamais tu n'as quitté mon coeur, ni mes pensées ma Nénain."
Le château de Schönbrunn
Le château de Schönbrunn
Versailles autrichien

depuis l'extérieur un escalier mène à la grande galerie
En 1569, Maximilien II acheta le terrain,
où se trouvent aujourd'hui les parcs et différents bâtiments.
Il montra un certain intérêt pour le zoo qui venait d'être créé,
et essaya d'y apporter en plus des plantations d'espèces végétales rares
Le nom Schönbrunn est attribué à l'empereur Matthias,
qui aurait découvert lors d'une excursion à la chasse
une source particulièrement belle
en allemand, schöner Brunnen signifie "belle fontaine".
Au cours du siècle suivant,
la famille impériale s'en servit comme résidence d'été,
mais les invasions turques entraînèrent sa quasi-destruction.
L'empereur Léopold Ier
confia à l'architecte Johann Bernhard Fischer von Erlach
la conception d'un nouveau palais qui se voulait le Versailles autrichien.
La construction débuta en 1696, et trois ans après,
les premières festivités se tenaient dans la partie centrale du palais.
Mais peu de parties du château survécurent
car au cours du siècle suivant,
chaque empereur modifia partiellement le bâtiment.
En 1740,
commence le règne de Marie-Thérèse,
durant lequel Schönbrunn, cœur de la vie courtisane et politique,
connait une période glorieuse.
A cette époque, il est transformé,
en somptueux palais résidentiel de style rococo.
Le mobilier baroque visible aujourd'hui, date de cette période.
L' impératrice fit également agrandir les jardins
qui devinrent le prolongement extérieur
du clinquant des espaces intérieurs
Sur les ordres de l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche,
l'architecte Nikolaus Pacassi redessina le château dans un style rococo.
Napoléon 1er
en fit son quartier général pendant l'occupation de Vienne
et y signa un traité en 1809
"la Paix de Vienne"
et son fils l'Aiglon y mourut en 1832.
Au XIXe siècle
un empereur va laisser sa marque sur Schönbrunn
François-Joseph Ier d'Autriche.
Il y passa la majeure partie de sa vie et y mourut en 1916.
Le château était sa résidence d'été (la Hofburg étant celle d'hiver).
Plusieurs pièces, gardent également le souvenir de son épouse,
l’impératrice Elisabeth dite Sissi.
Pendant son règne, Schönbrunn était considéré comme
Gesamtkunstwerk (chef-d'œuvre accompli)
et remodelé en accord avec son histoire.

cabinet chinois
Les Appartements impériaux
C'est ici que vivaient l'empereur François-Joseph et Elisabeth,
avec leurs enfants et toute leur suite.
Outre les salles destinées aux officiers de l'état-major impérial,
la grande salle d'audience et la salle de conférences
où siégeaient le Conseil des Ministres et le Conseil de la Couronne,
on peut visiter le bureau de l'empereur François-Joseph,
le boudoir et la chambre de son épouse ainsi
que de nombreux salons et une salle de bains d'époque.

Les pièces, de style rococo, sont richement décorées de motifs en stuc,
de somptueuses tapisseries provenant de Bruxelles (XVIIe–XVIIIe s.),
de lustres en cristal de Bohème et de poêles en faïence.
Le mobilier, datant du XIXe siècle, est de style Louis XV ou Empire.
Trésor du Palais impérial
Ce trésor sacré et profane est le plus important au monde :
la Couronne impériale du Saint Empire romain germanique,
la Couronne impériale d'Autriche
mais aussi le Trésor de Bourgogne et celui de l'ordre de la Toison d'or.
De précieuses curiosités ayant appartenu aux Habsbourg,
notamment une défense de narval de deux mètres de long,
côtoient la Couronne de l'empereur Rodolphe II.
Le globe impérial et le sceptre,
symboles de l'Empire héréditaire d'Autriche,
ont été pendant des siècles les insignes du pouvoir et de la majesté.
Classé au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1996,
le château offre un témoignage exceptionnel
du cadre de vie de la famille impériale.
Certainement
l'un des plus importants châteaux baroques en Europe,
il illustre l'ascension et la gloire des Habsbourg
Le château comprend 1400 pièces, (seule une quarantaine se visite),
décorées en fonction des désirs de ses occupants successifs.
On y admire de magnifiques boiseries,
crème et or, brocarts, laque et miroirs.
Le carrosse d'or du Prince du Liechtenstein
est religieusement conservé dans l'ancienne remise.
Dans l'aile ouest du château,
se trouvent les appartements datant du XIXème siècle où résidèrent
l'Empereur François-Joseph et son épouse Elisabeth.
Suivent les salles de réceptions de la partie centrale :

la grande galerie
la Grande galerie décorée de fresques symbolisant
l'empire des Habsbourg et la Petite galerie, plus intime.
La visite intérieure s'achève par les appartements
qui furent habités par l'archiduchesse Sophie
et l'archiduc François-Charles,
les parents de l'Empereur François-Joseph.
L'Impératrice Marie-Thérèse appréciait l'atmosphère
et l'Empereur François-Joseph adorait ce château fastueux et son parc.
A la fin de la monarchie
Jusqu'en 1918, le Palais impérial fut le "QG "
de l'immense empire des monarques Habsbourg.
Puis le domaine passe aux mains de l'Etat fédéral
qui en ouvre les portes au public.
L'orangerie
se trouve à l'est du bâtiment principal et s'étend sur 186 mètres,
c'est la plus longue du monde.
Elle date du milieu du XVIIIème siècle.
Elle servit à assouvir la passion des plantes exotiques
de l'impératrice Marie-Thérèse
et fut aussi utilisée pour l'organisation de représentations festives
telles qu'un concours entre Mozart et Salieri en 1786.
Magnifiques jardins

Les jardins à la française du parc
furent dessinés en 1695 par Jean Tréhet, élève de Le Nôtre.
Le parc comprend de fausses ruines romaines et une orangerie,
apanage des palais de grand luxe de cette époque.

Le sommet du parc est occupé par la Gloriette,
édifice de style néo-classique,
dessinée par Ferdinand von Hohenberg,
d’où l’on dispose d’une vue panoramique
sur le château et sur la ville de Vienne.
Le parc dispose de fabuleux jardins
aux allées rigoureusement entretenues.
Le parc a été toujours ouvert au public
même lorsque l'Empereur habitait les lieux.
Déambuler parmi les parterres fleuris permet d'accéder
au mont Schönbrunner avec la fontaine de Neptune et la Gloriette.
Le lieu, conçu d'après les plans de l'architecte de la Cour,
offre une magnifique vue panoramique sur l'ensemble du domaine.
Enfin, il ne faudrait pas quitter Schönbrunn
sans avoir fait un tour au fournil impérial.
Les pâtissiers-confiseurs préparent sous les yeux des visiteurs,
le fameux strudel aux pommes, selon une recette ancestrale.
Sources : l'Internaute
Des journées à ne pas manquer, pour toute la famille
Bonjour,
Rappel des dates des journées du Patrimoine

Madame de Pompadour
LA "POMPADOUR"
Née à Paris en 1721, morte à Versailles en 1764

peinte par Boucher

Son enfance
Jeanne Antoinette d’Etiolles,
née Poisson
est la fille de Louise-Madeleine de La Motte
et de François Poisson
Jeanne est adoptée par son probable père biologique,
le riche financier Charles François Paul Le Normant de Tournehem,
qui devient son tuteur légal.
Elle vit alors avec sa mère, sa soeur et son frère,
puis
épouse en 1741 Charles-Guillaume Le Normant d'Etiolles.
Les contemporains la considèrent comme assez belle
avec sa petite bouche et une figure ovale animée par sa vivacité.
Son jeune époux devient rapidement fou d'elle
et elle participe aux cercles mondains de Paris.
Le couple s'installe dans un château à Etiolles.
Elle donne naissance à un fils qui meurt en bas âge,
puis une fille en 1744, prénommée Alexandrine.

La maîtresse du roi

La jeune Jeanne-Antoinette, était très proche des Péris,
qui la pensait susceptible de plaire au roi et de favoriser leur positionnement.
Le stratagème mis en place fonctionna
et permit les résultats attendus, en février 1745,
elle est invitée à un bal masqué royal qui célèbre le mariage du fils du roi.
Louis XV est déguisé en « if »,
taillé comme ceux de Versailles, elle est en « bergère ».
Elle devient une visiteuse régulière et le roi l'installe au château de Versailles.
Louis la fait marquise et la sépare légalement de son mari,
elle est officiellement présentée à la cour.
Si elle garde Louis dans son lit seulement quelques années
puisque ses rapports charnels avec le Roi
cessent au cours de l'hiver 1751,
elle demeura la favorite,
l'amie nécessaire et la confidente jusqu'à la fin de sa vie...
En 1753,
Louis XV acheta l'hôtel d'Evreux
(plus connu aujourd'hui sous le nom de Palais de l' Elysée)
pour en faire la résidence parisienne de la marquise de Pompadour.
Vous avez pu voir dans le billet "Visite de l'Elysée", le salon Pompadour.
Pour conserver son statut de maîtresse en titre,
elle favorisera le penchant du Roi pour des filles de petite vertu,
plutôt jeunes et jolies.
Pendant son règne de vingt ans,
elle maintient des relations cordiales avec la reine.
Mme de Pompadour prépare également tous les dossiers du roi avec ses ministres,
faisant venir ceux-ci dans ses appartements.

Ses passions
Arts
Tous les livres de la marquise étaient reliés en cuir et dorés de son blason.
Sa bibliothèque comportait 3.525 volumes.
La marquise favorise la poursuite de l'encyclopédie de Diderot
qui connait un nombre important de détracteurs.
Elle fait travailler de nombreux artisans et la manufacture de porcelaine de Sèvres.
Elle apprend à danser, graver et à jouer de la guitare,
supervise la construction de monuments
comme la place de la Concorde et le Petit Trianon.
Elle organise un véritable mécénat auprès des artistes de l'époque,
commande des portraits aux peintres Boucher et Van Loo
car elle adore se voir représenter.

La marquise de Pompadour par Maurice Quentin de La Tour
Paris, Musée du Louvre
Elle protège un grand nombre d'artistes comme le peintre Nattier,
le graveur Cochin, l'ébéniste Oeben, le sculpteur Pigalle...

Châteaux
Elle posséda les châteaux et demeures suivantes :
Château de Montretout à Saint-Cloud
Petit Château de La "Selle" à La Celle Saint-Cloud
Le château de Bellevue vu depuis le sud. Par Jacques André Portail.
Château de Bellevue à Meudon
(transformé en clinique, mon fils y est né,
il a été détruit depuis, car trop vétuste.)
Le château de Bellevue au temps de Mme de Pompadour. Vue depuis la cour.
Château d'Arnac-Pompadour en Corrèze
Hôtel d'Evreux (actuel palais de l'Elysée)

Légende
Le chocolat
Elle veut que la marquise ait eu une passion pour la soupe de truffes
et de céleris arrosés de tasses de chocolat ambrées
et réchauffant les esprits et les passions.

Sa mort

Madame de Pompadour à son métier à tapisserie
par François-Hubert Drouais
Londres, National Gallery
Son portrait commémoratif, commencé de son vivant
et terminé en 1764 après sa mort.
Comme le veut le protocole mis en place par Louis XIV,
seuls les rois ou les princes meurent à Versailles.
Si la marquise de Pompadour est décédée à Versailles
c’est en raison d’une amitié de 20 ans avec Louis XV.
Néanmoins, juste après son décès,
elle est transportée discrètement dans son hôtel particulier des Réservoirs.
C’est le 17 avril 1764 que les obsèques de la marquise auront lieu
à l’église Notre-Dame dont l’intérieur a été entièrement tendu de noir.
Le cortège funèbre se compose de cent prêtres,
de vingt-quatre enfants de choeur,
des quarante-deux domestiques de la défunte en livrée de deuil et
de soixante-douze pauvres de la paroisse.
A l’issue de la cérémonie, à six heures du soir,
le cercueil est placé dans un carrosse à dais ducal,
attelé de douze chevaux caparaçonnés de moire d’argent
et précédé par quatre gardes suisses.
Madame de Pompadour doit reposer,
selon son souhait, au couvent des Capucins de la place Vendôme, à Paris.
La pluie et le vent n’empêchent pas Louis XV de sortir sur le balcon
de la cour de Marbre du château pour le regarder s’éloigner
sur l’avenue de Paris. Le roi ne bouge pas jusqu’à ce que la procession disparaisse.
Il pleure :
"Voilà les seuls devoirs que j’ai pu lui rendre.
Pensez, une amie de vingt ans !"
Autre version
A sa mort, on raconte qu'en apercevant le mauvais temps
lorsque le cercueil de la marquise de Pompadour quittait Versailles pour Paris,
Louis XV aurait dit la phrase suivante:
"La marquise n'aura pas beau temps pour son voyage ".

Descendance
De son mari, elle n'eut que deux enfants, morts jeunes.
De sa liaison avec le Roi, elle n'eut que des fausses couches.
Louis XV : "le bien aimé"
Louis XV
Fils de France
15 février 1710 à Versailles - 10 mai 1774 à Versailles,
Fils de Louis, duc de Bourgogne
et de Marie-Adélaïde de Savoie, petit-fils du Grand Dauphin,
arrière-petit-fils de Louis XIV,
il fut titré à sa naissance duc d'Anjou.

Louis XV en 1712, habillé en fille,
coutume pour les très jeunes garçons de l'aristocratie.
Conformément à la coutume, il fut élevé jusqu'à ses 7 ans par une femme,
la gouvernante des Enfants de France,
la duchesse de Ventadour.
En 1711, il perd son grand-père, puis en février 1712, ses deux parents.
En mars de la même année, les deux enfants du couple défunt
contractèrent la même maladie, une forme de rougeole.
Les médecins s'acharnèrent sur le frère aîné, qui mourut.
Le duc d'Anjou fut sauvé par sa gouvernante qui l'arracha aux médecins
et refusa énergiquement qu'on le saignât.
A 2 ans, le duc d'Anjou devint le nouveau dauphin.
1714, il reçut un instituteur qui lui apprit à lire et à écrire,
ainsi que des rudiments d'histoire, de géographie
et un enseignement religieux.
1715, le prince reçut un maître à danser, puis un maître à écrire.
C'est Mme de Maintenon qui se trouvait derrière toutes ces nominations.
Elle surveilla dans l'ombre l'éducation du prince
qui participa à sa première cérémonie à l'occasion de
la réception d'un ambassadeur de Perse à Versailles.
A 5 ans, on le jugeait bel enfant, doué d'une intelligence vive
et d'une bonne mémoire, gai et farceur.
Il était particulièrement attiré par l'histoire et la géographie.
Rescapé d'une famille décimée, il trouva en Madame de Ventadour
sa seule source d'affection, l'appelant « Maman Ventadour »,
voire « maman » tout court.
Le 1er septembre 1715, Louis XIV mourut en laissant ses derniers conseils,
principalement contre la guerre, « la ruine des peuples ».
Le duc d'Anjou se retrouva roi à cinq ans, sous le nom de Louis XV.
Le lendemain, le duc d'Orléans, neveu du feu roi, fut nommé régent.
La Régence

Louis XV en costume de sacre
Les 3 et 4 septembre 1715,
Louis XV accomplit ses premiers actes de roi d'abord en se rendant
à la messe de requiem célébrée pour le feu roi,
ensuite en recevant l'assemblée du clergé venue célébrer son avènement.
Le 12, il enchaîna sur un lit de justice,
l'une des cérémonies les plus solennelles de la monarchie,
etc. Malgré son jeune âge, il dut se plier à la mécanique du gouvernement
et de la cour et jouer son rôle de représentation.
Le Régent
Il continua d'être élevé par Madame de Ventadour,
qui lui donna comme compagnons de jeux le fils d'un savetier parisien,
et un jeune Iroquois.
En 1717, ayant atteint l'âge de raison, il quitta ses lisères
(sorte de laisse utilisée pour guider les enfants en bas âge)
et les mains des femmes.
Son éducation fut désormais confiée à un gouverneur, le duc de Villeroy,
et un précepteur, André Hercule de Fleury.
On lui apprit le latin, les mathématiques,
la cartographie, le dessin, des rudiments d'astronomie,
mais aussi à chasser.
L'éducation manuelle ne fut pas non plus négligée :
il apprit un peu de typographie, s'initia à tourner le bois.
Depuis 1719, il avait des maîtres de musique.
Le jeune roi n'avait que peu d'affinités pour la musique, et chantait faux.
Dès 1721, on songea à le marier.
Philippe V, son oncle, roi d'Espagne propose sa fille,
l'infante Marie Anne Victoire, à peine âgée de 3 ans,
Louis XV lui-même n'en ayant que 11.
Le Régent accepta en 1722, les deux fiancés se rencontrèrent sur la Bidassoa.
Celle qu'on appelait désormais l'« Infante-Reine »
s'installa au château de Versailles.
Le règne
Le 25 octobre 1722, le roi entrant dans sa treizième année,
âge de la majorité, il fut couronné et sacré à Reims.
Cependant, le duc d'Orléans resta
le plus important personnage du royaume après le roi.
Après sa mort, c'est alors le duc de Bourbon qui le remplaça.
Pour se distraire, Louis XV se jeta à corps perdu dans la chasse.
Le roi devenant adulte, et apte à procréer,
se posa la question de l'héritier du trône.
L'Infante-reine n'avait alors que six ans.
En 1725, on prit la décision de la renvoyer en Espagne,
et de chercher une nouvelle fiancée.
Cent noms de Princesses européennes furent présentés et l'on en retint que huit.
Ce fut, faute de mieux, et à la grande déception de la cour, Marie Leszczyńska,
la fille du roi détrôné de Pologne Stanislas Leszczyński qui l'emporta.
Le mariage fut célébré le 5 septembre 1725 à Fontainebleau.
Les deux jeunes mariés paraissaient très attachés l'un à l'autre,
et le mariage fut consommé la nuit même.
Premiers signes d'impopularité
A la mort de son premier ministre, le cardinal de Fleury,
le roi avait 33 ans.
Il avait connu des années heureuses avec sa reine polonaise,
qui l'adulait et lui était entièrement dévouée.
Cependant, la reine finit par se fatiguer de ces grossesses à répétition,
autant que le roi se lassait de l'amour inconditionnel de son épouse.
De plus, la plupart de leurs enfants étaient de sexe féminin,
ce qui finit par indisposer le roi.
En 1734,
pour la première fois, la reine se plaignit à son père des infidélités du roi.
Le roi tomba amoureux de Madame de Mailly, Madame de Vintimille,
Madame de Châteauroux....
Un an après la mort de Fleury se produisit un événement
qui allait marquer la personnalité du roi
et la suite de la vie politique française.
Louis XV était parti diriger ses armées
engagées dans la guerre de succession autrichienne.
1744, à Metz, il tomba gravement malade
et ses médecins pronostiquèrent une mort imminente.
Le peuple, qui adorait son roi, lui donna le surnom de « Bien-Aimé »,
et les prières se multiplièrent à travers le pays pour son salut.
Sa maîtresse, Madame de Châteauroux,
qui l'avait accompagné, dut le quitter tandis que la reine arrivait en hâte.
Le premier aumônier du roi,
refusa de lui donner l'absolution sans une confession publique de ses pêchés,
dans laquelle le roi apparaissait comme une personne immorale,
indigne de porter le titre de Roi Très Chrétien.
Colporté dans tous le pays par le clergé,
la confession royale ternit le prestige de la monarchie.
Le roi échappa à la mort,
mais sa culpabilité le poussa encore davantage vers l'adultère.
La marquise de Pompadour

"Fille de sangsue et sangsue elle même
Poisson d'une arrogance extrême
Etale en ce château sans crainte et sans effroi
La substance du peuple et la honte du Roi »
Le Roi "travaille"

Le bureau du roi avec le secrétaire à cylindre de (1760 - 1769)
Auteurs : Oeben Jean-François (1721-1763) mobilier à mécanisme
(dit aussi à transformation), Riesener Jean-Henri (1734-1806)
Toutes ces histoires amoureuses n'empêchaient pas Louis XV de travailler,
mais il lui manquait l'inépuisable énergie de son arrière grand-père.
Pendant les années du gouvernement de Fleury,
il avait formé son jugement mais n'avait pu forger sa volonté.
Décidé à diriger seul le royaume,
il s'évertuait à suivre les instructions de son aïeul :
« Écoutez, consultez votre Conseil, mais décidez ».
Cependant, il n'avait pas assez confiance en lui
pour appliquer efficacement ce précepte.
Sa correspondance politique révèle
sa profonde connaissance des affaires publiques
et la justesse de son raisonnement.
Il éprouvait des diffultés à décider, et quand il y était obligé,
se montrait alors brutal.
Amical et compréhensif avec ses ministres,
sa disgrâce tombait soudainement, sans prévenir,
sur ceux qu'il estimait l'avoir desservi.
Sa direction était souple, les ministres ayant une grande indépendance,
il était difficile de savoir si leurs actions convenaient au souverain.
La plupart du travail gouvernemental s'effectuait
dans des comités auxquels le roi ne participait pas,
ce dernier siégeant dans le Conseil d'en haut, créé par Louis XIV,
chargé des secrets d'État concernant la religion , la diplomatie et la guerre.
Divers partis s'affrontaient en ce qui concerne la réforme de l'impôt
afin de combler le déficit du royaume,
qui s'élevait à 100 millions de livres en 1745,
Cette brèche dans le statut privilégié de la noblesse
et du clergé, normalement dispensé d'impôt,
était une première dans l'histoire de France.
Cette nouvelle taxe fut accueillie avec hostilité,
Louis XV abandonna la partie et finalement,
le « vingtième » finit par se fondre
dans une augmentation de la taille,
qui ne touchait pas les classes privilégiées.
Ce fut la première défaite de la « guerre de l'impôt »
engagée contre les privilégiés.
A la suite de cette tentative de réforme, le parlement de Paris,
s'emparant du prétexte de la querelle entre le clergé et les jansénistes,
pour adresser des remontrances au roi;
Tentative d'assassinat
A l'intérieur du royaume, le mécontentement s'amplifiait,
alimenté par le train de vie de la cour
et ce qui était perçu comme une incompétence du roi à gouverner.
Les dépenses de la cour n'étaient pas spécialement élevées,
pourtant, telle était la perception qu'en avait le peuple,
également influencé par la campagne violente
à l'encontre de la marquise de Pompadour.

Robert François Damiens
Peut-être est-ce ce contexte qui poussa Robert François Damiens
à essayer de tuer le roi.
Le 5 janvier 1757, il entra au palais de Versailles,
parmi les milliers de personnes.
Vers 18 heures, le roi revenait de visiter sa fille
et s'apprêtait à entrer dans son carrosse,
quand Damiens franchit la haie de gardes et le frappa avec un canif.
Louis XV portait d'épais vêtements d'hiver
et la lame ne pénétra que d'un centimètre, entre les côtes.
Cependant, on craignait un éventuel empoisonnement.
On tortura à plusieurs reprises Damiens,
pour savoir s'il avait des complices, mais il apparaît que cet homme,
était un déséquilibré qui avait surtout entendu beaucoup
de discours critiques à l'encontre du roi.
Louis XV était plutôt enclin à pardonner,
mais il s'agissait de la première tentative de meurtre
d'un monarque français depuis l'assassinat d'Henri IV,
et il dut accepter un procès pour régicide.
Jugé par le parlement de Paris,
Damiens fut exécuté sur la place de Grève, dans des conditions effroyables.
La main qui avait tenu le canif fut brûlée avec du soufre,
on lui entailla ensuite les membres et la poitrine
avant d'y introduire du plomb fondu,
ses quatre membres furent arrachés par des chevaux
et son tronc finalement jeté aux flammes.
Une foule immense assista à ce spectacle,
les balcons des maisons de la place de Grève
furent loués à prix d'or aux femmes de l'aristocratie.
Le roi était déjà si impopulaire que l'élan de sympathie
provoqué par cette tentative de meurtre
disparut rapidement avec l'exécution de Damiens.
Louis XV lui-même n'y était pas pour grand-chose,
les détails de cette horrible mise à mort
ayant été élaborés par le parlement de Paris.
Mais plus que tout,
le peuple ne pardonnait pas au roi de ne pas s'être séparé de la Pompadour.
Fin de règne

Madame du Barry
fut marquée par l'arrivée dans la vie du roi de Madame du Barry
Le 26 avril 1774, se déclarèrent les symptômes de la petite vérole,
alors que Louis XV était au Petit Trianon.
Le parlement de Paris envoya le dimanche 1er mai 1774,
le greffier au Grand Conseil, pour s'enquérir de la santé du roi
Il mourut de ces suites
(septicémie aggravée de complications pulmonaires)
le 10 mai 1774, à 15 heures 30, à Versailles,
dans l'indifférence du peuple et la réjouissance d'une partie de la cour.
Il laissa le trône à son petit-fils, Louis XVI,
qui paya de sa tête,
beaucoup d'erreurs commises par son grand-père
et par son épouse, Marie-Antoinette.
Connaissez vous bien "nôtre" Marianne

L'idéal républicain
pour des millions d'hommes et de femmes,
la République incarne l'expression idéale de la société.
Avec Marianne premier symbole de la République, chacun retrouve,
dans ses attributs les valeurs auxquelles il est attaché :
Liberté
Egalité
Fraternité
Justice
Courage
Force
Paix
Travail
Dans sa grâce, Marianne exprime aussi la jeunesse
comme pour mieux nous signifier que la force
de notre République
réside dans nos jeunes générations
mais pour nous rappeler aussi que deux siècles
ne sont rien à l'échelle de l'idéal humain
et qu'il reste encore beaucoup à faire.
Les attributs de Marianne sont nés de la double rencontre
des pratiques littéraires et artistiques des patriotes de 1789.
Symboles anthropomorphes

Le sein : symbole nourricer
Symboles vestimentaires

La couronne : symbole du pouvoir

Le bonnet : symbole de liberté
La cocarde et l’écharpe : les couleurs de la République
Symboles végétaux
L’olivier : symbole de la paix
Le laurier : symbole des art et lettres
Le blé : symbole nourricier
Le chêne : symbole de la force
Les symbôles
- l'olivier : paix
- la gloire : renommée
- l'étoile : guide
- le faisceau : pouvoir
- le niveau et le delta : l'égalité
- les tables du décalogue : législatif
- la balance : justice
- armes et armures : combat
- l'arc en ciel : l'alliance
Les attributs de Marianne revendiquent pour origine :
la couronne d’Apollon,
la peau de lion d’Hercule,
le sein nu de Céres,
le bonnet de Mithra
Ses emblèmes se réfèrent aux institutions romaines :
faisceaux des licteurs,
armes tranchantes,
balance à deux plateaux sont autant de renvois
à leurs humanités latines.
Les tables de la loi, l’œil ouvert,
le delta et le niveau triangulaire,
le flambeau sont extraits de la symbolique chrétienne
revisitée par la pensée républicaine.
C'est la Convention, en 1792,
qui a décidé de représenter la République
sous les traits d'une femme
coiffée du bonnet phrygien, emblème de la Liberté.
Le surnom familier de Marianne
lui a été donné à la même époque,
dans le Languedoc d'abord, par la « vox populi ».
Sans doute parce que ce prénom,
formé du nom de la Vierge et de sa mère,
était très répandu dans le petit peuple,
au XVIIIe siècle,
et qu'il convenait donc à la jeune République qui en était issue.
La coutume d'installer un buste de Marianne dans les mairies
remonte aux premières années de la Troisième République.
coiffée d'un bonnet phrygien porte sur sa tunique
un baudrier et une peau de lion.
Sur le piédouche sont gravés le niveau maçonnique et la date 1870.
Mais en 1871,
pour donner du nouveau régime une image plus sage,
le président Adolphe Thiers
a interdit la représentation du bonnet révolutionnaire,
considéré comme un « emblème séditieux ».
C'est pourquoi les plus anciennes Mariannes de mairie
sont simplement coiffées d'une couronne végétale
composée d'épis de blé, de feuilles de chêne
ou de rameaux d'olivier, parfois surmontée de l'étoile,
symbole des Lumières.
Le bonnet phrygien ne réapparaîtra qu'en 1879.
Il n'y a jamais eu de buste officiel de la République.
Chaque sculpteur est libre de représenter
Marianne à sa façon et chaque maire
est libre de choisir son modèle.
Ainsi s'explique l'extraordinaire diversité des bustes de mairie.
Récemment, la mode a voulu qu'on donne à Marianne
les traits d'artistes célèbres, mais elle a eu bien d'autres visages,
aimables ou sévères, et toujours anonymes.
Au XIXe siècle
Marianne a fait l'objet d'une véritable dévotion populaire.
On trouvait dans le commerce quantité
de petites buste en bronze ou en plâtre
qui prenaient place chez les républicains fervents.
Buste en terre cuite signé Saissi de 1913
A l'instar du crucifix ou de la statuette religieuse
dans les foyers catholiques.
Cette production à usage domestique a totalement disparu.

La naissance de Guignol

"Petite fille, j'aimais lorsque papa nous faisait les marionnettes,
derrière son petit castelet il était tout à la fois,
Guignol, Gnafron, le gendarme...
Nous allions au petit théâtre de Guignol, près de chez nous.
Tout naturellement papa continua avec mes enfants
et mon fils devint un grand amateur,
ayant lui aussi ses marionnettes et son Castelet.
Puis ce fut terminé, télévision, personnages surnaturels, effets spéciaux,
sa fille ne connaissait pas Guignol.
Ce fut un réel plaisir de lui faire découvrir
et surtout de constater combien cela lui avait plu."
Le père de Guignol

son buste à Lyon
Laurent Mourguet est issu d'une famille de tisseurs pauvres. Il sera donc canut.
Mais à la Révolution, l'avenir semble bouché.
Du haut de ses 20 ans,
le jeune et insouciant Laurent n'a pour seule école que les rues du Vieux Lyon.
Il ne saura jamais écrire (il ne signera même pas lui-même son acte de mariage).
Peu éduqué, mais malin et vif.
Il fait feu de tout bois, et de petits boulots en métiers à la petite semaine,
il gagne sa vie bon an, mal an en suivant les foires et les fêtes de sa région.
Ainsi le retrouve-t-on "maître gazier" puis "ouvrier en soye",
forain ou marchand de chaussons.
Quand il ne travaille pas, il fait des enfants à sa femme.
Dix en dix ans!
Deux d'entre eux prendront d'ailleurs a relève en tant que marionnettistes.
Est-ce pour s'élever socialement
ou pour se stabiliser qu'il devient arracheur de dents?
Le métier de "dentiste" n'existe pas encore à l'époque
et relève plus du numéro de cirque que de la faculté...
1797
Laurent arrache donc les dents, en place publique...
gratuitement, pour pouvoir vendre ses anti-douleurs après l'opération.
Pour mieux attirer le chaland, il crée un petit théâtre de marionnettes,
type de spectacle déjà très en vogue à Lyon.
C'est avec Polichinelle, et non Guignol, qu'il fera ses débuts.
1804
il abandonne définitivement la tenaille
et devient marionnettiste professionnel,
assisté du père Thomas, un comédien-amuseur fameux,
avec lequel il fera un bout de chemin.
Mais Thomas taquine décidément trop la bouteille
et les deux compères se séparent. 
Le premier personnage du théâtre de Mourguet
sera Gnafron,
sous les traits... du père Thomas!
La toute première marionnette lyonnaise est née.
Puis suivra 1808,

le héros, le canut, naïf et roublard à la fois, proche des préoccupations populaires.

Madelon, sa compagne, fait rapidement partie du trio.
Les personnages s'affirment, tant physiquement que moralement.
Le langage de Guignol est unique: il parle bien mais invente des mots nouveaux,
jongle avec le parler local et l'argot, tord le coup au subjonctif et zézaye un brin.

Guignol n'a pas payé son loyer il doit déménager
Hiver comme été, il porte une redingote marron à boutons dorés,
un tricorne et un noeud papillon aux ailes froissées.
Les cheveux noirs sont rassemblés en une natte
qui se balade de droite et de gauche suivant les mouvements.
La maréchaussée est toujours mise à mal,
et ouvriers et petits employés se régalent à ce spectacle.
Le pouvoir est moqué, le nanti ridiculisé.
Mourguet a l'intelligence de mêler à ses scénarios des éléments de l'actualité
pour les présenter sous un jour cocasse.
Et on rit de bon coeur; petit à petit,
même le bourgeois goûtera l'humour de Guignol.
Les compagnons de Guignol
Gnafron :

Guignol serait-il encore parmi nous si Gnafron n'avait pas existé ?
Ce philosophe assoiffé est essentiel dans le théâtre de marionnettes.
Il donne du relief,
de l'épaisseur aux dialogues et le spectateur ne craint point de s'identifier à lui.
Justin Godart évoque sa personnalité :
« ...Gnafron, l'intrépide consommateur, qui,
grâce au Beaujolais, maintient sa verve en éveil,
méprise les embiernes de l'existence, garde l'âme sensible, l'esprit fraternel,
et arbore fièrement sur son nez les couleurs de sa belle : la vigne. »
Profession : « gnafre », c'est-à-dire « regrolleur »...
savetier... bref... cordonnier.
Un haut chapeau, le « bugne », un vieux tablier de cuir gras.
Sa voix est ce qui donne du caractère à la marionnette.
En 1908 Etienne Charles l'explique en ces termes :
« Cette laryngite chronique due au brouillard aggravée par un éraillement terrible,
résultat d'un abus excessif de vin. »
Il a les dents
« laquées par le jus de tabac »
et sa trogne est rouge, colorée par le Beaujolais.

Gnafron et Guignol
Madelon :

Camisole blanche, bonnet aux larges canons, voici Madelon,
épouse de canut, épouse de Guignol.
Son caractère est aigri, elle ne cesse d'houspiller Guignol
qui a tendance à délaisser son métier à tisser.
Mais si Madelon est le type de la mégère acariâtre,
elle reste, malgré les coups de tavelle de son époux, fidèle à Guignol.
Elle veille sur les finances du ménage.
Peu importe les fins de mois difficiles,
Madelon sera toujours proprette avec son tablier bleu et blanc.
Monsieur le Bailli : Maire, juge, notable,
c'est en quelque sorte le symbole du pouvoir judiciaire et politique.
Grosses lunettes et favoris blonds.
Canezou :
C'est le propriétaire, vêtu de son bonnet grec et de sa robe de chambre.
Très présent dans le répertoire de Guignol :
Si le canut du XIXème siècle
est souvent propriétaire du métier à tisser, c'est un chef d'atelier,
il est locataire de son atelier logement.
S'il ne peut payer son loyer il risque de se retrouver à la rue.
Le gendarme :

C'est bien entendu un des personnages clés du théâtre même si à Lyon,
il est moins rossé qu'à Paris.
Dondon :
La jeune fille, « apprentisse » et bien entendu canuse.
Sa présence permet à Guignol de décliner
le vocabulaire amoureux du parler lyonnais.
Le tisseur sur soie, pour des raisons économiques, n'épousait qu'une canuse...

enseigne d'un théâtre de Guignol dans le vieux Lyon

Guignol a toujours sa place dans la vie lyonnaise

D'après un texte paru dans Pays de Rhône Alpes de septembre 2005
CLEOPATRE VII : dernier pharaon d'Egypte
CLEOPATRE VII
Kleopatra
Femme : dernier pharaon d'Egypte

Cléopâtre est née sans doute en -69 probablement à Alexandrie.
Elle est l'une des trois filles, connues, de Ptolémée XII Aulète,
roi d'Egypte et vraisemblablement d'une concubine,
puisque Strabon affirme que
Ptolémée XII n'eut qu'une seule fille légitime.
Cette bâtardise n'est pas un handicap,
mais entretient le mystère sur les origines maternelles de Cléopâtre,
avec l'hypothèse d'une ascendance égyptienne.
C'est l'un des facteurs, outre le fait qu'elle parle égyptien,
qu'avancent certains historiens pour expliquer le curieux titre de la reine,
philopatris « qui aime sa patrie »,
lequel surprend dans une dynastie
qui privilégie plutôt les liens dynastiques
que l'attachement aux pays et aux peuples qu'elle gouverne.
Jeunesse
Nous ignorons tout de son enfance et de ses années d'adolescence.
Elle dut observer les évènements du règne chaotique de son père.
La femme
Il est difficile de cerner la véritable personnalité de Cléopâtre,
elle avait à l'évidence beaucoup de courage
et fut suffisamment puissante pour inquiéter les Romains.
Aucune source sûre pour nous éclairer sur son aspect physique,
qui échappe à un classement esthétique banal.

Certaines pièces de monnaies donnent l'image d'une femme
aux traits lourds et au nez assez proéminent.
En revanche, elle avait une présence forte et du charme,
tout cela était complété par une voix ensorcelante
ainsi qu'un esprit brillant et cultivé.
En effet alors que l'éducation des filles, même de familles royales,
est négligée dans le monde grec ou hellénistique,
Cléopâtre bénéficie apparemment de l'enseignement
de pédagogues cultivés qui,
sur un esprit intelligent, donne d'excellents résultats.
Cléopâtre est une véritable reine polyglotte.
L'accès au trône
Le testament du roi Ptolémée XII,
désigne comme ses successeurs Cléopâtre et un frère cadet de celle-ci,
Ptolémée XIII, d'une quinzaine d'années environ,
à qui elle est nominalement mariée,
car selon la coutume ptolémaïque, elle ne peut régner seule.
Ces trois premières années de règne sont difficiles :
disette, années de crues insuffisantes du Nil
et lutte politique qui cherche à opposer le frère et la sœur.
A l'automne -49
les relations se dégradent totalement entre les deux souverains.
A partir de cette date le nom de la reine figure dans les textes officiels
avant celui de son frère/mari.
Une véritable guerre qui éclate entre les deux monarques,
il semble que Cléopâtre se trouve en difficulté car elle doit fuir.
César et Cléopâtre
Pompée, vaincu par Jules César tente de trouver refuge en Egypte.
Le jeune roi Ptolémée XIII et ses conseillers jugent sa cause perdue et
pensent s'attirer les bonnes grâces du vainqueur en le faisant assassiner,
dès qu'il pose le pied sur le sol égyptien, sous les yeux de son entourage.
César, qui débarque deux jours plus tard,
est semble-t-il furieux de ce lâche forfait,
il fait enterrer la tête de Pompée et n'éprouve pour le pharaon que mépris.
Après l'assassinat de Pompée la puissance romaine intervient.
La rencontre avec César

Quelles étaient les intentions de César en débarquant en Egypte?
Il y a des raisons politiques,
César ayant certainement l'intention d'annexer l'Egypte,
mais aussi des raisons plus privées,
bien qu'il évoque les vents contraires pour différer son retour.
En effet il tente d'obtenir le remboursement de dettes que Ptolémée XII
avait contractées auprès d'un banquier romain
et qu'il a reprise à son compte.
Il juge pour cela indispensable de réconcilier le couple royal
et tente à s'y employer à la fin de l'année -48
Les deux souverains sont convoqués au palais royal d'Alexandrie.
Ptolémée XIII s'y rend après diverses tergiversations
ainsi que Cléopâtre.
C'est à ce moment que se déroule, s'il est authentique,
l'épisode du tapis dans lequel la reine se serait fait enrouler
afin de parvenir auprès de César.
Celui-ci tente d'imposer le statu quo ante
c’est-à-dire le retour au testament de Ptolémée XII
ce qu'accepte semble t-il Cléopâtre mais pas son frère
peu impressionné par les faibles effectifs de César.
Celui-ci se retrouve même prisonnier dans Alexandrie sans renforts.
Seule la noyade de Ptolémée XIII dans le Nil met fin au conflit.
César renonce semble-t-il à son projet d'annexion à ce moment.
Est-ce la romance avec la reine
de trente ans plus jeune devenue son alliée,
les difficultés militaires rencontrées
lors de l'hiver -48-47 ou son voyage sur le Nil
qui lui firent renoncer à l'annexion pour lui préférer une alliance ?
Difficile d'être affirmatif mais il est un motif
qui peut expliquer ce changement.
En cette période troublée,
César n'a pas encore réduit les derniers partisans de Pompée,
un gouverneur d'Egypte ambitieux pouvait affamer Rome,
l'Egypte était le grenier à blé de Rome.
Auguste plus tard interdit aux sénateurs l'accès de l'Egypte
afin d'éviter d'inutiles tentations.
Maintenir une dynastie discréditée
tout en gardant le contrôle militaire du pays,
est par conséquent la solution la plus commode
dans l'esprit du conquérant.

bas relief d'un temple
Le séjour à Rome
Cléopâtre épouse un autre de ses frères cadets,
sur l'injonction de César.
Sa liaison avec César n'est un mystère pour personne.
César, lui-même marié,
loge sa maîtresse dans sa propriété de la rive droite du Tibre.
Veut-il impressionner par l'éclat des quatre triomphes
qu'il célèbre durant l'été -46 ?
On connaît peu de chose sur ce séjour de deux ans à Rome
et le seul geste officiel de César en sa faveur
est de faire placer une statue dorée de la reine
dans le sanctuaire de Vénus Genetrix
ancêtre mythique de la gens Iulia dont il est issu.
Cléopâtre seule souveraine
Imaginer que la présence de Cléopâtre à Rome
s'explique par le rôle actif qu'elle y aurait joué et
prêter à César l'intention
de transporter à Alexandrie sa capitale,
selon Suétone, est très excessif.
Il parait difficile d'imaginer César gouvernant l'Italie depuis l'Egypte
alors que la situation politique demeure trouble.

Tête de Césarion retrouvée dans la mer
Dans son testament il ne fait aucune allusion à Césarion,
dont la date précise de naissance reste sujette à caution,
sans doute est-il né après la mort de César, né de Cléopâtre.
César fait d'Octave son héritier.
Il est donc certain que César vivant est plus un obstacle
au projet de restauration de la puissance Lagide que nourrit Cléopâtre.
Aussi sa mort est-elle une surprise
mais aussi une chance que la reine va exploiter.
Au début de l'année -44 César est assassiné.
Profitant de la situation confuse qui s'ensuit,
Cléopâtre quitte alors Rome, fait escale en Grèce,
puis fait voile vers Alexandrie où elle arrive en -44.
A peine de retour dans son pays elle fait assassiner Ptolémée XIV,
à la fois monarque inutile et rival potentiel.
La naissance de son fils lui assure un successeur éventuel
et elle prend donc seule le titre de reine.
La guerre que se livrent les assassins de César,
oblige la reine à des contorsions diplomatiques.
Brutus tient la Grèce ainsi que l'Asie mineure,
dans le même temps Cléopâtre
envoie une flotte aux partisans de César,
qui reconnaissent Césarion pour roi.
Cette flotte est victime d'une tempête mais le geste place la reine
dans le camp des vainqueurs quand les républicains sont écrasés.

buste de Cléopâtre, pas vraiment de quoi changer la face du monde...
La rencontre avec Marc Antoine
Depuis quand Cléopâtre, âgée de 29 ans en -41 et le général romain,
qui a une petite quarantaine d'années, se connaissent?
Dans le partage du monde romain, l'orient est dévolu à Antoine.
Il convoque les souverains des royaumes clients
y compris la reine d'Egypte.
Celle-ci connaît au moins un des défauts de l'officier,
sa vanité et son amour du faste,
aussi arrive-t-elle dans un navire à la poupe dorée
et aux voiles pourpres, siégeant sous un dais d'or
entourée d'un équipage déguisé en Nymphes, Néréides et Amours.
Puis elle invite Marc Antoine
à son bord pour un somptueux banquet.
Commence alors une liaison de dix ans.
Le couple aura trois enfants dont les jumeaux :
Alexandre Hélios et Cléopâtre Séléné.
L'échec final
Actium
Les relations avec Octave s'enveniment de nouveau
et les poussent à l'affrontement.
Octave craint Marc Antoine et sa popularité mais la
désignation de Césarion comme roi des rois - Césarion ?
(voire le billet "Les trésors engloutis d'Egypte")
lui font envisager un danger plus vaste.
Ce jeune homme est le seul fils de César et il pourrait un jour
lui venir l'idée de venir réclamer son héritage paternel.
Octave va s'employer à dénigrer Marc Antoine
et surtout Cléopâtre, l'Egyptienne.
L'Égypte fourni une part importante de l'effort de guerre.
Marc Antoine mène la guerre sans énergie
alors qu'Octave peine à constituer son armée
il lui laisse le temps de s'organiser.
Octave n'est guère un grand chef de guerre
mais il compte avec Agrippa ,
un officier compétent qui lui donne rapidement l'avantage.
Lorsque éclate la bataille navale d'Actium,
Cléopâtre comprend rapidement l'issue finale de la guerre
et rompt le combat avec sa flotte.
Cette fuite est évidemment exploitée par Octave
auprès des officiers et des hommes d'Antoine
dont beaucoup changent d'allégeance.

Cléopâtre et son fils Césarion sur le temple de Dendérah
Elle assume aussi des rituels pharaoniques
que ses prédécesseurs ont négligés.

Stèle figurant Cléopâtre VII
faisant ofrande à Isis- Musée du Louvre
Les embaumeurs achetaient de vieilles archives
déclassées à l’administration,
nous avons la chance que des embaumeurs de Moyenne-Egypte,
se soient procuré des documents alexandrins
pour encartonner leurs momies ;
grâce à des fouilles allemandes le fameux
« papyrus de Cléopâtre »,
qui a défrayé la chronique il y a peu d’années.
Daté de 33 av. J.-C.,
c’est un décret royal concédant
d’importants privilèges fiscaux à Publius Canidius,
un chevalier romain qui, d’après Plutarque,
s’était fait tirer l’oreille pour prendre le parti d’Antoine et Cléopâtre ;
cet acte, qui avait peut-être contribué à le persuader,
porte une souscription originale, puisqu’elle est d’une autre main,
et qui tient en un mot :
γινέσθωι « qu’il en soit ainsi »

La fin
Les derniers mois sont assez mal connus.
Antoine retourne en Egypte et ne prend pratiquement aucune mesure
pour lutter contre triomphale d'Octave.
Il consume ses forces en banquets, beuveries
et fêtes somptueuses sans se soucier de la situation.
Que fait Cléopâtre ? Les sources manquent,
mais elle cherche surtout à mettre Césarion à l'abri au Soudan.
Octave arrive à Alexandrie.
A la fausse annonce du suicide de Cléopâtre,
Marc Antoine met fin à ses jours en se jetant sur son épée.
Mourant il est transporté par Cléopâtre dans son propre tombeau.
Celle-ci est conduite devant Octave
qui la laisse se retirer avec ses deux plus fidèles servantes.

Mort de Cléopâtre par Jean-André Rixens (1874)
Cléopâtre se donne la mort,
selon Plutarque en se faisant porter un panier de figues
contenant deux aspics venimeux.

La maison Louis XIV à Saint Jean de Luz
LA MAISON LOUIS XIV
Pourquoi
LOHOBIAGUE-ENEA
est-elle ainsi "rebaptisée"?
C'est ainsi à Saint-Jean
que l'on nomme une maison noble basque.
Le mot d'Harmony
"Quelques mots sur Saint-Jean, que j'affectionne son port,
agréable petite ville, ou tout est occasion pour faire la fête :
sardinade, fête du thon....
Ville ou ma "nana" s'est mariée, dans la magnifique église
qui vit les épousailles du roi Louis XIV
avec l'Infante d'Espagne et dont il fit
boucher la porte pour que plus personne n'y passe."
Plaque apposé sur la porte d'entrée de l'église,
porte que le roi fit murée.
Saint-Jean-de-Luz ou en basque :
Donibane-Lohitzun
"Il y a une époque capitale dans l'histoire de Saint-Jean-de-Luz :
ce sont les vingt années qui, de 1640 à 1660
s'écoulèrent jusqu'à l'épilogue du traité des Pyrénées".
Avant le traité entre la France et l'Espagne,
le pays était un terrain de manoeuvres d'escarmouches,
de combats entre les deux pays.
LOHOBIAGUE-ENEA
Construite en 1643 par un riche armateur, Johannis de Lohobiague,
elle devait y acceuillir en 1660 et pendant un mois,
le jeune roi Louis XIV, venu signer le Traité des Pyrénées
et épouser le 9 juin en l'Eglise de la ville,
l'Infante Marie-Thérèse d'Espagne
Le mariage de Louis XIV, eau-forte du XVIIe siècle,
tirée sur les cuivres de Chalcographie
Cette belle demeure toujours habitée
par les descendants des Lohobiague est,
grâce à son mobilier ancien, très évocatrice de la vie
d'un grand armateur du XVIIe siècle.
Son architecture extérieure est élégante,
dans le style classique de l'époque, où l'hamonie réside
dans une symétrie bien proportionnée.
Ce que je préfère, ce sont les tourelles d'angle
couronnées de toits aigus en bâtière,
elles reposent sur des trompes en éventail
absolument remarquables,
qui sont un chef-d'oeuvre de stéréotomie,
c'est-à-dire de science et d'art de tailler la pierre.
A part cela, l'architecture est simple,
typiquement basque avec quatre murs parallèles
de plus de soxante centimètres d'épaisseur
et pour supporter les planchers,
de grosses poutres établies entre ces murs.
On ne visite que l'étage noble (le second étage)
où réside le maître de maison
et qui comprend les pièces de réception.
C'est là que vécut Louis XIV pendant son séjour,
et le cadre soigneusement conservé est resté le même.
La ville était prospère grâce à la pêche
et et au commerce avant tout.
Elle était belle aussi et il lui reste encore
un charme particulier et quelques vieilles demeures
de cette première partie du XVIIé siècle,
qui font toujours mon régal.
Visite de la maison
L'entrée se fait par une vaste porte cochère centrale,
sur la façade Louis XIII.
La grande porte en chêne s'orne de moulures classiques
et d'une belle coquille sur chaque vantail
qui la date avec précision.
Le seuil passé on est saisi par l'allure majestueuse
du grand escalier en bois de chataignier,
simplicité et élégance sont le fruit du travail
d'excellents charpentiers de la marine de l'époque.
Les barreaux des rampes sont typiquement basques
par leur façon en bois tourné,
faits à la main, il n'y en a pas deux semblables.
Le premier étage
n'est qu'une sorte d'entresol servant à loger les enfants du maître,
les jeunes ménages de la famille,
les parents célibataires, de vieux oncles et de vieilles tantes...
Second étage
La chambre qu'occupa Louis XIV
Une superbe grille en fer forgé donne accès à une passerelle,
unique en son genre.
La grille franchie, on admire la disposition des lieux
ou tout est conçu pour la réception et l'acceuil de grand style.
En face de la passerelle, se trouve
une grande porte-fenêtre donnant accès au balcon
avec sa magnifique balustrade en fer forgé.
C'est d'ici que le Roi, après son mariage à l'église,
vint saluer la foule qui, sur la place,
l'acclamait ainsi que la Reine.
Il jeta de ce balcon les pièces en or
frappées spécialement pour la circonstance,
avec sur une face l'effigie des époux royaux, et,
de l'autre, l'inscription Non loetior alter,
avec la ville de Saint-Jean-de-Luz représenté sous une pluie d'or.
Service en vermeil offert par Louis XIV
à Madame de Lohobiague
Église Saint-Jean-Baptiste
Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques)
Tellement massive et imposante,
l'église Saint-Jean-Baptiste à Saint-Jean-de-Luz
ne passe pas inaperçue...
Elle est considérée comme la plus grande
et la plus célèbre des églises basques :
son architecture sobre et austère, ses murs épais,
et son clocher carré, surmonté d'un clocheton octogonal,
forment un bel ensemble.

A l'emplacement d'une première église incendiée en 1419,
l'église fut construite en plusieurs étapes.
La plupart des transformations eurent lieu au XVIIe siècle :
création de chapelles latérales, élargissement du choeur,
ouverture du grand portail et enfin surélévation du clocher.
Suite à la signature du traité des Pyrénées,
qui mettait fin à la guerre entre les puissances françaises
et espagnole, c'est dans cette église qu'eut lieu,
le 9 juin 1660, la cérémonie du mariage
de Louis XIV avec la fille du roi d'Espagne,
l'infante Marie-Thérése d'Autriche.
La porte par laquelle était sorti le couple royal
fut par la suite obturée
et l'entrée principale se trouve sur le côté de l'église
dans les rues piétonnes.
A l'intérieur, l'église est très ornée.
La piéce maîtresse est sans aucun doute
son l'impressionnant retable,
comprenant 20 statues en bois doré, et datant de 1670,
oeuvre du sculpteur Martin de Bidache.
Superbe rétable, à droite se trouve la statue de la Vierge Marie
au pied de laquelle ma fille a déposé des lys blanc le jour de son mariage.
Détails de la très riche décoration intérieure
Plafonds, piliers... tout les éléments sont sculptés et peints.
L'orgue

Les archives municipales indiquent
qu'un orgue était en fonction au début du XVIIe siècle.
En 1636, les communes de Ciboure et Saint-Jean-de-Luz
furent occupées, incendiées, détruites
par les troupes espagnoles :
il semble que l'orgue ait fait les frais
de cette violence et soit resté plusieurs années à l'abandon.
Pour l'occasion du mariage du roi Louis XIV,
il fallut remettre l'instrument en état au plus vite.
Un contrat fut signé, le 28 avril 1659, avec Gérard Brunel,
organier originaire de Rodez,
qui s'engagea à reconstruire l'instrument
dans son ancien meuble,
un buffet en un seul corps datant vraisemblablement
de la Renaissance.
Brunel reconstruisit un petit orgue comprenant
deux claviers, un pédalier et treize jeux.
L'église était alors en pleins travaux d'agrandissement.
Lors du démontage des vieilles galeries, en 1672,
l'orgue disparut de l'église; peut-être fut-il vendu?
Il ne fut remplacé qu'en 1711.
Pour loger le nouvel instrument,
il fut édifié un buffet réutilisant des éléments plus anciens.
Au cours des siècles, ce beau buffet sculpté,
aujourd'hui classé
« Monument Historique »,
c'est un des principaux orgues du département.
Un prince devient Boudha
UN PRINCE DEVIENT BOUDDHA

L'homme qui devint Bouddha naquit
sous le nom de Siddartha Gautama,
à Lumbini, village situé dans le sud-est du Népal,
il y a deux mille six cents ans.
De naissance princière, il se maria et eut un fils.
Bien qu'il ait vécu dans le plaisir, le luxe et l'aisance,
il ne cessait pas d'éprouver une profonde insatisfaction,
au point qu'une nuit, alors qu'il était dans sa trentième année,
il se faufila hors du palais. Chevauchant son coursier,
il atteignit les frontières de son royaume,
se coupa les cheveux, la barbe,
et revêtit la robe safran d'un ascète errant.
Il vécut d'abord sous l'autorité des maîtres de l'époque,
puis forma avec cinq autres disciples son propre groupe.
Il arriva à la conclusion qu'il était encore loin
de pouvoir transcender, ou comprendre, la condition humaine.
Lorsqu'il décida de renoncer à la pratique des austérités,
le reste du groupe, scandalisé, s'éloigna de lui
en disant qu'il était retourné à une vie inférieure.
Il partit alors dans la forêt, seul.
Là, il demeura, avec une force renouvelée,
développant la concentration avec la pratique de la méditation.
A la nuit de la pleine lune de mai,
alors qu'il était assis absorbé dans la contemplation
du corps et de sa respiration,
ayant rendu son esprit malléable et flexible,
il le dirigea sur les aspects fondamentaux de la vie.
Comme il pénétrait en esprit au cœur de ces questions,
s'éleva la connaissance, s'éleva la vision, s'éleva la lumière.
Il avait atteint l'éveil total et parfait.
Il avait atteint un état de force de l'esprit infrangible,
de vision claire et parfaite,
de bienveillance sans limites et pour tous les êtres.
Il avait extirpé en lui l'avidité, la haine et l'ignorance.
Il avait surmonté la souffrance sous toutes ses formes.
En atteignant l'éveil, il avait atteint ce qu'il y avait à accomplir
dans toute vie et il se trouvait dans un état de contentement absolu.
Pourtant, par compassion pour le monde souffrant,
il passa les dernières quarante-cinq années
de sa vie à enseigner les moyens
par lesquels d'autres pourraient aussi réaliser cette expérience.
Ce que nous appelons le bouddhisme,
n'est autre que l'héritage de cet enseignement.
Comment appelle-t-on un homme doté d'une force d’esprit infrangible,
d'une vision parfaitement claire et précise,
d'une bienveillance universelle et sans limites ?
On l'appele un bouddha.
BOUDDHISME

Ce que l'on appelle aujourd'hui en Occident le bouddhisme,
prit sa source dans l'expérience d'Eveil du Bouddha
sous l'arbre de Bodhi.
C'est donc avec Bouddha que commence le bouddhisme.
Mais la question qui se pose est :
« Qui est Bouddha ?
Il faut préciser que le terme « Bouddha »
n’est pas un nom propre, mais un titre qui signifie
« celui qui Sait, celui qui Comprend ».
Il signifie aussi
« celui qui est Eveillé »,
celui qui s’est éveillé, du rêve de la vie,
car il voit la Vérité, il voit la Réalité.
Ce titre a d’abord été donné à Siddhartha.
Siddhartha reçut une très bonne éducation,
sans aller à l'école et nous ne savons pas très bien
s’il savait lire et écrire,
mais il reçut une excellente formation
dans toutes sortes d’arts martiaux et d’exercices.
Dans leur forme la plus bouddhique,
et nous pouvons imaginer le futur Bouddha
passant son temps de cette façon
plutôt que plongé dans des livres.
De la bouche des vieux sages du clan
il apprit aussi diverses traditions,
listes généalogiques, croyances et superstitions anciennes.
De façon générale il eut une vie assez confortable,
sans responsabilités particulières.
Son père l’adorait, il le maria alors qu’il était assez jeune,
vers seize ans.
Le mariage était arrangé par les parents,
car ce n’était pas qu’une affaire personnelle.
Il épousa une cousine, et il leur naquit un fils.
Les quatre visions
On aurait pu penser qu’il menait une existence assez heureuse,
mais les récits disent clairement que, malgré son mode de vie aisé,
Siddhartha Gautama était très profondément insatisfait.
« C’était le manque de bonheur d’un esprit fin en quête d’emploi ».
Les légendes des les écritures bouddhiques
parlent d’une sorte de crise spirituelle,
d’un moment décisif, qui advint lorsqu'il vit ce que l’on appelle
les « quatre visions ».
dans les rues de Kapilavastu.
Il semblerait qu’elles représentent des expériences
psychologiques et spirituelles.
Ces quatre visions cristallisent, sous une forme puissante,
certains enseignements fondamentaux du bouddhisme,
et jettent une forte lumière
sur les débuts du développement spirituel du Bouddha lui-même.
La légende dit que, par un beau et lumineux matin,
Siddhartha eut envie de faire un tour en char.
Il appela son conducteur de char, fouetta les chevaux et partit.
Ils allèrent à la ville, et soudain Siddhartha rencontra
sa première Vision : il vit un vieil homme.
Selon la légende il n’avait jamais vu de vieil homme auparavant.
Si l’on prend cette légende littéralement,
cela signifie qu’il avait toujours été enfermé dans son palais,
et qu’il n’avait pas fait très attention aux autres gens et n’avait pas réalisé
qu’il y avait une telle chose que l’âge avancé.
Mais on peut considérer cela différemment.
Parfois nous voyons une chose comme si c’était la première fois.
En un sens nous l’avons déjà vue cent fois, mille fois même,
mais un jour nous la voyons comme si
nous ne l’avions jamais vue auparavant.
C’est probablement quelque chose comme cela
qui est arrivé à Siddhartha,
et cela lui fit un choc. Il dit à son conducteur de char :
« Qu’est-ce donc que cela ? »
Et le conducteur de char répondit :
« C’est un vieil homme. »
« Pourquoi est-il si frêle, si voûté ? »
« He bien, c’est juste qu’il est vieux. »
Siddhartha demanda :
« Mais comment est-il devenu comme cela ? »
« He bien, tout le monde vieillit, tôt ou tard.
C’est naturel. Ça arrive, c’est tout. »
« Est-ce que cela va m’arriver aussi ? »
Et le conducteur fut bien obligé de répondre :
« Oui, bien que tu sois jeune cela va inévitablement t’arriver,
un jour aussi tu seras vieux. »
Ces mots frappèrent le futur Bouddha comme la foudre,
et il s’exclama :
« A quoi bon cette jeunesse !
A quoi bon cette vitalité et cette force, si tout finit ainsi ! »,
et le cœur malade il retourna vers son beau palais.
La deuxième Vision fut celle de la maladie.
C’était comme s’il n’avait jamais vu de personne malade auparavant,
et il réalisa que tous les êtres humains sont sujets à la maladie.
Il dut regarder en face le fait qu’aussi fort et en bonne santé qu’il soit,
il pouvait à tout instant être frappé par la maladie.
La troisième Vision
fut celui d’un cadavre que l’on transportait
au lieu de crémation.
C’est une chose que l’on peut voir tous les jours en Inde.
En Occident,
quand vous mourez vous êtes enfermé dans un cerceuil,
ou incinéré.
Mais en Inde ce n'est pas comme cela, on ne vous cache pas,
quand vous mourez vous êtes présenté publiquement
dans la meilleure pièce de la maison
et toute votre famille, tous vos amis viennent vous voir.
Puis le cadavre est hissé sur les épaules de quatre hommes forts
et porté à travers les rues, le visage découvert.
Des foules de gens suivent,
accompagnant le corps vers le lieu de crémation.
C’est une telle procession que vit Siddhartha,
et il demanda au conducteur de char :
« Qu’est-ce donc que cela ? »
Le conducteur dit :
« C’est juste un corps mort. »
Siddhartha dit :
« Mort ? Qu’est-ce qui lui est arrivé ? »
« Eh bien, comme tu peux le voir,
il est raide, il est sans mouvement.
Il ne respire pas, il ne voit pas, il n’entend pas. Il est mort. »
Siddhartha en eu le souffle coupé et dit :
« Est-ce que cela arrive à tout le monde, cette mort ? »
Le conducteur poussa un soupir et dit :
« Hélas, oui. »
Siddhartha réalisa alors que cela lui arriverait aussi un jour.
La révélation le frappa, comme la foudre.
Il vit comment cela était.
Vous ne voulez pas vieillir, mais vous ne pouvez l’empêcher.
Vous ne voulez pas tomber malade,
mais cela non plus vous ne pouvez l’empêcher.
Alors vous commencez à vous demander :
« Comment se fait-il que je sois ici ?
Je suis ici avec ce désir de vivre et de continuer à vivre,
mais je dois mourir.
Pourquoi ? Quelle est la signification de tout cela ?
Pourquoi cette énigme, ce mystère ?
Pourquoi ai-je été fait ainsi ?
Est-ce Dieu qui est responsable ?
Est-ce le destin, la destinée ?
Ou est-ce simplement que cela se passe ?
Y a-t-il une explication quelque part ? »
Ainsi, Siddhartha eut affaire à ces situations existentielles,
et il commença à y penser très profondément.
Il rencontra alors une quatrième Vision,
celle d'un sadhu, en Inde, un saint homme,
marchant dans la rue avec son bol à aumônes.
Il semblait si calme, si tranquille,
si plein de paix que le futur Bouddha pensa :
« Peut-être sait-il. Peut-être est-ce là le chemin.
Peut-être devrais-je en faire autant :
couper tous les liens, toutes les attaches mondaines,
comme un errant sans foyer et à la robe jaune,
comme l’a fait cet homme. Peut-être, de cette manière,
trouverai-je une réponse aux problèmes qui me tourmentent. »
Aller de l’avant
La belle histoire continue en décrivant comment
par une nuit de pleine lune, alors que tout était calme,
Siddhartha fit un dernier adieu à sa femme et à son fils endormis.
Il n’était pas heureux de les quitter, mais il devait partir.
Il chevaucha longtemps cette nuit-là,
jusqu’à ce qu’il ait atteint la rivière
qui marquait la frontière du territoire des ±kya.
Là, il laissa son cheval, quitta ses habits princiers,
coupa ses longs cheveux, sa barbe,
et devint un homme errant sans foyer, à la recherche de la vérité.
Cet « aller de l’avant » est psychologiquement très significatif.
Ce n’est pas seulement devenir un moine.
C’est beaucoup plus que cela.
Cela signifie trancher les liens incestueux du sang,
du sol et de la famille, et rester seul, en individu libre,
donc ce que fit Siddhartha.
Il se débarrassa de tout.
Il choisit de ne pas participer à la société.
Il en avait eu assez de la vie mondaine,
et allait maintenant essayer de trouver la vérité,
essayer de voir la vérité de lui-même.
La recherche allait durer six ans.

En ce temps-là,
il y avait en Inde de nombreuses personnes qui enseignaient
des voies menant à la réalisation de la vérité.
Une des voies les plus courantes était celle de la torture de soi.
À la possible exception des ermites du désert égyptien
aux deuxième et troisième siècles de notre ère,
l’automortification n’a jamais été considérée
comme une méthode de développement personnel en Occident,
et elle ne fait certainement pas partie de notre vie quotidienne.
En allant au travail,
nous ne voyons pas d’homme couché sur une planche à clous.
Mais en Inde de telles pratiques sont tout à fait présentes,
et même de nos jours de nombreux Indiens
croient fermement que la torture de soi est le chemin du ciel,
ou même le chemin de la connaissance de soi et de l’Éveil.
Il en était ainsi au temps du Bouddha.
Il y avait un puissant mouvement de cette sorte,
qui enseignait que si l’on voulait trouver la vérité
on devait soumettre, voire mortifier la chair.
Et c’est exactement ce que fit Siddhartha.
Pendant six ans il pratiqua les austérités les plus sévères.
Il limita nourriture et sommeil, il ne se lava pas, et il alla nu.
Tout cela, le Bouddha le décrivit lorsqu’il fut âgé,
et son récit se trouve dans les écritures bouddhiques.
Comme le dit l’un de ces récits,
la célébrité de ses austérités se répandit tel le son d’une grande cloche
pendue à la voûte du ciel. Personne, en Inde,
ne le surupassa en auto-torture et en auto-mortification.
Mais il dit aussi que cela ne l’avait mené nulle part.

Il était devenu célèbre comme grand ascète,
et avait des disciples avec lui.
Mais lorsqu’il réalisa que ce n’était pas le chemin de la Vérité,
il eut le courage d’abandonner, recommença à manger
et ses disciples le quittèrent.
Il avait déjà quitté sa famille, quitté ses amis,
et à la fin ses disciples l’abandonnèrent.
Il fut laissé seul, allant de lieu en lieu, finalement,
il arriva à un bel endroit sur les bords d’une rivière fraîche,
à Bodh Gaya dans l'est de l'Inde.
Là, il s’assit à l’ombre d’un figuier et prit la résolution :
« Je ne me lèverai pas de cet endroit avant d’être Éveillé. »
« La chair peut dépérir, le sang peut sécher,
mais avant d’avoir atteint l’Éveil je ne bougerai pas de ce siège. »
Jour après jour, nuit après nuit, il resta là, assis.
Il contrôlait et concentrait son esprit, le purifiait,
supprimait les obstacles mentaux et les souillures, et la nuit de Vésak,
la nuit de la pleine lune de mai, à l’instant où l’étoile du matin se levait,
alors qu’il fixait son esprit sur cette étoile scintillant à l’horizon,
l’Illumination complète, l’Éveil complet arriva.
Il est très difficile de décrire cette d’état,
c’est la plénitude de la Sagesse,
la plénitude de la Compassion, c'est voir la Vérité en face.
La « lumière » apparut, et Siddhartha devint le Bouddha.
Ceci était la fin de sa quête.
Il était devenu le Bouddha,
« celui qui savait ».
Il avait trouvé la solution à l’énigme de l’existence.
Il était Illuminé, Eveillé.
Mais ce n’était que le début de sa mission.
Décidant de faire connaître à l’humanité
la Vérité qu’il avait découverte,
il quitta l’endroit que l’on appelle aujourd’hui Bodh Gaya
et marcha vers Sarnath.
Il rassembla les disciples qui l’avaient quitté,
et leur fit connaître sa grande découverte,
leur prêcha le sutta que les Occidentaux appellent parfois
« le premier sermon ».
Un sutta est un discours suivi,
une série d’idées et de thèmes liés ensemble, comme par un fil.
Progressivement,
une communauté spirituelle grandit autour du Bouddha.
Il ne resta pas de façon permanente en un endroit,
mais parcourut tout le Nord-Est de l’Inde.
Il eût une longue vie, atteignant l’Éveil à trente-cinq ans
et vivant jusqu’à quatre-vingts ans.
Il eût donc quarante-cinq années de travail,
de vie active, répandant son enseignement.
Il semble que pendant neuf mois de l’année,
il allait de lieu en lieu, prêchant et pendant trois mois
il s’abritait des pluies torrentielles de la mousson.
Arrivant dans un village,
si c’était l’heure de son seul repas de la journée,
il sortait son bol à aumônes et allait silencieusement
de la porte d’une hutte à la suivante.
Ayant collecté autant de nourriture qu’il en avait besoin,
il se retirait dans la plantation de manguiers que,
de nos jours encore, on trouve aux abords de tout village indien,

et s’asseyait sous un arbre.
A la fin de son repas
les villageois se rassemblaient autour de lui et il leur enseignait.
Parfois venaient des brahmanes,
parfois c’étaient de riches propriétaires terriens,
parfois des paysans, parfois des marchands,
parfois des balayeurs, parfois des prostituées.
Le Bouddha enseignait à tous,
beaucoup de gens se mirent à le suivre,
il devint le plus grand et le plus connu des maîtres spirituels de l’Inde.
Quand il mourut, atteignit ce que l’on appelle le parinirvana,
il y avait des dizaines de milliers de ses disciples
pour pleurer son départ, moines et laïcs, hommes et femmes.
Le Bouddha était un être humain, mais pas un être humain ordinaire,
c’était un homme Eveillé, un tel être, selon la tradition bouddhique,
est l’être le plus élevé dans l’univers, plus élevé que des dieux.
Confusion en Occident, à propos du fait que Bouddha soit un dieu.

La cérémonie du Sacre de Louis XIV
Sacre des rois de France
Le Sacre de Louis XIV
Saint-Germain-en-Laye, 5 septembre 1638
Versailles, 1er septembre 1715

7 juin 1654
(le roi a 16 ans)

Le dimanche 7 juin, à l'aube,
prélats et chanoines s'installent dans le choeur
de la cathédrale de Reims.
Le grand édifice est tendu de tapisseries de la couronne,
le pavé recouvert de tapis de Turquie.
Sur l'autel reposent les châsses de saint Remi et de saint Louis.
A l'intention du Roi sont un prie-Dieu
et un fauteuil dans le choeur, un trône au sommet du jubé.
Vers les cinq heures et demie, l'évêque de Soissons
envoie les évêques-comtes de Beauvais
et de Châlons quérir Sa Majesté.
Précédé par ses musiciens de blanc vêtus
et par les gentilhommes au bec-de-corbin,
escorté des cent-Suisses,
entouré des dignitaires de la Couronne et de la Cour,
le Roi, tout receuilli, est conduit jusqu'au choeur.
Après le Veni Creator, prélats et chanoines
vont au portail accueillir la sainte ampoule,
"ce précieux trésor envoyé du ciel au grand saint Remi
pour le sacre de Clovis",
apportée par le prieur de Saint-Denis.
Une fois l'huile sainte déposée sur l'autel,
l'officiant invite le monarque à prononcer les serments du sacre.
Par la promesse canonique, Louis,
comme ses prédécesseurs,
s'engage à conserver aux gens d'Eglise leurs libertés et immunités.
C'est ensuite le solennel
"serment du royaume".
Le Roi le dit à haute voix, main sur l'Evangile.
Il jure devant le ciel d'accorder à ses peuples paix,
justice et miséricorde ; en d'autres termes,
de régler les lois françaises sur les commandements de Dieu
et le droit naturel. ...

Les vieilles cérémonies rituelles qui suivent
sont ponctuées de prières.
Tour à tour le comte de Vivonne,
premier gentilhomme, enlève au Roi sa robe d'argent,
le duc de Joyeuse, grand chambellan,
lui chausse les bottines de velours, Monsieur duc d'Anjou,
lui met les éperons d'or ; puis l'officiant bénit l'épée royale,
qui est censée être celle de Charlemagne.
L'évêque de Soissons prend le saint chrême
et pratique sept onctions, tandis que le clergé récite :
"Que le Roi réprime les orgueilleux,
qu'il soit un modèle pour les riches et les puissants,
qu'il soit bon envers les humbles et charitable envers les pauvres,
qu'il soit juste à l'égard de tous ses sujets
et qu'il travaille à la paix entre les nations."
Car le droit divin a pour contrepartie
une longue suite de devoirs.
Maintenant le grand chambellan
revêt Sa Majesté de la tunique et de la dalmatique,
et recouvre ses épaules
d'un manteau violet semé de fleurs de lis.
Le Roi reçoit alors une nouvelle onction à chaque main.
Le prélat lui remet tour à tour l'anneau,
le sceptre, la main de justice
et la couronne de Charlemagne.
Précédé des pairs du royaume,
Louis monte enfin l'escalier du jubé.

(sur cette peinture le roi est très jeune, mais représenté en habit de sacre,
il devient roi le 14 mai 1643, alors qu'il n'est âgé que de 5 ans)
Installé sur son trône, à la vue du peuple,
il reçoit l'hommage de chaque pair.
Alors M. De Soissons dit très haut :
Vivat rex in aeternum.
Aussitôt les portes sont ouvertes.
La foule du dehors et celle du dedans crient :
"Vive le Roi !"
Un étonnant tintamarre va crescendo,
fait de cris spontanés, de musique militaire,
de coups de canon et des arquebusades mêlées
de la milice bourgeoise et des gardes françaises.
Cet intermède bon enfant achevé,
la cérémonie se poursuit avec un Te Deum,
puis la célébration de la messe.
Celle-ci terminée, le Roi descend de son trône,
récite le Confiteor,
reçoit l'absolution et communie sous les deux espèces.
L'action de grâces de Sa Majesté achevée,
l'officiant débarasse Louis de la couronne de Charlemagne,
lui en remet une plus légère,
et l'accompagne jusqu'à la salle du banquet
"au milieu des acclamations
et des cris de joie de tous les peuples, criant :
Vive le Roi".

Les Otages de la Sainte Ampoule.
C'est ainsi que l'on nomme
les quatre seigneurs chargés d'escorter
la Sainte Ampoule de l'abbaye Saint-Rémi
jusqu'à la cathédrale de Reims
pour la cérémonie du sacre du Roi de France.
Ces seigneurs avaient pour rôle de défendre
la précieuse fiole jusqu'à la mort,
d'où leur titre d'otages de la Sainte Ampoule.
L'origine du Saint Chrême contenu
dans une fiole de cristal appelée
"Sainte Ampoule"
remonte au IVe siècle quand Clovis fut baptisé
et couronné roi des Francs :
la légende raconte qu'une colombe descendit du ciel
pour apporter la fiole contenant l'huile sainte
qui servit à saint Rémi pour oindre Clovis.
C'est pourquoi la Sainte Ampoule était incrustée
dans un reliquaire d'or en forme de colombe.
La Sainte Ampoule était conservée dans l'abbaye Saint-Rémi
et était amenée dans la cathédrale seulement
le jour du sacre du roi de France.
Selon le cérémonial habituel,
les otages entraient à cheval dans la cathédrale,
entourant l'abbé de Saint-Rémi,
allant en lente procession du portail principal
jusqu'à l'autel où l'abbé remettait la Sainte Ampoule
à l'archevêque.
C'est à ce moment que prenait fin la mission des otages qui,
descendus de cheval, rejoignaient leurs compagnons dans la nef.

cette peinture de Louis XIV en habit de sacre,
est plus vraisemblable compte tenu de la physionomie
que pouvait avoir un jeune roi de 16 ans.

La Belle Epoque
Harmony n'est pas en harmonie avec son siècle,
elle aurait aimé vivre au XVIIIème siècle ou à la Belle époque.
Aujourd'hui je vais évoquer
La Belle Epoque
L'expression est née après la Première Guerre mondiale
pour évoquer la période d'avant guerre.
Dans cette désignation, il y a une part de réalité et de nostalgie.
La réalité a en fait été enjolivée à cause du traumatisme de la guerre 14-18.

Les gens de cette époque sont optimistes et insouciants quant à l'avenir,
grâce aux progrès technologiques extraordinaires.
La Belle Epoque se fait ressentir essentiellement
sur les boulevards des capitales européennes, dans les cafés et les cabarets,
dans les ateliers et les galeries d'arts, dans les salles de concert et salons
fréquentés par une bourgeoisie moyenne qui profite des progrès économiques.
L'accès à la culture et aux loisirs se démocratise,
bien que la bourgeoisie conserve encore des lieux qui lui sont propres.


C'est la grande époque des bains de mer.

La France est alors l'un des plus grands empire coloniaux de l'époque.
Cet empire est exposé lors des Expositions Universelles.
Durant ces années, on voit apparaitre une succession d'inventions
qui vont modifier profondément le mode de vie de l'être humain.
Les inventions
La photographie débutante va engendrer le cinéma,
le vélocipède se mue en bicyclette, la réalisation de moteurs plus petits
et légers permet la mise au point des motocyclettes, des automobiles, des avions.
Des progrès immenses sont accomplis dans la chimie,
l'électronique et la sidérurgie.
Le développement de la médecine et de l'hygiène permettent
de faire baisser la mortalité des nourrissons et d'augmenter l'espérance de vie.
La France s'équipe de plus en plus de l'électricité.
En 1895, la projection du premier film de l'histoire à Paris
marque le succès qu'attend la cinématographie.
Le XIXème siècle a été le grand siècle du progrès.
Pour fêter les prodiges des arts, des sciences,
de l'industrie et de l'agriculture,
la France invita toutes les nations à participer à l'Exposition universelle
qu'elle organisait à Paris. Toutes répondirent à cette invitation;
elles tenaient à comparer les progrès de leur industrie
avec ceux des autres nations.
L'Exposition de 1900 fut une merveille.

La grande roue qui fut construite pour l'exposition de 1900
Le Champ-de-Mars avait son château d'eau et ses fontaines lumineuses qui,
le soir, transformaient cette partie de l'Exposition en une véritable féerie.

C'est aussi à cette époque que sont apparus ou développés
trois courants picturaux majeurs
le fauvisme
qui dépeint des scènes de la vie quotidienne en les rendant accueillantes
au moyen de couleurs vives et chaudes, et d'une perspective simplifiée,
dont le représentant le plus connu est Matisse ;
le cubisme
la première œuvre considérée comme cubiste étant
"les Demoiselles d'Avignon", de Picasso ;
l'impressionnisme
un courant apparu déjà depuis la seconde moitié du XIXème siècle.
L'Art nouveau
La musique (Debussy, Fauré, Ravel, Satie),
la littérature (Anatole France, G.Appollinaire, Marcel Proust),
l'art romantique tardif (Victor Hugo) étaient quant à eux à leur apogée.
Cette période insouciante prend fin avec la Première Guerre mondiale.
Les merveilleuses inventions des années 1890-1900
perdent un peu de leur magie quand elles sont utilisées pour tuer.
le naufrage du Titanic laissa un traumatisme de confiance envers la technologie.

La mode féminine

De façon générale, la jupe a perdu de l'ampleur de façon assez régulière,
des années 1870 à 1910,
tandis que le haut du corps, après avoir commencé à s'élargir pour "compenser",
s'est mis lui aussi à s'amincir.
A quelques exceptions près, la silhouette n'a cessé de perdre de l'ampleur et de la superbe, avant d'aboutir aux vêtements basiques et utilitaires du XXe siècle.
Passage de la tournure des années 1870-1900,
à une jupe de beaucoup moins d'ampleur portée sur de simples jupons.
Evolution de la silhouette :
grâce au nouveau corset "droit devant" élaboré par Inès Gaches-Sarraute, les hanches et fesses sont projetées en arrière, les reins très cambrés, tandis que la poitrine pigeonne.
De profil, la femme a donc une silhouette dite "en S".
Nouvelles tenues féminines conçues exclusivement pour le sport : la bicyclette, la natation, le corset permettant l'équitation ou le golf... Amelia Bloom, une Anglaise, a inventé au milieu du XIXe siècle des culottes bouffantes qui vont porter son nom,

les bloomers
Décriées comme inconvenantes et pratiquement pas portées à leur invention,
celles-ci vont trouver leur usage à partir des années 1890-1900, dans la pratique de la bicyclette - même si certains les critiquent encore, pensant que seule la jupe longue puisse convenir à une femme, elles seront communément utilisées, mais pour cette seule activité, inaugurant ainsi, avec les tenues de bain, les vêtements spécifiques à un sport dont nous sommes familiers aujourd'hui. Les bloomers disparaissent dans les années 1910-1920.

Les dessous de la Belle Epoque
mettent à l'honneur la dentelle, les rubans, et représentent un peu l'âge d'or du frou-frou...
La femme revêt, dans l'ordre :
une longue chemise (en coton, en batiste...),
par-dessus laquelle elle lace son corset
qui n'est jamais placé à même la peau,
ce qui le salirait trop vite et obligerait à des lavages et un rachat trop fréquents.
Puis elle met, souvent, un cache-corset brodé
(qui tend à disparaître au début du XXe siècle cependant),
des pantalons au bas de dentelles,
une tournure (descendante de la crinoline),
un ou des jupons et enfin sa robe.
1901 voit la création du tout nouveau corset
"droit devant".
Les accessoires

à l'époque, il était encore très mal vu de sortir tête nue ou en cheveux,
chose que seules les femmes du peuple faisaient ; les femmes aisées et mêmes les plus simples bourgeoises ne se montraient jamais dans la rue sans porter de chapeau, accessoire essentiel.
La Belle Époque a donné lieu aux constructions chapelières les plus extraordinaires, chargées de plumes, de faux fruits et de fleurs, rappelant dans un autre genre les extravagantes constructions capillaires des femmes de la cour au milieu du XVIIIe siècle.
De façon intéressante, c'est vers 1910, lorsque la silhouette générale se simplifie et s'amincit, que les chapeaux deviennent les plus larges et imposants.
La plupart des femmes portaient des gants de chevreau ou d'agneau, lavables,
il en existait aussi en daim, et pour le soir, en soie rebrodée. Tous étaient extrêmement étroits, moulant la main jusqu'au poignet, voire jusqu'à l'avant-bras.
Chaussures :
la chaussure féminine la plus répandue est la bottine de cuir, fermées par de petits boutons
Ombrelles :
en dehors des plus utilitaires parapluies, les ombrelles destinées à protéger le teint du soleil étaient portées tout au long de l'année. Ajourées, couvertes de dentelles, au manche de bois ou d'ivoire sculpté, elles ajoutaient beaucoup à l'élégance et la délicatesse de l'ensemble.
Bijoux :
l'Art nouveau a produit des bijoux extraordinaires, superbes ; les artistes n'hésitaient pas à se faire designers à l'occasion, comme le célèbre Mucha, qui a créé de nombreux bijoux.

Collier : Mucha
Les Cafés-Concerts: Des Lieux de Plaisir
Dans une période ou le plaisir régnait, le café-concert était son palais.
Jusqu'à la Belle Epoque il n'existait point d'endroit
ou les différentes classes sociales soient mêlées pour s'amuser.
C'étaient les riches avec les riches, et les ouvriers avec les ouvriers.
Pourtant, avec la création du café-concert,
les barrières entre les classes ont été enlevées temporairement.
Grâce à leur prix bon marché il était possible pour une aristocrate
et un ouvrier de se trouver à la même table.
C'était dans ces lieux de plaisir
que tout le monde a découvert "l'autre" dont les goûts étaient les mêmes
Les deux cafés-concerts les plus connus étaient
Le Chat Noir

Au Chat Noir, Salis, le propriétaire transmettait l'illusion théâtrale au public.
Pourtant, il y avait plus de spontanéité et d'interaction entre le public et le spectacle.
Pendant que tout le monde, les clients et les artistes,
s'amusaient dans le cabaret, ils y créaient une atmosphère de contre bourgeoisie
ou les plaisanterie visaient la société, les politiciens, les riches et le demi-monde.
Les Folies-Bergère

Aux Folies-Bergere, le prix de l'entrée était un peu &eacu |